samedi 27 janvier 2018

Le coeur et le cerveau

Je ne vois pas les choses que sous l'angle gauche-droite. Comme je ne pourrais pas voir les choses que sous l'angle de la biologie moléculaire ou bien celui de la danse à claquettes.

Je vois les choses sous mon capital de connaissances, de préjugés vaincus et, surtout, selon les plus hautes exigences de l'amour, que j'écris sans majuscule puisque je ne me réfère à aucune doctrine en particulier.

Cet amour est hautement intuitif. Peur-être subjectif. Jamais objectivé.

Voir un être humain souffrir me cause une grande souffrance.

Il m'est arrivé de me battre violemment dans ma vie d' «adulescent» qui s'est étirée jusqu'à l'âge de 25 ans. C'était des cas d'autodéfense ou de protection d'une victime d'agression. Je ne m'étendrai pas longtemps sur le sujet. Mettons, pour faire court. qu'il ne faut pas me chercher longtemps. Ni me pousser dans le bedon. Ni frapper quelqu'un devant moi. Hulk sort de mon corps et je deviens redoutable. Un vrai sauvage. Pas du tout la licorne flocon de neige pacifique inclusive qui prêche l'amour universel.

Ce qui fait que j'ai plus peur de ma violence que de celle d'autrui. Je dois la contrôler mieux que n'importe qui du fait même de ma constitution physique que je considère hors-norme sans chercher à me vanter d'une quelconque manière. Je suis une armoire à glace de 6 pieds 2 pouces, 295 livres. Mes bras sont aussi gros que mes jambes. Des bras que j'ai entraînés à nager pendant trois ou quatre heures en faisant des longueurs. Et des jambes qui ont marché d'un océan à l'autre plusieurs fois en faisant du pouce. Je peux lever des poids considérables d'un coup sec, comme Louis Cyr. Bref, j'ai plutôt l'air d'un lutteur de la WWF. Quelque chose comme George The Animal Steel. Abdoulah le Bouchard.

Et vous savez quoi? Je n'aime pas me battre. Tout sauf souffrir et faire souffrir.

Je ne me suis jamais battu sans avoir la larme à l'oeil.

Comme si je savais que cela ne se faisait pas...

Je me suis toujours excusé auprès de mes agresseurs de les avoir mis hors d'état de nuire. Excusé en pleurnichant tandis que le pauvre gars gisait au sol, assommé par le côté sombre de moi-même, mon Hulk intérieur, ma part de Mister Hyde.

Et c'est toujours le docteur Banner ou le docteur Jekyll qui gagne. L'intellectuel humaniste... Le pauvre animiste judéo-chrétien gnostique à temps partiel... L'artiste... La licorne qui veut que tout le monde ait sa part d'arc-en-ciel. Bref, le poète.

Je suis un potentiellement gros violent contre la violence.

Je ne peux pas oublier cette violence qui est en moi.

Et peut-être que j'aurai un jour ou l'autre à m'en servir pour me protéger ou protéger autrui.

Cependant, je ne me vois pas glorifier la violence, sanctifier la souffrance, bénir ces mauvaises passes de l'humanité désorientée.

Le pire drame serait encore de tuer cette part de sensibilité qui ne fera jamais de moi une grosse brute.

Ce que j'aurais pu facilement devenir.

Comme si tout m'y prédestinait: pauvreté, bagarres de ruelles, humiliations, intimidations...

Je me suis dit que le muscle le plus important c'était le cerveau. Et j'ai lu. J'avais 12 ans et j'empruntais 3 livres le matin à la bibliothèque que je rapportais le midi pour en rapporter 3 autres et ainsi de suite le soir. Je ne voulais pas devenir une grosse brute...

Je me trompais cependant.

Le cerveau a servi tellement de brutes que ce n'est pas le muscle le plus important.

Ça doit être le coeur.

Je ne le savais pas.

Maintenant, je le sais.

Oui, je sais que c'est le coeur...


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