lundi 13 janvier 2014

Victor Hugo's Les Miserables...

J'ai profité de l'inondation d'hier pour me faire un petit cinéma maison avec ma douce.

Victor Hugo's Les Miserables de Richard Boleslawski était au programme. Il a été tourné en 1935 et met en scène Fredric March dans le rôle de Jean Valjean. Ce gars-là ressemble à Jean Dujardin. On se croirait presque dans un pastiche du film The Artist, bien que ce soit plutôt le contraire...

Le film est plutôt de facture expressionniste, comparativement aux versions successives. Les clairs-obscurs y sont finement travaillés. Nous en sommes encore à l'Âge d'Or du cinéma parlant et l'image est nettement plus modelée que par la suite, où elle devient terne et un peu pompier, comme dans les péplums des années '50.

La misère, la pauvreté et la compassion y sont montrées sous des traits exagérés. Cela se rapproche de l'outrance de Victor Hugo, où un simple chandelier volé à un évêque peut conduire vers l'éternité.

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Je suis encore en train de lire Choses vues de Victor Hugo. Hugo est en exil sur l'île de Guernesey au moment où il écrit ces choses. Il a participé à la Commune de Paris et doit renoncer à la France réactionnaire pour survivre de son art chez nos amis les Anglais.

Dans ces choses vues, il y a parfois de grands moments qui pourraient se lire et s'imprimer tout seuls. Comme ce récit à propos d'un traître, un certain Hubert qui espionnait la communauté des exilés de Guernesey en se faisant passer pour un Communard. Alors que tout un chacun s'entend pour le pendre, Hugo intervient pour sauver la vie de cet homme, comme Jean Valjean sauvant celle de l'inspecteur Javert dans Les Misérables.

On dira ce qu'on voudra, Hugo n'avait pas de courte vue en matière de droits de l'homme.

Tous les prisonniers et galériens du monde lui seront gré d'avoir amélioré leur sort concrètement par l'influence qu'il exerça sur les esprits de son temps.

Idem pour les fillettes abandonnées.

Hugo a redonné un coeur à la grande communauté des hommes.

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Parlant de Victor Hugo, je me dois de vous répéter que l'essai Pour saluer Victor Hugo, un ouvrage inclassable comme tous les écrits de Victor Lévy-Beaulieu, vaut vraiment le détour. VLB présente Hugo comme il lui est venu aux yeux. Il a commencé à le fréquenter dans la misère et la pauvreté de Montréal-Nord. Cet homme-océan l'a délivré de la dèche et l'a conduit vers les lettres comme d'autres montent au ciel pour aller réparer des satellites ou visiter des planètes.

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C'est à peu près tout ce que j'avais à dire sur Victor Hugo aujourd'hui.


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