dimanche 22 août 2010

Je suis un Sauvage

Je reviens souvent aux Relations des Jésuites. C'est une manière de renouer avec mes ancêtres par auteurs interposés. Les Jésuites ont rapporté des tas d'observations sur la vie des «Sauvages». C'est une mine de renseignements écrits qu'il faut savoir dégager des préjugés.

Cela dit, les aborigènes fondent leur enseignement sur de la littérature orale, hier comme de nos jours. L'écriture est en quelque sorte une perversion de l'esprit. Ce qui dure vraiment doit vivre en nous-mêmes par des procédés mnémotechniques qui défient l'imagination.

Je suis d'ascendance tellement multiple que je ne m'y retrouve pas toujours. La mère de mon père est née sur la réserve de St-Régis, maintenant appelée Akwesasné. C'est une réserve Mohawk. On y trouve majoritairement des Haudenosaunees (Iroquois). On y trouve aussi quelques Anishnabés (Algonquins), dont ma grand-mère Adrienne. Mon grand-père paternel, Éloi, doit être né près de Métis-sur-Mer, dans le Bas Saint-Laurent. Du côté maternel, mes grands-parents Rodolphe et Valéda provenaient d'une lignée d'Acadiens déportés aux alentours de Nicolet. Ils étaient probablement métissés de Micmac ou de Innu.

Bref, je suis en quelque sorte un Sauvage.

Et rien de mieux que de lire les Relations des Jésuites pour rire un peu.

L'impression qui s'en dégage est loufoque. Tous les préjugés des Jésuites sont d'actualité. Ils débarqueraient ici en 2010 qu'ils écriraient les mêmes remarques sur cette tribu décadente, païenne, où tout un chacun vit au jour le jour dans des moeurs sexuelles dépravées, ne reconnaissant aucun chef, aucun dieu, aucun maître.

Même dieu est une fable pour les Sauvages. Ils ne prennent rien au sérieux. Ils n'obéissent pas à leur capitaine, sinon s'il a bien parlé et que tout le monde est d'accord. Ils ne pensent pas au lendemain. Ils tapent sur des tambours toute la journée. Ils donneraient leur chemise et les meilleures parts de leur chasse même s'ils étaient pour crever de faim ensuite. Ils vivent au jour le jour. Au diable vauvert. Comme le peuple le plus misérable de la terre. Et pourtant ils se moquent de nous, nous traitent de pauvres gens qui travaillent sans relâche sans jamais penser à se la couler douce. Ils ne se fâchent jamais et détestent ceux qui se fâchent: comme s'ils ne savaient pas contrôler leurs émotions... De plus, ils ne châtient jamais leurs enfants... La femme décide avec qui elle fait l'amour et la communauté respecte ce choix... Les voilà, ces Sauvages qui sont mes ancêtres et dont la sagesse a enfin reconquis l'Amérique!

Vrai comme je suis encore là, je me sens fier d'être un Sauvage.

4 commentaires:

  1. Salut Gaétan,
    Ton article me fait penser à une belle expérience que j'ai vécue dernièrement. J'ai participé à une réunion dans l Nitassinan (le territoire innu) ; le site (Mushua-nipi)était assez loin, entre Schefferville et Kujjuaq, ça prenait un hydravion pour s'y rendre. Sur le site nos hôtes nous ont montré des pierres aiguisées et des pointe de harpon (tous trouvés près du site)qui remontent de 6 000 à 7 000 ans. Cet endroit est utilisé depuis fort longtemps pour la chasse au caribou. Et c'était toute un honneur pour moi d'y être reçu par ce peuple qui jouit toujours de leur territoire.
    Rob

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  2. Passer les journées à jouer du drum et à forniquer. Vraiment, quelle horreur ! Hi, hi, hi. Poum-poum-poum…

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  3. mieux vaut pas être un caribou, quand même, même si les harpons, c'est fait pour les poissons

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