mardi 15 mai 2018

Gendron

Gendron est un gars assez solide sur ses deux pieds avec de la gélatine à la place du cerveau.

Il ressemble à Omer Simpson en plus chevelu.

Il a longtemps étudié la philosophie, la psychologie et la théologie à l'université. Si longtemps qu'il en est resté avec des séquelles.

C'était pourtant le gars le plus sage du monde lorsqu'il était rentré à l'université au mois d'août 1977. C'était un étudiant studieux, célibataire, à ses affaires.

Tout a pété après avoir rencontré Linda. Puis France.

Gendron est tombé follement amoureux.

Linda puis France n'ont rien voulu savoir. Elles trouvaient Gendron trop space.

Gendron s'est enfoncé dans l'alcool et les autres drogues pour montrer qu'il n'était pas qu'un gars sage et sérieux.

Puis il s'est de plus en plus défoncé.

Jusqu'à devenir une loque parmi tant d'autres qui faisait de la free-base.

Il était fort sur la poudre, Gendron, et de plus en plus parano.

Il passait la majeure partie de son temps à se geler tout seul dans son minuscule logement, regardant par la fenêtre avec anxiété tout en grinçant des dents.

Le hic, c'est qu'il voyait les fonctionnaires du bureau d'aide sociale travailler juste en face de sa fenêtre. C'était d'ailleurs tout ce qu'il voyait puisque l'édifice gouvernemental occupait tout son champ de vision.

Et Gendron capotait évidemment.

Il passa cinq ans à se geler en pensant que tous ces fonctionnaires travaillaient sur son cas.

Cinq ans d'enfer dans la plus authentique et subliminale des paranoïas.

Ce sont les pompiers qui le tirèrent de là après qu'il eut mis le feu à son logement.

Depuis ce temps-là, Gendron a cessé de consommer.

Il fume quatre paquets de cigarettes par jour.

Il boit trois cafetières.

Mais il ne consomme plus.

La coke lui faisait faire de la paranoïa.

Alors que maintenant, assis à sa fenêtre toute la journée, avec sa cigarette et son café, Gendron ne ressent plus de vibrations négatives. Ni de positives d'ailleurs. Il est seulement là et il attend de crever, comme tout le monde, sans s'imaginer toutes sortes de scénarios capotés.

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