lundi 7 septembre 2009

Pour en finir avec la Fin des Temps


La Terre est vieille de quatre milliards d'années. Au cours de son histoire, elle a traversé divers états.

Au cours du premier milliard d'années, une petite couche de poussière mêlée à un peu de givre s'est accumulée et maintenue en orbite sur cette boule de gaz au noyau incandescent qu'est la Terre. Les mers et les continents se sont formés.

Quelques comètes sont venues de l'espace, comme des spermatozoïdes, pour féconder l'ovule terrestre. Et la vie est apparue, ici comme ça se fait encore ailleurs. Ces foutues comètes sont bourrées d'ADN et elles finissent toujours par féconder une planète, par-ci par-là.

Il y eut donc des bactéries, puis des éponges, des dinosaures et de petits rats qui devinrent des singes à force de manger des bananes.

Puis l'homme est apparu, après toute une flopée de disparitions et de mutations d'espèces. Et il a maîtrisé le feu. Puis il s'est mis à tout brûler autour de lui. C'est con, un homme. Faut pas trop lui en demander. Tu lui dis de ne pas manger de pommes et il en mange. Tu lui dis de ne pas foutre le feu et il fait tout flamber. Tu lui dis tu ne tueras point et voilà qu'il nage dans des mers de sang qui ne veut même pas coaguler.

L'histoire de la Terre s'est poursuivie avec la brebis, le caniche, le brochet et l'homme, un mammifère qui nage moins bien qu'un dauphin.

Parfois, la Terre devenait une boule de glace. Parfois les pôles magnétiques s'inversaient. Peut-être que sa rotation a variée.

Il y eut des années où la vie fût presque sur le point de disparaître. Mais non, la vie s'y maintenait et prenait de nouvelles formes, tout simplement.

La vie c'est fait fort. Ça ne veut pas mourir. En général comme dans les cas particuliers. Ça s'adapte. Quand il fait froid, la vie ça se met un manteau. Ou bien ça hiberne et ça se nourrit avec les moyens du bord.

C'est comme la plante dont vous voulez vous débarrasser parce qu'elle fane trop vite et qui toujours finit par renaître. La vie, ça ne demande pas tant que ça. Un peu d'eau de temps en temps, du soleil et pas trop de déplacements brusques.

Ce qui fait que l'homme est resté incrusté dans la croûte terrestre comme un acharien. Et il s'est reproduit. Et il a sucé le sang de la Terre pour vivre, tant bien que mal. Et il, eh bien, c'est nous. Nous sommes des hommes, non?

Donc, nous sommes là, nous les hominidés qui portent des dentiers ou des lunettes, nous sommes là à nous taper sur la gueule sur une mince couche de poussière qui flotte sur un noyau en feu, à vivre dans l'orbite d'une grosse boule de feu qui finira bien par épuiser tout son combustible un jour ou l'autre.

Notre soleil, cette grosse boule de feu que l'on appelle une étoile, n'a rien de particulier par rapport aux autres milliards d'étoiles de l'univers.

Et notre planète, la Terre, on dit qu'elle est belle juste parce qu'on est myope et qu'on ne voit pas plus loin que le bout du télescope.

Pour ce qui est de la Fin des Temps, sérieusement, c'est possible que ce ne soit pas pour demain.

Est-ce que le trou noir au centre de notre galaxie va nous aspirer un jour, comme une vulgaire poussière, nous transformant instantanément en spaghettis longs de plusieurs milliards de kilomètres, si l'on se fie aux travaux de Einstein sur les lois de l'Espace et du Temps?

Est-ce qu'une comète va nous frapper? On a qu'à regarder la forme du Québec, surtout au niveau de la baie d'Hudson. Cette grosse ligne sphérique de la côte qui s'étend sur mille kilomètres ça ne s'est pas fait tout seul. Ça devait être une putain de grosse comète! La Terre devait avoir une sale gueule le lendemain et la vie devait être à terre.

***

Serons-nous capables de nous détruire nous-mêmes ou ferons-nous du travail bâclé, avec plus d'estropiés que de morts?

À vrai dire, la connerie de l'homme est sans limites. Mais pour la Terre, même avec les autos, l'industrie lourde et l'arsenal nucléaire, nous ne sommes que des achariens.

Elle prendrait facilement quelques bombes à neutrons dans la gueule, la Terre, et je crois même que l'homme survivrait à ça, tout croche avec le nez qui saignerait à rien. Ça résiste à tout, les achariens. Idem pour les hommes.

La morale? Il n'y en a pas. Comme d'habitude.

Je ne suis pas un curé, moi. Juste un écriveux qui doute. Et qui jacasse, comme ça.

Quand on sait lire dans le passé, on ne s'étonne plus de l'avenir.

Si vous croyez que de grandes catastrophes vont survenir, vous n'avez sans doute pas tort.

En attendant, vivons. Et cessons de nous plaindre.