vendredi 28 août 2015

À propos du défunt Parti de la loi naturelle

Le Parti de la loi naturelle n'existe plus. Il nous avait néanmoins fait rire un tant soit peu au cours de sa trop brève existence. Ce parti, fondé sur la méditation transcendantale, laissait entendre que le monde changerait si tout un chacun méditait en même temps. Je me souviens qu'il avait convoqué des journalistes lors d'une conférence de presse où le chef du parti promettait de léviter. Malheureusement, les journalistes apportèrent avec eux beaucoup trop d'ondes négatives pour permettre au gourou de s'élever dans les airs. Il demeura plaqué au sol avec l'air penaud de celui qui a raté son décollage.

Évidemment, à peu près personne n'aura voté pour le Parti de la loi naturelle qui retourna vers les limbes d'où il était sorti, allant rejoindre l'Union Nationale, l'Alliance créditiste, le Parti de la démocratie chrétienne, le Parti marxiste-léniniste et autres assemblages de pensées obsolètes.

Si tout le monde pensait la même chose en même temps nous tomberions dans un état de dictature. Que cette chose s'appelle le bien ou le mal, ce serait du pareil au même. On a coupé des têtes au nom de l'amour et du bonheur de l'humanité. On a sauvé des vies au nom de rien. Comme dirait un certain Pascal, le malheur étant que celui qui veut faire l'ange fait souvent la bête.

Dans Les carnets du sous-sol, Dostoïevski laisse entendre que si tout le monde vivait dans un palais de cristal, l'avenir de l'humanité reposerait sur celui qui y balancerait une roche pour qu'il se brise en mille morceaux.

Je ne connais pas la loi naturelle. Sinon la loi de la sélection naturelle. Charles Darwin disait, en substance, que la créature qui s'adapte le mieux à son environnement augmente ses chances de survie. Et l'adaptation suppose, bien sûr, une capacité de changement perpétuel.

Je ne m'avancerai pas plus loin.

Je suis content de savoir que vous ne pensez pas comme moi. Tout autant que je le suis de ne pas penser comme vous. Plus nous aurons de réponses différentes, plus nous saurons nous adapter à des situations mouvantes et souvent impitoyables.

Réjouissons-nous qu'il y ait autant d'idées que d'êtres humains sur cette pauvre planète.

C'est à peu près là que je voulais en venir.

Sur ce, je m'en vais poursuivre ma lecture de Tchékhov. Je termine la lecture de sa nouvelle intitulée Le duel. C'était la préférée de Tolstoï, sans doute parce que Tchékhov mentionne le nom du patriarche de la littérature russe à plusieurs reprises... Je vous reviendrai là-dessus un de ces quatre.