mardi 13 mai 2014

Pour défaire le mythe de l'artiste paresseux

La plupart des artistes que j'ai connus n'étaient pas paresseux. Ils étaient souvent brouillons, désorganisés et rêveurs, mais paresseux? ça non.

J'en ai vu bûcher nuit et jour sur leurs instruments pour en arriver à ce qui semble simple comme bonjour, jouer une mélodie fluide sans fausses notes, comme si cela se faisait tout seul.

J'en ai vu d'autres dessiner, peindre et sculpter comme des enragés. Leurs muscles sont saillants et, croyez-moi, ils ont des nerfs d'acier. Rien à voir avec l'image éculée de l'artiste évanescent qui sombre dans la volupté d'un rêve désincarné.

L'on ne retient en fait que le cliché de l'aspirant-artiste, de «l'artiste à ses heures». L'artiste à toute heure est pourtant le seul qui s'impose en fin du compte. L'artiste qui ne compte plus son temps et qui s'adonne à l'inutilité de l'art avec la persévérance d'un prédateur. Cet artiste-là ne peut pas être paresseux puisqu'il s'agite tandis que la grande majorité de ses congénères regardent la télé ou bien jouent à quelque chose dans ce temps où ils s'avachissent une fois libérés de leurs obligations.

Non, personne ne me vendra l'idée de l'artiste paresseux.

Personne.