vendredi 23 janvier 2015

Une cause transcendante

Le monde n'est pas pétri que de haine et de stupidité, même s'il n'est pas rare de rencontrer semblables matières un peu partout sur le globe, surtout là où les arbres sont calcinés; là où l'eau est sale et croupie. On ne trouve pas le meilleur de l'homme dans un décor apocalyptique. Pour qu'il y ait de la beauté, de la bonté et de l'amour, il vaut sans doute mieux de vivre le plus loin possible des soucis.

Je ne crois pas élaborer ici une grande sagesse puisqu'elle est de toutes les époques.

Quand pauvreté entre par la porte, l'amour s'en va par la fenêtre. Chez les Romains comme chez les Scythes. Chez les Anishnabés comme chez les Kurdes.

On ne mord pas la main qui nous nourrit dit-on pour se donner du jugement.

Quand la main qui te tend un quignon de pain l'accompagne d'une mitraillette, tu prends l'un et l'autre et fais ensuite ton chemin dans cette vallée de larmes.

On peut juger de ce qui se produit à grande échelle en comparant avec ce qui se passe à petite échelle.

Dans un quartier pauvre, on ne trouve parfois que des criminels pour vous donner du fric et de la dignité. Il y en a toujours quelques uns qui résistent à l'appel des bandits. D'autres n'ont pas cette faculté de faire patienter leur tête et leur estomac.

Une meilleure distribution des richesses pourrait susciter plus de paix sociale. Cela tombe sous le sens. L'austérité, tout au contraire, ne favorisera que la guerre civile entre toutes les composantes de la société.

Non, je ne pense pas avoir raison de tout en vous disant cela.

Je ne retire aucun avantage au fait d'avoir tort ou raison puisque je n'adhère à rien.

Ma cause est presque transcendante.

Je crois en la bonté, en la beauté et en l'humanité.

J'y crois comme le dernier des cons si cela se trouve.

Et, malgré tout, je m'en porte bien.

Pardonnez-moi ces réflexions un peu creuses.

Cela ne ressuscitera pas les morts et ne donnera pas plus de pain aux vivants.