mardi 10 décembre 2013

Là où je radote sur la conversion de Jack London au socialisme

C'est un thème qui m'obsède et sur lequel j'aurai à me répéter jusqu'à ma dernière grimace. Je l'ai découvert au début de mon adolescence. J'ai trouvé ça chez Jack London. Et depuis je le répète.

Qu'est-ce qu'il disait Jack London? Oh! je n'irai pas vous effeuiller Jack comme si je soumettais un travail de fin de session à l'université. Je vais plutôt y aller à la bonne franquette, comme un lecteur paresseux s'adressant à d'autres lecteurs qui ne veulent pas s'emmerder avec des broutilles.

Jack London était obsédé par l'idée qu'un gars fort comme un ours puisse devenir rien du tout.

C'est cette obsession qui le métamorphosa en socialiste.

Au début de son oeuvre, Jack London croit en sa force, en sa ruse, en sa faculté d'adaptation. Il est même vaguement nietzschéen et vante the will of power comme l'on vanterait The Wheel of Fortune. Son destin de plus fort que le roquefort est de triompher, quoi qu'il advienne. Il travaillera dans une usine s'il le faut. Il ira chercher de l'or au Yukon. Il dormira deux heures par jour pour se donner une éducation solide tout en bossant comme un forçat. Il deviendra un dieu.

Puis survient une crise économique parmi tant d'autres. Jack ne trouve plus de job. Il a beau être fort comme un boeuf qu'on ne lui en donnerait pas plus qu'à un boeuf. 

Jack devient vagabond et découvre une grande vérité du capitalisme: même le plus fort d'entre tous peut partager le sort des plus faibles. Cette vérité peut aussi s'appeler l'injustice, laquelle n'est pas entièrement physique, mais aussi métaphysique. L'argent, abstraction parmi toutes, liquéfie les efforts de tout un chacun quand il s'agit de liquider. L'argent broie le monde. L'argent écrase le peuple de son talon de fer.

Évidemment, il n'est pas nécessaire de se référer à Jack London pour comprendre ça.

Je me contente bien plus de le ressentir viscéralement.

Nous ne sommes rien sans la communauté et l'argent ce n'est pas la communauté. 

Les forts comme les faibles, les idiots comme les intelligents, les riches comme les pauvres, tous et toutes nous sommes broyés par l'argent. 

On mourra de faim de voir du pain et des petits gâteaux tout doux tout bons pourrir dans des entrepôts parce que ça ne se vend pas.

C'est logique ça? 

Y'a pas de logique là-dedans.

Il y a seulement de l'avidité et une certaine béatification de réflexes profondément asociaux.

Ça donne l'envie de vivre un peu en retrait, non?