vendredi 24 avril 2015

Comme un chevreuil blessé parti mourir dans la forêt

Un vieux sage aborigène a dit de sa culture qu'elle était comme un chevreuil blessé qui s'enfonçait dans la forêt pour y mourir. Son nom m'échappe. J'ai lu ça quelque part dans un livre intitulé Pieds nus sur la terre sacrée de Teresa Carolyn McLuhan, Il s'agit d'une anthologie de textes et paroles autochtones qu'il vous est loisible de googler sans mon aide.

Plus je vieillis, plus je me sens comme ce chevreuil blessé. Je passe mes vacances à m'enfoncer dans la forêt, comme Dante et tant d'autres fuyant la mauvaise compagnie de ces hommes vouant un culte à l'infamie, à l'injustice ainsi qu'à la corruption.

Est-ce que mon temps est passé? Je ne le crois pas. L'époque ne roule pas pour moi et pour bon nombre de mes frères et soeurs de combat. 

La politique est à l'image des électeurs. Elle est terne, mesquine, envieuse et désolante.

Le citoyen moyen n'est pas pour la justice, la liberté et la poésie. Il ne travaille que pour la satisfaction de ses besoins personnels et se détourne de toute lutte sociale. Il croit que le monde appartient à la mafia et cherche les moyens de collaborer avec elle pour voler lui aussi la part qui ne lui revient pas.

De temps à autres, une voix plus forte que toutes ses voix qui se taisent se fera entendre. Une voix qui rappellera à la masse qu'elle est marteau et que son mode de vie est insignifiant.

Cette voix se fera entendre quand le fruit sera bien mûr.

Pour le moment, la musique joue à pleins tubes et personne n'entend rien.

Les fanfares du capitalisme sauvage éteignent toute possibilité de prêter attention aux propos des sages et des poètes.

On en a que faire de la beauté. Elle ne vaut pas une giclée de plaisir dans le cadavre encore fumant d'une victime du capitalisme.

La forêt de Sherwood accueille ceux que l'on appelle à tort les voyous et les voleurs.

Les vraies crapules sont au pouvoir, avec l'assentiment de la foule résignée qui cherche moyen de payer son tribut aux rois et autres saigneurs de la Terre.

Robin des Bois prépare sa revanche.

Il faut être patient, mes frères et soeurs. 

La lutte continue. Elle sera longue et semée d'embûches.

Pourtant, tout finira par passer, même ce temps des bouffons et autres bandits à cravates.

La nature a horreur du vide. Et ce vide qui s'est emparé de notre pays, de notre culture et de nos institutions n'a aucun avenir. Zéro plus zéro égale zéro. Il ne suffit que d'une personne debout pour que les zéros s'effacent.

La Terre, la forêt et même le ciel nous soutiendront.