mercredi 16 octobre 2013

Y'a d'la nouvelle dans les nouvelles

Le prix Nobel de littérature a été remis cette année à la Canadienne Alice Munro. Elle se distingue dans l'écriture de nouvelles, un genre trop souvent méprisé tout au contraire du roman. Le roman, cette aventure longue et périlleuse qui mène parfois nulle part...

Alice Munro écrit des nouvelles que je n'ai pas avoir encore lues. Je m'engage à lire ses nouvelles d'ici peu.

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J'ai lu bien plus de romans pourris que de nouvelles soporifiques.

Mes auteurs préférés, à peu de choses près, ont tâté de la nouvelle: Maupassant, Tchékhov, Daudet, Babel, Fréchette, Jack London, Marcel Aymé, Varlam Chalamov, Bukowski et j'en passe.

J'aime les récits sans fioritures qui nous emmènent ailleurs en quelques paragraphes clairs et limpides comme de l'eau de roche.

Je déteste lire des oeuvres où l'auteur semble s'arrêter à toutes les dix secondes pour consulter son dictionnaire. Cela paraît dans le rythme, dans le ton et dans la voix. Je dirais même dans la musique. Trop d'auteurs s'assoient sur leur lexique pour compenser l'absence de sujet intéressant.

Le récit sur le récit compense pour l'absence de récit.

Ces oeuvres, foisonnantes dans le milieu de l'éducation, sont parmi les pires pour vous donner le goût de la lecture. Elles ridiculisent la littérature en la rabaissant à du charabia ou pire encore des charades. On n'y goûte jamais la substantifique moelle de la vie ou quelque truc du genre à faire déconner Rabelais, un autre gars qui racontait des tas d'histoires drôles, comme Cervantès et tous les autres bons auteurs qui ne sont pas légions.

Il y a beaucoup de romans qui ne valent rien.

Il y a beaucoup de nouvelles qui valent de l'or en barre.

Comme L'Or de Blaise Cendrars. Un court récit qui se déguise parfois en roman. Ça va droit au but d'un chapitre à l'autre et ça se lit sans se casser le cul, comme si Popeye lui-même vous la racontait, avec un bras en moins.

Voilà pourquoi j'affectionne tant de me lancer dans l'écriture de niaiseries et autres accès de logorrhée passagère.

Je ne m'attends pas à recevoir le prix Nobel. Néanmoins, je ne m'attends à rien de moins qu'à défendre ma réputation de plus grand écrivain de nouvelles vivant du Québec. Ceux qui ne le croient pas peuvent bien aller voir ailleurs si j'essuie. Je m'en fous. J'ai raison parce que je le dis: nah!

Je sais que je ne publie presque rien. (Phoque les maisons d'édition. Y'a que des gens qui n'écrivent rien d'intéressant dans ces piaules.)

La fleur va sortir du fumier un de ces jours, y'a pas de doute. Pour le moment, tout est gratuit et je ne vous emmerde pas avec un don ou bien une contribution quelconque.

J'ai plein de nouvelles rien que pour vous et un peu pour moi aussi parce que ça m'amuse.

Je recevrai le prix Nobel en 2035 si je suis encore là. Si je ne suis plus là, laissez le prix à quelqu'un d'autre, je ne m'en formaliserai pas.

Là-dessus, je ne trouve rien d'autre à rajouter.