vendredi 15 janvier 2016

Le grand jeu démocratique de marde

J'ai longtemps eu cette naïveté de croire au grand jeu démocratique sans chercher vraiment à l'analyser en profondeur. Je me disais inconsciemment qu'il n'y a rien de parfait, sinon l'imbécillité, et cela me suffisait pour voir le monde par le petit bout de la lorgnette.

Puis vint le Printemps Érable, en 2012, qui me dessilla les yeux en plus de ramener à la surface tous les doutes de mes abysses philosophiques.

Les dettes publiques, l'impôt, la richesse et la pauvreté des nations: tout m'est apparu sous l'angle de la corruption généralisée de nos élites.

Depuis, j'aborde les actualités avec scepticisme.

Je ne m'attends à rien d'honnête des crapules au pouvoir.

Je me doute que nos gouvernements sont pris en otage par les banquiers et que seul le mensonge peut sortir de la bouche de nos prétendus représentants du peuple.

Il se dit bien une vérité de temps à autres. Lorsqu'on dit que la pêche aux petits poissons des chenaux ne va pas très bien, je ne peux qu'acquiescer compte tenu de la minceur de la glace. Par contre, lorsqu'on me tient des discours sur le pétrole, l'État islamique, les réfugiés ou bien la dette publique, je ne peux que m'enrager contre toutes les flopées de bêtises qu'on sert au peuple via les canaux traditionnels des communications. Les banquiers financent la maladie et le remède. Ils financent les terroristes et les combattants du terrorisme. Et quand tout est en ruines, ils mettent la main sur tout pour un quignon de pain rassis.

Ce que je croyais naguère n'être que des lubies de conspirationnistes me semblent maintenant des hypothèses envisageables.

Je ne m'attends à rien d'autre que des conspirations de ces bandits qui préfèrent l'amour du pouvoir au pouvoir de l'amour, pour paraphraser Jimmy Hendrix.

Vous croyez au hasard? N'allez pas en politique! Tout est pensé, pesé et soupesé pour nous faire avaler n'importe quoi.

On accuse les Russes de ceci ou cela, à tort ou à raison, et je me dis que nos gouvernements ne valent guère mieux. Ils tuent eux aussi lorsque c'est nécessaire et ne font pas de publicité ensuite. Ils balancent des bombes, traquent les opposants à leur doctrine, menacent les uns et les autres sans en avoir l'air. Ils jurent la main sur le coeur qu'ils servent l'égalité, la liberté et la fraternité. Dans les faits, ils servent leurs propres intérêts. Ils veulent nos biens plutôt que notre bien.

Ils se donnent des airs bon enfant avant que de souiller la vie, le fleuve et tout ce qui leur tombe sous la main.

Ils se trouvent des raisons pour justifier qu'un syndicaliste soit découpé en rondelles dans la jungle amazonienne.

Ils s'inventent des vertus et se servent des cloportes des médias traditionnels pour faire accroire à tous les ploucs que nous sommes que tout est sous contrôle, que nous allons réduire la dette et mettre fin à cette satanée justice sociale qui nous fait vivre au-dessus des moyens dont on nous prive. Tout le monde devrait savoir que l'argent sert à enrichir la mafia et non pas à paver des routes ou bien financer des écoles de serfs qui feraient mieux de casser des cailloux sur le bord des autoroutes.

Et voilà que nous reculons de cent ans. Qu'on laisse aux gens de décider du genre de société qu'ils veulent et laissons la charité ou l'égoïsme faire son oeuvre. Mettons fin aux retraites. Abolissons les lois du travail. Transformons toute cette masse d'abrutis payeurs de taxes en serfs du Moyen-Âge, condamnés à travailler toute leur vie soixante-dix heures par semaine, sans espoir de vivre une vie digne de ce nom.

Endettons tout le monde et lorsqu'ils seront tous pris à la gorge, on fera comme on a fait aux Indiens. On obtiendra leurs territoires pour une bouchée de pain et on parquera tous ces crottés dans des réserves où on les affamera chaque jour un peu plus, jusqu'au génocide. Des armées de drones leur empêcheront de sortir du dôme où on les parquera tous. Et on inventera bien une aide médicale à pourrir pour tous ces parias.

***

Non, je ne crois plus à la politique politicienne.

Je ne crois plus à la démocratie parlementaire conventionnelle. Les commentateurs et chroniqueurs des médias traditionnels m'apparaissent tous comme d'immondes faux-culs vendus au plus offrant. Ils ont les idées en fonction de l'épaisseur de leur portefeuille. Ils se désolidarisent facilement des trous du cul et autres sans-culottes édentés quand vient le temps de prendre un bon repas au restaurant.

Ils nous servent une morale pour laquelle ils sont grassement payés.

Et ils nous disent de nous méfier des médias indépendants, des sans-chemises qui bloguent et autres canailles qui twittent...

Ils ont bien raison.

Ce monde-là finirait par s'écrouler si on le remettait en question.

Nous vivons dans le meilleur des mondes qui soit.

C'est un monde de crapules mafieuses mais ce sont nos crapules mafieuses.

Les chiâleux ont toujours tort puisqu'ils n'ont pas un sou vaillant.

L'argent justifie tout.

L'argent est la seule raison qui soit.

La pauvreté se trompe toujours.

Donneriez-vous le pouvoir à Diogène le chien, ce philosophe qui vivait dans un tonneau et se nourrissait de déchets?

Pas du tout.

Nous avons besoin de légumes frais.

Nous avons besoin de billets de loterie.

Nous avons besoin de nous faire mener par le bout du nez par des hordes de malfaiteurs qui savent ce qui est bon pour eux-mêmes et tiennent fortement à ce que nous ne venions pas compromettre l'avenir de leurs enfants.

Vos gueules, crottés de tous les pays!

Vos gueules, travailleurs et payeurs d'impôt qui puent la pauvreté!