jeudi 23 avril 2015

Mon restant de christianisme

Il reste en moi un fonds de christianisme qui n'a rien à voir avec celui du maire de Saguenay et des pharisiens hypocrites qui s'en prennent aux publicains et autres crottés.

L'image qu'il me reste de Jésus est celle d'un homme qui promet l'avènement d'un monde où ceux qui ont faim et soif de justice seront rassasiés. Il fait partie du petit nombre de ceux qui ne lapident pas les prostituées. Il fouette les marchands du temple et renverse leurs tables parce qu'il a compris que l'argent est la représentation la plus authentique du Mal sur notre Terre. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été crucifié, bien que je ne puisse vous apporter de preuves historiques irréfutables. Jésus a été battu, torturé et mis en croix parce qu'il s'en prenait à l'argent et aux autorités publiques de son temps. Bref, il est mort comme un voyou. Et c'est pourquoi Jésus continue d'être une source d'inspiration pour bien des gens qui ont faim et soif de justice, d'amour, de poésie et même de pardon.

Bien sûr, le christianisme a dévoyé le message de son prophète. L'argent a repris le dessus. La nature humaine, avec toutes ses imperfections, ne pouvait s'accommoder de tels sermons qui incitaient les gens à vivre comme les oiseaux du ciel. Les papes, les cardinaux et les évêques, puis les empereurs chrétiens, se chargèrent de lapider le ciel ainsi que de tuer Jésus une deuxième fois.

Ce que je dis là n'a rien de bien original.

Pourtant, malgré la science, il me reste un fonds de christianisme originel, une volonté inexplicable de rassasier ma soif de justice et de liberté.

Tout ce que j'aime, de près ou de loin, colle à la culture chrétienne des premiers temps.

Je déteste l'argent.

Je préfère pardonner les prostituées que de les lapider.

Je pense même qu'il faut nous aimer les uns les autres,

Et j'irais jusqu'à tendre l'autre joue si l'on me frappait sur la gueule... (Bien que je ne conseille à personne de me le faire. Mes réflexes étant plus naturels que mes idées...)

Tout ce que j'aime et trouve beau chez les êtres humains me rattache à l'altruisme, à la compassion et à la grandeur d'âme. Le mépris, la mesquinerie et toutes les envies n'ont pas trop d'emprise sur moi.

Ma liberté de science et de conscience m'interdit de me faire le prosélyte d'une religion en laquelle je ne saurais croire pleinement. Je mentirais de me dire chrétien, déiste ou bouddhiste alors que j'ai tant de questionnements sans réponses que je ne saurais abdiquer pour trouver du réconfort dans une croyance magique institutionnalisée.

Mon coeur n'est heureusement pas rationnel. Il me permet, en quelque sorte, de me rallier à certaines idées qui n'ont pas la cote par les temps qui courent.

Je demeure hanté par certains éléments de christianisme, tout comme je ne saurais renier l'héritage de la contre-culture des années '60. Je savoure encore la musique, le cinéma et la littérature de cette époque. Je trouve même qu'il ne s'est rien fait de mieux depuis. Les années '70 ont fait revenir l'atavisme et l'argent. Les années '80 furent ternes comme ça ne se peut pas. Les années '90 sont passées dans l'indifférence générale. Je ne parlerai même pas des années 2000. Tout ce qu'il me reste, au fond, c'est des fleurs au bout du fusil, des manifestations pour les droits civiques, des chansons qui imaginent un monde où tout un chacun serait libre et heureux.





1 commentaire:

monde indien a dit...

Beau message !
Le gars fut grand , sans doute -
Certainement -
Je ne donnerai moi non + jamais mas joue à se faire frapper !!
Le gars avait sa façon à lui d ' être révolutionnaire -
Ceux qui récupérèrent ses paroles en firent une religion pour le moins douteuse... moraliste ...à défaut d ' être morale -
Bah , nous nous en sortirons bien ! il existe 1000 autres Jésus de par le monde - nous en sommes - sans prétention - sans humilité stupide - juste de la fierté d ' être vivants -
Axé !