lundi 21 octobre 2013

Cogitations astronomiques

À moins que je ne me trompe, c'était jour de pleine lune vendredi dernier. Je le pressentais par le comportement des automobilistes et autres forcenés. C'était comme si tout un chacun avait attrapé la rage. Je n'étais pas très loin de l'attraper moi-même. Moi qui suis pourtant un authentique Roger Bontemps, un genre de gros épouvantail à moineaux toujours souriant et prêt à siffler sa chanson en toutes circonstances. Vendredi dernier, j'avais le sifflet coupé... J'étais au centre d'une réalité astronomique qui me transcende.

Je suis sorti très tôt ce matin sur mon balcon pour prendre un peu d'air. La Lune n'était déjà plus tout à fait pleine. La Grande Ourse était devant moi. Et je me demandais si c'était bien des étoiles ou bien des galaxies tous ces points lumineux que j'avais sous les yeux. Il y en avait très peu en fait puisque l'on voit très mal les étoiles en ville... Enfin! je me souviens d'en avoir vues des tas, quelque part entre le Labrador et l'Alaska.

Ma religion est simple comme bonjour. Elle ne tolère aucun rite, ou si peu que l'on peut appeler ça de la routine, histoire d'être propre derrière les oreilles et ailleurs aussi.

Je n'ai pas besoin de prêtres, de chamanes et autres diseuses de bonne aventure pour marcher en toute confiance sous les étoiles. Je sais qu'un jour je les rejoindrai sans trop savoir pourquoi ni comment.

Les religions que l'homme s'est données m'ont l'air bien petites en comparaison d'un ciel étoilé.

Je me demande s'il y a des guerres de religion parmi les fourmis, les chiens ou les toucans. Est-ce qu'ils s'étripent pour une idée sur Dieu? Et quand elles meurent, toutes ces misérables créatures, montent-elles au Ciel elles aussi pour s'asseoir à côté d'un vieil homme?

Je sens bien que les religions n'ont rien pour satisfaire ma curiosité naturelle. Elle sont trop petites pour être grandes. L'hypnose ce n'est pas ma tasse de thé. Les contes et les fariboles c'est divertissant mais je ne fonderai pas ma vie sur les exploits des fées, des lutins et des thaumaturges.

Ma vie spirituelle n'en est pas moins intense, mais elle se situe dans une relation directe avec l'infini, via mes yeux et mes autres sens. Le prêtre m'a l'air d'un éteignoir spirituel dans toutes les religions de la Terre.

Je ne comprends rien à toutes nos singeries et, plus que jamais, je regarde le monde du point de vue de Sirius.

La religion, franchement, ce n'est rien. Il y a bien plus spirituel que ça. Il y a la contemplation.