jeudi 31 juillet 2008

ANALYSE DE LA PRESSE LOCALE TRIFLUVIENNE


Je m'intéresse plus aux «originaux et détraqués» de Trois-Rivières et des environs, pour reprendre l'expression de ce bon vieux Louis Fréchette, que je n'accorde de l'importance à ces enfoirés que les médias locaux encensent quotidiennement. Les députés, le maire et les conseillers municipaux de Trois-Rivières ne sont que des fonctionnaires. Leur vie n'intéresse que quelques journalistes de second ordre qui rêvent d'un poste d'attaché de presse.

Ce qui intéresse un lecteur, généralement, ce ne sont pas les faits rapportés, mais la manière de les rapporter. Quand je vais voir un show, je ne m'intéresse pas aux notes de musique, mais à la musique elle-même.

Que d'encre gaspillée en mièvreries à Trois-Rivières!

«Le maire Lépave aime le pâté chinois. Rencontre avec le conseiller municipal du secteur B, Jos Mongol, collectionneur de timbres. Le député Galarneau joue au golf avec ma tante Germaine. Etc.»

Franchement, je ne lis plus la presse locale pour ne plus tomber sur ce genre de textes pour décrotteurs de nez et déplieurs de trombones.

Je me suis même fait une petite note sur un morceau de bois qui se trouve maintenant collée sur ma boîte aux lettres: «Pas de circulaires SVP!» Ainsi, je m'évite de tomber sur des articles plates rédigés à la hâte par des auteurs froids et monotones qui pratiquent leur métier sans aucun plaisir. Car les journaux gratuits sont encore pires que le seul journal payant de la Mauricie, qui ne vole pourtant pas très haut lui aussi.

-Ah non! je dois écrire un article sur le maire Lépave... Tiens, je vais reproduire intégralement le communiqué de presse de Bidule. Avec la photo de Chose. Puis ma photo, bien sûr, pour que l'on sache que je suis journaliste sans m'avoir lu... ou sans que je n'aie à écrire.

La semaine suivante, c'est ce que je trouve de plus formidable dans tout ça, le journaliste sera payé pour ces inepties qui prouvent hors de tout doute que:

-l'on prend les Trifluviens pour des cons;
-les Trifluviens ne savent pas lire;
-le poisson n'est pas frais mais il s'achète quand même quand on vit à 1000 lieues d'un cours d'eau.

Le problème c'est que les Trifluviens ne sont pas tout à fait des cons. Ils savent à peu près lire. Et la ville est entourée d'eau.

Alors, pourquoi leur sert-on du poisson pourri?

Le Nouvelliste est plate. Je ne prends pas plus d'une minute pour le lire. Je commence généralement par la nécrologie et termine avec le courrier des lecteurs, seule zone vivante du quotidien, avec les chroniques de Jean-Marc Beaudoin, qui a le mérite de savoir l'art de décrire un personnage, malgré quelques préjugés bourgeois des années cinquante.

Voir-Mauricie est encore plus plate. Tellement que je n'en parlerai même pas. J'ai cessé de lire Voir-Mauricie depuis au moins deux ans. Peut-être se sont-ils améliorés mais j'en doute.

La Gazette populaire n'est plus ce qu'elle était du temps de Marie-Danielle St-Laurent et du bouillant Denis Marcotte, l'un des meilleurs journalistes, sinon le meilleur que nous ayons eu dans cette putain de ville.

Le Journal de Trois-Rivières est-il encore publié? Même s'il l'était, il sombre lui aussi dans l'ennui, une très pâle imitation du Journal de Montréal auquel on aurait enlevé toutes ses dents et tous ses chroniqueurs indépendants. Comme s'il ne restait qu'un jeune con édenté pour tenir la chronique mondaine: trois lignes sur tel ou tel plein de marde de la chambre de commerce, deux lignes sur le festival de la pantoufle en phentex et, bien sûr, la grosse crisse de photo de l'idiot du village qui se croit journaliste pour un paragraphe et quinze photos de crétins qui tiennent des chèques dans leurs mains ou des bâtons de golf.

Je ne parlerai pas des autres torchons: de la pub et encore de la pub avec quelques minis paragraphes rédigés par des paresseux ou des illettrés.

Y'a-t-il des journalistes à Trois-Rivières? La question se pose. J'y ai répondu en quelque sorte.

Qu'attendent-ils pour engager Denis Marcotte, hein?

Trop original. Trop détraqué. Trop de talent...

Heureusement qu'il y a l'Internet.

Comme personne ne lit les journaux à Trois-Rivières, parce qu'il ne s'écrit rien d'intéressant, c'est une chance incroyable pour tout blogueur impénitent de percer le marché et de secouer les puces de cette ville située en banlieue de Ste-Marthe-du-Cap.

L'Internet, c'est notre cheval de Troie, ouais. Notre joual de Twois-Ivièwes...