mercredi 20 janvier 2016

Voire de rien du tout

Tout finit par sembler d'une extrême insignifiance lorsque l'on atteint un certain point de saturation quant à notre capacité d'absorber tous les drames, horreurs et cataclysmes qui s'abattent sur le monde.

Les bulletins de nouvelles se nourrissent essentiellement de comportements pathologiques et de catastrophes naturelles. S'il ne se passe rien à cinq cents kilomètres à la ronde, on finira bien par mettre la main sur un homme qui s'est fait découper en rondelles à l'autre bout de la Terre. Ce pauvre homme sauvera, ce jour-là, nos misérables nouvelles.

Si d'aventure je consulte les actualités, je m'attends toujours aux mêmes nouvelles. Je regrette de laisser entendre qu'un attentat puisse paraître banal et soulever à peine mon indignation. C'est que j'ai atteint, bien malgré moi, ce point de saturation qui confine à l'indifférence.

Ce matin, je savais à l'avance que les nouvelles traiteraient d'attentats commis par l'État islamique, de bombardements en série et d'autres perturbations économiques.

Je les ai consultés rapidement, sans intérêt, sans critique ni commentaire.

Cela ne veut pas dire que je manque de compassion.

En fait, cela voudrait plutôt dire le contraire.

J'ai besoin de compassion en chair et en os bien plus que de ce qui m'apparaît comme une abstraction intellectuelle.

Les nouvelles sont devenues des vues de l'esprit.

Les êtres de chair et de sang qui m'entourent sont la seule et unique réalité.

Je n'ai rien de très intelligent à vous écrire aujourd'hui.

Sinon que je suis lassé des nouvelles.

Peut-être parce que je suis en vacances...

Je ne trouve pas le moyen de les gâcher avec tout et rien.

Ce billet lui-même est de trop et n'aurait jamais dû être rédigé.

Le mieux était encore de vous parler de bouffe.

Ou bien de musique.

Voire de rien du tout.