vendredi 30 janvier 2015

Comment les fanatiques de Judée se sont emparés de Rome

Les dieux des Romains étaient tellement remplis de défauts que les hommes et les femmes de ce temps pouvaient en douter un peu. Les dieux baisaient avec tout ce qui bouge, pratiquant autant l'inceste que la zoophilie. Tout un chacun mourrait pour ensuite traverser les enfers et se rendre dieu sait où, peut-être nulle part. La tolérance envers toutes les religions et tous les dieux étaient de mise, puisqu'il y avait de la place pour tout le monde dans le chaos du polythéisme.

Cela dit, il existait une secte provenant des confins de l'empire. Une secte de fanatiques et d'illuminés qui reniaient tous les dieux pour n'en conserver qu'un seul. Le pharaon Akhenaton était comme ça. Peut-être avait-il converti Moïse, Abraham ou quelque autre chef de tribu du désert à la cause de son dieu unique. Quoi qu'il en soit, les habitants de la Judée étaient convaincus qu'il n'y avait qu'un seul dieu. Et ils s'entre-tuaient pour des peccadilles. Certains attendaient le Messie, d'autres l'avaient trouvé et d'autres s'aspergeaient d'eau dans une rivière.

Ponce Pilate, le procurateur de la Judée, ne s'était pas immiscé dans ces querelles barbares. Il s'était toujours contenté d'appliquer les lois de Rome. Il crucifia quelques criminels de droit commun, dont un type qui s'était fait passer pour le roi des Juifs, un crime de lèse-majesté envers César qu'il aurait bien condamné de quelques coups de fouet n'eût été de ces prêtres qui réclamaient à hauts cris la mort de ce pauvre Nazaréen.

-Je m'en lave les mains! avait-il dit après avoir tout tenté pour éviter le supplice à cet illuminé sans défense incapable de lui dire ce qu'était la vérité.

-Ils sont tellement fous avec leur religion et leur livre sacré, ici en Judée, que je dois bien me plier à leurs satanées coutumes pour préserver un semblant d'ordre public et collecter les impôts... avait-il maugréé pour ensuite aller se reposer aux bains publics.

Quelques années plus tard, la chicane entre ces sectes juives s'était déplacée à Rome. Telle secte de Judée prônait la circoncision, telle autre non, et c'était sans compter les marcionites qui reniaient les vieux textes du Livre Sacré en substituant à leur place l'Évangile de Luc et les lettres de Saul de Tarse, un citoyen romain qui avait été décapité pour avoir lui aussi troublé l'ordre public avec ses discours fanatiques qui avaient mené certains de ses prosélytes à renverser les statues des dieux et des empereurs dans les rues de Rome. On ne lui avait pas laissé l'occasion de faire du vandalisme plus longtemps. Tant que Saul parlait contre les dieux, on s'en foutait un peu, mais lorsqu'il se mit à renverser la statue de Néron, susceptible comme un type qui baiserait sa propre mère, cela n'augura rien de bon pour ce gars de Tarse. D'autant plus qu'il y avait même un pamphlet chrétien contre l'empereur qui circulait à Rome dans lequel il était écrit qu'il était une bête portant le chiffre 666, la somme des lettres de son nom, César Néron, comme tout le monde le sait.

Les intellectuels romains, dont Celse, essayaient de comprendre cet envoûtement qu'exerçait ces fanatiques tant sur la plèbe que sur l'aristocratie romaine. Pourquoi certains Romains préféraient-ils ces sornettes, ces miracles et ces mensonges venus de loin plutôt que la philosophie de Socrate, Aristote ou Platon? Était-ce parce que ce Jésus ressemblait à Socrate, un petit gros pas très beau? Socrate lui était pourtant bien supérieur tant au plan de l'intelligence qu'à celui de la bienveillance.

Le fanatisme poursuivait son chemin dans les esprits, d'une décennie à l'autre, de sorte qu'un jour l'empereur lui-même se convertit au fanatisme. Constantin décréta que la religion de cette secte allait devenir la religion officielle de tout l'empire romain. Ensuite, pour bien faire, il prêta ses armées aux papes et aux évêques pour mettre un peu d'ordre dans les affaires de l'Église. Marcionites, Juifs et Simoniaques furent éviscérés. Les temples de l'ancienne religion romaine furent détruits. La tolérance et la liberté en matière de religion disparurent de tout le territoire de l'empire. Bientôt on n'entendit plus que le son des cloches et les appels à la prière de ces fous furieux. Partout dans le vaste empire le sang des hérésiarques et autres païens coula à flots.









1 commentaire:

monde indien a dit...

Pourras-tu écrire la suite de cette histoire , pour les ignorants , comme moi , : pourquoi les illuminé-e-s sont-ils-elles devenu-e-s de simples brutes de pouvoir ( à moins que ce ne soit déjà le but de ton texte - je vais le relire - je suis un âne - )