jeudi 15 mai 2014

Mon côté Sauvage

J'ai beau être un Bouchard, descendant direct de Michel Bouchard né en 1635 à Andilly, près de La Rochelle, que j'ai tout de même de l'ascendance aborigène. Vous aurez vite compris que je suis un Métis.

Ma grand-mère paternelle, Adrienne Létourneau, est une Anishnabée (Algonquine) née sur la réserve mohawk de Akwesasné.

Du côté de ma mère, je ne serais pas surpris qu'il y ait des Micmacs parmi toute cette longe enfilade de Trifluviens et d'Acadiens qui se sont accouplés les uns les autres.

Je ne suis pas très généticien mais je dirais que mon côté Sauvage domine largement mon côté Européen. Ce n'est pas que je déteste l'Europe. Mais quelque chose de moi est profondément enraciné sur l'Île de la Tortue communément appelée l'Amérique, du nom d'un Européen qui croyait avoir découvert quelque chose qui avait été découvert douze milles ans avant lui par des types comme vous et moi.

Je me sens Sauvage, au sens le plus noble du terme, au sens que l'on devine sous les mots du baron de Lahontan.

Qu'est-ce qu'un Sauvage? C'est une personne flegmatique, qui ne s'énerve pas pour rien et qui méprise l'argent, le «serpent des Français» comme ils disent entre eux, les Sauvages.

On cherche la philosophie dans les livres soir et matin chez les civilisés. Chez les Sauvages, on apprend à lire le grand livre de la nature et l'on met en pratique la simplicité. La spiritualité autochtone, sobre et énigmatique, laisse même de la place au doute.

Les Sauvages kidnappés par Jacques-Cartier furent ramenés vers la cour du Roy de France. Ils n'étaient pas impressionnés par l'or, les bâtiments et autres fioritures. Ce qui les impressionnait, c'est de savoir si la chasse avait été bonne pour le Roy. Tout le reste ne leur semblait que du blingbling.

Ceux demeurés de l'autre côté de l'Atlantique considéraient les Français comme de pauvres gus qui font des milles et des milles sur l'océan pour venir remplir leurs bateaux de morue. Comment penser que ces gars-là sont riches quand ils travaillent quatorze heures par jour pour ramener du poisson de l'autre bord? Ces mêmes gens achetaient aux Sauvages les peaux de castor qui servaient de couches à leurs bébés.

-Ils nous donnent trois colliers pour des peaux qui ont servies à recueillir de la marde! Quels imbéciles!

Vous croyez que j'invente ça? Pas du tout. Je l'ai lu ici et là. Et je ne m'emmerderai pas à citer toutes les références pour ce misérable billet écrit par un Sauvage: moi-même.