mercredi 21 octobre 2015

À propos des pistes cyclables pas trop cyclables à Trois-Rivières...

J'ai emprunté la piste cyclable de la rue Saint-Denis, hier, comme je le fais tous les jours de la semaine quand je quitte mon travail pour revenir à la maison.

À Saint-Hyacinthe ainsi que dans d'autres villes mieux organisées, les pistes cyclables en milieu urbain sont protégées par des bornes, des règlements municipaux sévères et des feux de circulation spéciaux pour empêcher les automobilistes d'y faucher des vies.

À Trois-Rivières, on fait preuve de laxisme en cette matière. La piste cyclable qui devrait nous permettre de circuler d'Est en Ouest consiste en une ligne barbouillée sur l'asphalte dans laquelle se trouvent souvent stationnés des véhicules. De sorte qu'il faut quitter la piste cyclable à tout moment en s'assurant de ne pas se faire faucher par les automobilistes qui ne respectent pas la distance de 1,5 mètres qu'ils sont sensés tenir en présence d'un cycliste, d'un piéton ou bien d'un canard.

Même lorsqu'on roule sur la piste cyclable, certains automobilistes prennent ce malin plaisir de rouler à l'intérieur des lignes pour une raison qui m'échappe. S'il y avait des bornes, cela freinerait un tant soit peu leurs ardeurs. Sans bornes, ils se permettent tout et n'importe quoi.

Arrivé au croisement des rues Saint-Georges et Saint-Denis, je fais ensuite face au trafic en provenance du boulevard des Forges. De nombreux automobilistes dépassent les véhicules à gauche via la piste cyclable. Du coup, ils mettent ma vie en danger. J'essaie tant bien que mal de résister en les insultant au passage, mais je sais que j'arriverai deuxième face à une voiture qui me foncera dedans. Je me tasse sur le côté, au risque de me planter contre le trottoir.

Hier, j'ai vu ce type, un gros gras avec une barbichette qui conduisait son véhicule utilitaire brocardé de collants Radio X. Il avait un cure-dent en bouche et il roulait sur la piste cyclable  en feignant à peine de m'avoir vu. En fait, il m'avait vu et il s'en foutait. Il devait passer coûte que coûte et refusait d'attendre derrière la filée d'autos qui tournaient à droite sur la rue Saint-Georges qui est aussi à sens unique.

Évidemment, j'ai gueulé.

-Gros hostie d'épais! Grosse calice de pâte molle! Mange-lé ton cure-dent mon christ de casque de bain de Radio X!!

Le triste individu était déjà loin. Il roula sur la piste cyclable sur quarante pieds. Puis il disparut avec son gros Tonka de mononcle fini.

Avant qu'il n'arrive un drame, il serait bien de songer à protéger nos pistes cyclables en milieu urbain dans ce Trois-Rivières pas si vert qu'on ne le laisse croire. Ça nous laisserait au moins une voie pour rouler de façon sécuritaire à l'heure de pointe, quand tous les caves sont sur la route pour y effectuer toutes sortes de manoeuvres qui mettent en péril la vie des piétons et des cyclistes,

Je vous avouerai que j'ai beaucoup de mépris envers les automobilistes. Je paie pour leur asphalte que j'use bien moins vite avec les pneus de mon vélo. Je paie pour leurs émissions de gaz carbonique. Je paie pour les guerres du pétrole. Je paie pour une énergie sale qui n'arrive pas à la cheville de mes pieds qui pédalent proprement et sainement.

J'emmerde, au passage, ceux qui prétendent que les cyclistes n'ont pas leur place sur la route. Les voitures y ont encore moins affaire, quoi que l'on puisse me reprocher à ce sujet.

Je roule sur la plus belle invention de l'humanité: le vélo. Le vélo qui nous permet d'avancer à vingt kilomètres heure sur de plus ou moins longues distances. Ce que n'arriverait pas à faire le marathonien ni le guépard. Cette machine ingénieuse décuple nos forces. C'est une pure merveille de bio-ingénierie. Il faut être un gros cave qui écoute Radio X pour ne pas le voir. Il faut être une grosse hostie de moufette libertarienne pour l'ignorer.

Je roule avec de l'énergie propre. Je fais mon cardio. Je n'encombre pas les hôpitaux avec une gueule de gros lard qui a son cure-dent en bouche.

C'était ma montée de lait. Pardonnez-la moi. Je ne sais plus ce que je dis.

Et puis, c'est déjà l'heure de remonter sur mon vélo...




1 commentaire:

monde indien a dit...

Hi , Hi , la montée de lait ! j ' espère que tous les pti québecois en profiteront !
T ' as de la chance de faire du vélo !
Moi , le grand créateur - ou la Terre-Mère , comme disent les indiens du Mexique - ne m ' a pas donné d ' assez bonnes guiboles pour les agiter sur ces sympathiques petits vélos -
Mais mes gambettes me permettent de me promener ici ou là sur ces belles terres , émerveillé , comme un gentil crapaud -
( Joào Gilberto : " O sapo " / le crapaud ,
https://www.youtube.com/watch?v=GRvvzXoxTUQ