jeudi 30 octobre 2014

Les grandes heures du matin

Les petites heures du matin portent mal leur nom.  Ce sont pour moi les plus grandes heures de la journée. Je sais bien que l'expression fait référence aux chiffres de l'horloge. N'en déplaise à Saturne, le défilement du temps est prosaïque.  Sa roue qui dévore jusqu'à ses propres enfants ne m'intéresse pas. Il n'y a plus de temps qui tienne aux grandes heures du matin. Chiffres et comptables sont endormis et l'éternité, impossible à trouver dans les obligations du jour, s'impose d'elle-même pour la plus grande joie de votre humble rapporteur d'angles abrupts et de nouvelles qui n'en sont pas.

Aux grandes heures du matin, quand les ivrognes eux-mêmes n'errent plus dans les rues du centre-ville de Trois-Rivières, il ne reste souvent que moi seul. J'enfourche mon vélo, allume mes phares et puis pédale au doux son des pneus qui frottent l'asphalte humide. 

Octobre et novembre sont encore plus désertés que jamais par l'humanité qui souffre. On n'entend plus le vrombissement des systèmes de climatisation. On sent dans l'air la fumée du bois franc qui se consume dans les foyers.

Chaque aurore apporte son lot de paix, d'amour cosmique et d'espérances, je vous en torche un papier.