mercredi 12 août 2015

La mémoire et la mer (Léo Ferré)

Homme libre, toujours tu chériras la mer
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Charles Baudelaire, L'Homme et la Mer

Des vagues de souvenirs remontent à ma mémoire pour me rappeler la mer.

Je ressens intensément cet appel de l'infini alors que je m'apprête à partir afin de la revoir de plus près.

Mon père a vécu un temps à Sainte-Luce-sur-Mer, tout près de Rimouski. C'est avec nostalgie qu'il nous racontait la mer, avec ses palourdes, ses bigorneaux et ses algues marines. Son rêve était de terminer paisiblement ses jours sur le bord de la mer. Un rêve qu'il n'a pas accompli. Un rêve qu'il a nourri en contemplant toute sa vie les eaux du grand fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent) qui le ramenait inévitablement vers Sainte-Luce-sur-Mer.

Sainte-Luce-sur-Mer m'a pris au coeur chaque fois que j'y suis allé. Son église, sa plage, ses sculptures de bois et son odeur de varech m'accompagnent encore. Tout cela me fait comprendre la nostalgie de feu mon père. Ce n'est pas mon rêve, pourtant il est devenu mien. Chaque fois que je suis passé par Sainte-Luce-sur-Mer j'ai ressenti ce profond appel de l'immensité.

La beauté peut prendre plusieurs formes et se manifester là où on l'attend le moins.

Je me souviens entre autres d'une nuit magnifique au camping Tête d'Indien en Haute-Gaspésie. Il devait être trois heures du matin. J'étais sorti du camion où je dormais avec ma douce pour déféquer un peu. J'ai chié, cette nuit-là, devant l'un des plus beaux spectacles que j'aie vu au cours de ma vie.
La mer était agitée et le ciel sans lune me laissait voir la Voie Lactée et tout ce qui brille dans l'univers. J'étais en communion avec l'infini tout en lâchant banalement mon billot. Je ne dis pas ça afin de passer pour un personnage vulgaire atteint de scatologie. Je le rapporte tout simplement parce qu'une expérience mystique peut se produire à tout moment, même en poussant sa crotte.

Le meilleur moment pour goûter pleinement à la mer c'est lorsque nous sommes tout fin seuls sur la plage.

Par mauvais temps, vacanciers et touristes désertent la plage. Ainsi, j'ai profité pleinement des mers agitées et des plages abandonnées.

L'an passé, Cavendish Beach, sur l'Île du Prince Edward, m'a littéralement coupé le souffle. Il n'y avait presque personne. On pouvait marcher sur la plage pendant deux ou trois kilomètres sans se buter à des parasols. C'était magique. Féerique.

Je retournerai voir la mer prochainement. J'en bave à tous les jours de la revoir.

Il se peut que mon blogue soit alimenté moins souvent par la force des choses.

Mon dialogue avec l'infini prendra tout mon temps.

Je vous reviendrai plus libre, plus reposé et plus sensible aussi.



3 commentaires:

monde indien a dit...

Bonne vacances les amoureux !
Que Iémanja vous donne 1000 cadeaux !

Gaétan Bouchard a dit...

@ Monde Indien: Moi et ma sirène vous remercions, toi et Iémanja... À vivre près de la Méditerranée tu dois en savoir des trucs sur la mer, le varech et les bigorneaux... Salue Georges Brassens de ma part! :)

monde indien a dit...

Georges vous envoie son amitié entière -
Il me dit qu ' il n ' en sait pas plus sur la mer que vous ou moi et ma brune , juste les cadeaux qu ' elle nous fait tout comme vos magnifiques forêts et lacs pleins d ' animaux , neige étincellante et animaux -
Bonheur à vous !