samedi 21 février 2015

L'austérité c'est du vol

Qu'est-ce que l'austérité? Une idéologie qui nous dit que notre pays et ses ressources ne nous appartiennent pas. C'est la propriété exclusive des banquiers et autres bandits à cravates qui nous lancent quelques rogatons de temps à autres pour nous récompenser d'être de bons chiens, bien dressés et bien obéissants.

On pense à tort que leur contrôle sur le monde est immuable. On pense à tort qu'on ne peut rien y changer.

Il faudra vingt-quatre heures pour changer tout ça quand nous serons prêts à le faire.

Pas quatre ans. Ni trois ans. Vingt-quatre heures et notre monde pourrait changer de fond en comble.

Vous pourriez croire que j'affiche un optimisme béat. Pas du tout. Je suis même trop réaliste.

"L'homme ordinaire ne sait pas que tout est possible" , écrivait David Roussel dans L'univers concentrationnaire. Ce qu'il disait pour les camps de concentration vaut aussi pour ceux qui ont cru qu'il n'y aurait pas de fin aux camps de concentration.

Un autre philosophe, Héraclite, nous a laissé cette maxime selon laquelle on ne se lave jamais deux fois dans le même fleuve. On le surnommait l'Obscur, Héraclite, et cela semble pourtant clair comme de l'eau de roche. Rien n'est jamais fixé à jamais, ni le pouvoir, ni les fortunes; ni la pauvreté, ni les infortunes.

Tout est appelé à changer.

Voler les citoyens, comme le font sans vergogne les banquiers et leurs larbins de service, est la loi de l'instant. Ce n'est pas la loi pour toujours. La loi de la gravité est immuable. Encore pouvons-nous envoyer des fusées dans l'espace qui défient les lois de nos ancêtres pré-spatiopithèques qui se croyaient à jamais cloués au sol.

De simples réparateurs de bicyclettes, les frères Wrigth, sont venus à bout des préjugés des plus grands physiciens de leur époque, lesquels croyaient dur comme fer qu'aucun objet plus lourd que l'air ne pouvait voler par ses propres moyens, du moins sans faire usage d'énormes ballons remplis de gaz.

Les économistes libertariens me font penser à ces grands savants qui se font crémer par des réparateurs de vélos, lesquels ont inauguré l'ère de la conquête spatiale.

En fait, tout a changé autour de nous sauf l'économie. Elle est demeurée ancrée dans les vieux concepts issus du XIXe siècle. Les riches sont aussi avares qu'à cette époque et se trouvent encore des tas de larbins pour conclure que les syndicats nuisent à la société, "leur" société plus lourde que l'air qui ne décolle jamais et nous englue dans le travail forcé des enfants et des vieillards. Comme dans les romans de Charles Dickens, qui était pourtant un conservateur ayant quelques accès de lucidité devant une page blanche.

Pour paraphraser Proudhon, l'austérité c'est du vol.

Ce n'est pas le vol des frères Wright. C'est le vol dans son acception criminelle.

Que pouvons-nous faire? Je ne sais pas ce que vous pouvez faire. Moi, je fais ce que je peux. Je signe des pétitions. Je porte des pancartes. Je tape sur des chaudrons. Je descends dans la rue. Et je ne manque pas une occasion pour dire et redire à mes proches que nous sommes gouvernés par les valets des bandits à cravates.

Une communauté humaine est sans avenir si elle ne se donne aucun but. Le fric qu'on retire de nos poches pour payer ceux qui volent le bien public n'est pas un but digne de ce nom. C'est même indigne du génie de l'être humain.

L'aspiration au bonheur, à la justice et à l'égalité sont des buts louables pour l'humanité.

Beaucoup de sang a été versé au nom de ses buts, parce que les loups ne lâcheront pas le morceau de viande sans avoir combattu.

On dit que l'homme est un loup pour l'homme. Ce n'est pas tout à fait faux.

L'homme tel qu'il est doit être contenu dans un filet de lois pour l'empêcher de mettre en action sa seconde nature. Encore faut-il que ces lois soient justes et servent tout le monde, pas seulement une poignée de vautours.

Qui joue à l'ange fait souvent la bête, disait Blaise Pascal. Cela porte aussi à réfléchir.

Cependant, on ne va pas s'emberlificoter avec des tas de notions philosophiques pour construire notre avion comme l'ont fait les frères Wright, sans se soucier de l'avis des savants et autres rats de bibliothèques pour qui la vie n'existe que dans les livres et les données de tel ou tel institut de ronds-de-cuir.

La vie est un livre bien plus vaste que toutes les bibliothèques du monde. Elle ne saurait être toute contenue dans un bréviaire ou bien une idéologie.

Il nous est possible d'inventer du nouveau, à chaque seconde s'il le faut.

L'austérité n'est qu'un mythe. L'argent n'est que du vol.

Et le monde, quoi qu'on en dise, tourne bien plus vite qu'on ne l'eût cru.