mardi 5 janvier 2016

Rivard le gros plein d'marde

Rivard, ce gros plein de marde, était marié à une névrosée qui fumait une cigarette à la suite de l'autre en lui reprochant de trop dépenser pour boire et pour fêter. Elle s'appelait Carmen, sa femme, et elle avait les yeux pochés. Elle passait toute ses journées en jaquette devant la télévision.

Rivard avait aussi les yeux pesants et se rasait rarement la barbe. Il se couchait souvent sale, sans se laver, prétextant que sa crisse de folle ne faisait plus l'amour de toute façon. Carmen l'aurait aimé un peu plus propre mais s'était vite rendue compte que c'était peine perdue avec ce gros sale. Ce qui fait qu'elle avait elle aussi cessé de se laver.

Rivard avait la peau grasse et les cheveux gras, évidemment. Il travaillait un peu sur la construction et un peu pour la petite pègre. Il vendait des cigarettes de contrebande et des bouteilles de shampoing volées dans un entrepôt par ses chums d'enfance.

Rivard était de tous les événements.

L'hiver, il allait à la pêche aux petits poissons des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Il jetait tous les poissons qu'il attrapait aux vidanges.

-C'est pas mangeable les poulamons! Moé j'va's là a'ec mes chums pour me saouler tabarnak!

Rivard se saoulait aussi lorsqu'il allait au Festival du cochon de Sainte-Perpétue où de grosses brutes courraient après des cochonnets pour les traumatiser à jamais avec leur vision décadente du sport.

Au mois d'août, Rivard ne manquait jamais le Grand Prix automobile de Trois-Rivières. Il aimait voir les gros chars pollués l'air et l'ouïe des créatures. Il aimait reluquer les plottes de char. Il se traînait un flasque de baboche dans ses poches pour se saouler pendant trois jours consécutifs.

Puis c'était le Rodéo de Saint-Tite. Rivard se saoulait aussi devant les animaux que l'on torturait pour le plus grand bonheur de la plèbe.

Il allait à la chasse à l'automne pour le pur et simple plaisir de tuer tout en se saoulant la gueule.

Rivard aimait aussi la boxe et les combats de chiens. 

Plus le sang coulait, plus il buvait. Et plus il buvait plus il lui venait à l'idée toutes sortes de cochonneries.

Évidemment, Rivard votait toujours pour celui qui avait le plus de chance de gagner.

Et il faisait quelques petites jobs sales pour les politiciens véreux lorsque c'était nécessaire.

Je voudrais vous en raconter plus sur Rivard que j'en serais incapable.

-Il y a sûrement quelque chose de positif à raconter à son propos? diront certains d'entre vous.

Oui. Rivard nettoyait son char tous les jours.

Il aimait rouler dans sa belle Mustang propre.


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