mercredi 2 mars 2011

Le peuple peut se révolter sans avoir besoin de suivre un chef

Il est indécent pour la fierté des Québécois qu'un type comme Richard Marcotte, le maire de Mascouche, ne soit pas instanément destitué après tout ce que l'on a appris des médias... et des policiers.

Alors que le monde arabe est en ébullition et que les dictateurs y tombent comme des mouches, j'ai mal à ma démocratie. Le maire de Mascouche, ce n'est que la pointe de l'iceberg. Ils s'accrochent tous au pouvoir en agissant comme si la démocratie était un chèque en blanc fait à leur nom.

Mes frères et soeurs arabes y parlent là-bas de libérer la liberté. Ils ne veulent plus de la corruption. Et on ne peut pas les arrêter parce qu'il n'y a pas vraiment de chef, seulement un mouvement spontané de révolte, quelque chose comme une révolution.

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J'ai lu sur le site Internet du Courrier International la lettre  que Farid Toukhbatoulline a envoyée au dictateur de son pays, le Turkménistan. J'en reprends un extrait pour donner le ton à la lutte contre la corruption.

«Je te salue, président !


Comment vas-tu ? Pas trop nerveux ? Tu dors bien? Pas de visions de foules déchaînées qui viendraient troubler tes rêves ?

On dirait que tu n'as pas totalement confiance dans tes services secrets. Tu as raison. Certes, depuis l'époque de Niazov [l'ancien président mort en 2006], ils se sont employés à discréditer les chefs de l'opposition, infiltrer les organisations d'opposants basées à l'étranger afin de les diviser, persécuter les citoyens suspects, mais, comme tes homologues de plusieurs pays arabes ont pu s'en apercevoir, les temps ont changé. Le peuple peut se révolter sans avoir besoin de suivre un chef.(...)»

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«Le peuple peut se révolter sans avoir besoin de suivre un chef.» Facebook, YouTube, bref l'Internet, c'est tout un chacun. Ils ne peuvent plus extirper la liberté des communications entre humains, comme s'il s'était créée une forme de noosphère, pour reprendre l'expression de Teilhard de Chardin. L'influence du dictateur devient obsolète une fois que les jeunes et les moins jeunes ont compris le truc. Ils se «ploguent» sur la noosphère et, zap! le président, le député ou le maire disparaît comme par enchantement.

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Évidemment, là-bas on a le courage d'affronter des chars d'assaut à mains nues tout en montrant le torse: «vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts...»

Ici, bien que cela semble désolant, je me réjouis de savoir que je ne suis pas seul. Je participe à des manifs, ici et là, et on sent qu'on approche nous aussi du temps des fleurs.

Ça bouillonne, croyez-moi, de Mascouche à Gaspé, via Trois-Rivières.

Une belle manif sans chef, ça vous dit?

Ça vous tente de «libérer la liberté» au Québec?

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