samedi 26 mai 2018

Les mots

Il m'arrive souvent de penser que je suis le roi des cons. Je le pense pour tant de raisons qu'il serait déraisonnable d'élaborer à ce sujet. Ai-je une piètre estime de moi-même? Non. Je m'estime avec bien plus de justesse en moi-même que je ne saurais même le faire par écrit. Ce qui me pousse à écrire un peu moins ces derniers temps.

La peinture trahit moins mes états d'âme. Je n'ai vu personne sur cette terre s'étriper pour de la peinture. Mais j'en ai vu des tonnes le faire pour des mots qui ne sont, somme toute, que des grognements latins prononcés avec un accent allemand: le soi-disant génie de la langue française...

Les amateurs de mots vont certainement me morigéner pour cette propension que j'ai de les tarabuster à tout propos pour qu'ils en viennent à me rappeler à mon devoir d'aimer la république des Lettres.

Une phrase comme celle-là devrait les rassurer quant à la pureté de mes intentions. Néanmoins, les mots sont traîtres, tout le temps, et ils s'interprètent tout croche et tout de travers. On pourrait croire que vous êtes hargneux d'avoir choisi tel phrasé alors que vous êtes en train de vous curer le nez en mangeant une sanouiche aux oeufs. Vous ne pourrez pas manger une sanouiche aux oeufs en vous curant le nez si vous êtes en train de peindre Guernica, dussiez-vous vous appeler Pique-Assiette plutôt que Picasso.

Où en étais-je?

Aux mots...

...

...

...

***

Communiquer l'indicible est le privilège du poète. Beaucoup prétendent l'être mais très peu arrivent à communiquer l'indicible dans ce latin bâtard mâtiné de germain qui forme la langue françoise. Françoise étant la vieille appellation de française. C'est pareil pour Thérèse. Avant on disait Théroise. À moins que je ne dise n'importe quoi. Vous n'aurez qu'à googler ça dans vos temps libres. Vous n'apprendrez peut-être rien mais vous tomberez par inadvertance sur une petite vidéo de chat amusante  qui vous fera oublier l'objet même de votre recherche. Et ce sera bien tant mieux.

On se casse la tête pour tant de choses. Et on nous la casserait pour deux fois rien. Simplement parce que nous sommes des serfs, je veux dire des cerfs, du gibier quoi.

Écrire vous fait dire n'importe quoi, vous le voyez bien.

Tandis que peindre un âne, c'est un exploit. Parce que les ânes ont de grandes oreilles. Et parce que leurs orteils ne ressemblent pas aux nôtres. C'est comme s'intéresser à autre chose qu'à soi-même. Et c'est reposant.

***

Untel est chroniqueur pour l'empire Québecor. Il nous livre jour après jour son vomi nationaliste et sa complainte du petit Blanc fleurdelisé qui rêve de revoir sa Normandie. Il tient à obliger tout un chacun à marcher au pas de l'oie comme il l'entend parce qu'il est maître chez-nous, c'est-à-dire aussi chez-vous. Il crie sur tous les tons qu'il est victime de la gauche, qu'on le force à se taire, comme les 200 autres chroniqueurs de la province qui pensent comme lui et sont payés rubis sur l'ongle pour dire qu'on les fait taire, ces hosties de crosseurs.

Il est aussi victime des féministes s'il veut encaisser son chèque. Et les races, et les autres religions, il vous montrera qu'elles sont méprisables et qu'elles ne valent pas la nôtre, la plus belle d'entre toutes, la religion nationale, celle qui voudrait que je passe mon temps à me dégraisser le salami dans le drapeau du Québec en hurlant sur tous les tons qu'on veut assassiner les valets de pisse de Québecor. C'est-à-dire ceux et celles qui tiennent si noblement le pot de chambre du monarque qui règne sur sa colonie de cerfs sans panaches.

L'extrême-droite? Haha! N'y pensez pas. Ça n'existe pas au Québec. C'est un complot pour faire moins vendre les produits de Québecor. Il n'y a que des patriotes au Québec. Dont certains sont plus impatients que d'autres face aux «races»...

Que l'on s'appelle les élus d'Odin, les Bons Aryens ou les Chiens Sales de l'Aube Dorée, on trouvera moyen de vous faire passer pour un groupe de citoyens respectueux de l'ordre et des règlements que la police peut tenir par la main en faisant des tatas à la télé.

Voilà.

Les mots, c'est vraiment de la marde. `


***

Je ne sais plus où je voulais en venir et ça importe peu.

J'ai livré mon bout de pensée.

Je retourne à mes pinceaux et à mon art qui me sauvent de cette sale époque.


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