lundi 23 avril 2018

La double vie de Jean-Claude Lallemant

La nature humaine est souvent insaisissable. Se connaître soi-même n'est pas un plus mince exploit que de connaître autrui. C'est comme ça. Et on ne peut rien y changer. La discussion pourrait s'arrêter autour d'une gorgée d'alcool en concluant que là où il y a de l'homme il y a de la veulerie. D'autres auraient dit de l'hommerie. Ça dépend qui.

N'allons pas plus loin dans l'hommerie.

Et parlons plutôt de Jean-Claude Lallemant.

D'abord, il n'est pas plus Allemand que vous et moi et, d'ailleurs, il est petit et métissé d'une espèce inconnue d'obèses aux cheveux jaunes comme de la paille.

Dans la vie, Jean-Claude passe le plus clair de son temps à vivre de l'illusion qu'il a de lui-même. Il est d'ailleurs le seul à en faire cette publicité. Les autres ne le voient vraiment pas comme il se voit lui-même. Et c'est plus qu'une question d'apparence physique quoique Jean-Claude soit aussi narcissique à ce sujet.

Voyez-vous, Jean-Claude passe ses journées à convaincre les autres qu'il est végétarien, sobre, empathique, sympathique, drôle, fort comme un boeuf, intelligent comme le kaiser Guillaume et j'en passe. Il enrobe de vanité ses propos cauteleux, moelleux, vaporeux, éthérés. Il est meilleur que les autres. Ne prend que ce qu'il y a de meilleur. N'est que la meilleure personne au monde. Et en plus, il est assis sur une grosse pile d'argent pour le prouver puisque tout ce qu'il touche, comme il le dit lui-même, se transforme toujours en réussite.

Jusque-là, on se dit bof.

Ce n'est pas le premier vaniteux qu'on aura croisé dans sa vie.

Mais ce vaniteux Jean-Claude a tout de même ce talent de pousser plus loin la définition de son identité. On croit avoir tout compris de lui et il vous donne encore de la matière à croire que vous avez vraiment affaire à quelqu'un qui est pour le moins singulier...

Jean-Claude mange de grosses tranches de steak tous les soirs, par exemple. Il n'est aucunement végétarien.

Il était cancre à l'école. Sa culture générale est un fromage gruyère. Il confond l'Afrique avec le Mexique. Il fait une faute par phrase. Il a réussi dans la vie en trichant.

Il doit sa fortune à sa duplicité qui lui attire les confidences des idiots qu'il peut plumer comme des poulets pas de tête.

Rien n'est pire pour lui que les gens vulgaires qui ne parlent que de sexe. Et, le soir, vous vous boucheriez le nez de savoir ce qu'il fait au lit...

Bref, il est fucké.

Tout le monde sait qu'il est fucké, en fait, sauf lui.

Et c'est bien ça qui est le plus fucké.





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