Les héros, ça ne court pas tous les coins de rue.
En voilà un pour moi. Il a passé quatorze ans à se battre contre le plagiat commis par le géant Cinar envers son oeuvre. Et il a finalement gagné en cour quand tout le monde l'aurait cru depuis longtemps fichu, fini, aplati: «décroche mec, ça ne donne rien de te battre contre ces requins...»
Ben les tabarnaks n'auront pas eu sa peau.
Il a persisté dans ses recours judiciaires, le gus, et voilà qu'il remporte au moins 5 millions de dollars. Une belle montagne de fric pour leur dire fuck off ma gang d'hostie de crosseurs, le bras bien haut.
Franchement, Claude Robinson, l'auteur plagié de la série de dessin animé Robinson Sucroë, n'est pas homme à se laisser abattre.
Il fait pour moi figure de héros dans ce monde de lavettes et de casques de douche.
***
Post-scriptum du 28 août 2009:
Yves Boisvert nous démontre que l'affaire Robinson contre Cinar est un cas... isolé.
***
Post-scriptum du 29 août 2009:
Les commentaires de Claude Robinson suite au jugement: la revanche du tout-nu de Duvernay. C'est rapporté par Nathalie Petrowski.
mercredi 26 août 2009
Le chaudron de fer

Ikwé la géante voyait bien que Donakhona le gros gras faisait tourner sa cuillère dans son ragoût d'ours. Il mangeait du bout des lèvres, quand il en avait assez de faire tourner la cuillère dans son bol, puis il soupirait comme si c'était la fin du monde. C'est qu'il pouvait être enfant quand les choses n'étaient pas à son goût!
-Mange Donakhona! Mange! C'est ton repas préféré, du ragoût d'ours! J'y ai mis des bleuets et de la farine de maïs pour épaissir... Il y a même du petit sel ramené par les Français... C'est bon ce petit sel...
-Mouin... Mais ça ne bat pas un bon ragoût d'ours cuit dans l'auge avec des pierres chaudes. La viande est plus tendre et elle n'a pas ce goût de fer qui ne me revient pas...
-Ça goûte la même chose mon gros loup! C'est pareil!
-Nenon! Le ragoût d'ours cuit dans l'auge de bois, avec des pierres chauffées au point d'éclater, y'a que ça de vrai! Les maudits chaudrons de fer ça transforme la viande en résine de sapin! C'est pas mangeable! On mâche et on mâche et ça ne veut pas se déchirer!
-Si c'est pas mangeable, fais-le donc toi-même le ragoût! Pff!
-C'est pas une mauvaise idée ça... Et même que je me ferais plutôt un ragoût de chevreuil chauffé lentement avec des pierres chaudes, dans une panse d'ours. Et je ne mettrai même pas du sel des Français et autres bagatelles de luxe! Je mangerais ça comme un vrai Anishnabé!
-C'est plus facile à laver les chaudrons! Ça se laisse décrasser tout seul! À Paris, les femmes font toutes comme ça... Et j'ai entendu dire qu'elles portent de jolies robes!
-Leurs robes? Pff! Y'a rien de plus beau qu'une femme toute nue!
-Tu ne penses qu'à ça! Allez! Lâche-moi le popotin et mange ton ragoût!
-N'empêche que ça goûtait meilleur... Le ragoût cuit dans l'auge ou dans la panse d'ours... Après les chaudrons de fer, ce sera la hache, le fusil, toutes sortes de trucs fabriqués par des esclaves, en France, qui ne peuvent jamais voir la lumière du jour... Et on appelle ça la civilisation? Et ils nous disent Sauvages? Bon sang de bonsoir, moi je dis qu'on vivait bien et qu'on n'avait pas peur de se faire voler son steak avant que les Français ne viennent ici! On ne passait pas notre temps à se scalper les uns les autres! Maintenant, on ne vaut guère mieux que des esclaves... On travaille toute la journée à vider les forêts de tout ce qui bouge, juste pour satisfaire nos appétits insatiables... Oh! je n'accuse pas que les Français... C'est nous qui le voulons, le chaudron de fer, et qui acceptons tout ce qui vient avec...
-Mange ton ragoût Donakhona! Mange!
-Maudit chaudron de fer!
mardi 25 août 2009
En lisant Bernard Assiniwi

J'ai beaucoup d'estime pour feu Bernard Assiniwi, auteur de l'Histoire des Indiens du Haut et du Bas Canada, publié en trois tomes aux éditions Leméac (Montréal, 1974). Quiconque veut un tant soit peu départager les faits quant à l'histoire des événements survenus sur l'Île de la Tortue doit passer un jour ou l'autre par Assiniwi.
Tous les préjugés qu'on a pu se faire sur les Indiens s'y effritent un à un, et je ne crois pas avec le peu d'objectivité dont je suis capable que ce ne soit là que la version aborigène du «mythe du bon Sauvage», mythe que l'on retrouve chez LaHontan tout autant que chez Rousseau et Sade. Un mythe selon lequel tout ce qui est Sauvage est essentiellement noble et bon. Évidemment, ça se donnait des claques sur la gueule dans le coin, bien avant l'arrivée des Européens. Cela dit, ce n'était pas la déchéance totale non plus comme les historiens européens ont pu le laisser croire.
Quoi qu'il en soit, je demeure profondément marqué par Assiniwi ne serait-ce que pour ce seul et unique satori qui m'est venu en le lisant hier.
Il raconte dans le tome 2 de son Histoire des Indiens qu'il ne faut pas chercher ailleurs que dans la nature toute la richesse des Indiens.
Un beau paysage parle de lui-même, bien plus que n'importe quel tableau que nous pourrions brosser.
Ce qui n'enlève rien à l'artiste-peintre. Cependant, ça invite le soi-disant civilisé à un peu plus d'humilité.
L'art des Indiens était de vivre en symbiose avec le Grand Cercle de la vie. N'est-ce pas tout ce que tentent d'établir avec des mots grossiers nos environnementalistes, encore tout empêtrés de scolastique et de statistiques grotesques?
Vivre en symbiose avec la nature, c'est ça le chef d'oeuvre des Indiens.
Pas besoin de musée pour ça.
Ce qui explique pourquoi tous les Indiens sont des artistes, des gigueux, des dessineux, des sculpteux, des peigneux, des brodeux, des tricoteux, des écriveux de niaiseries, des poètes, des débrouillards comme tous les gitans d'Europe et de Pluton.
L'art n'est pas dans les musées, chez les Indiens. Ils ont tous l'art dans le sang.
Iro. J'ai dit.
lundi 24 août 2009
E'l'ciel est rosé pis les feuilles sont vartes

-E'l'ciel est rosé en batêche bonyeu de bonyenne de viârge!
-Pis les feuilles sont vartes en sacrament!
-Vartes tu dis? Plus vartes que ça pis c'est d'la salade que j'te dis moé!
-C'est pour ça que j'dis qu'i' sont vartes en sacrament les feuilles!
-En tous 'es cas! E'l'ciel est rosé en batêche. Tchèque-moé ces nuages-là! Sont-tu pas rosés en saint-cibouère, hein?
-Ben sûr ben sûr. Mais moé c'est 'es feuilles qui m'font capoter. Hostie qu'i' sont vartes!
-On dira c'qu'on voudra, c'est beau en hostie e'l'Québec.
-Moé 'e changerais pas d'place. Calice que non.
-As-tu vu ça ailleurs? Moé 'ai voyagé un peu pis e'j'peux te l'dire mon homme, icitte c'est ben mieux qu'ailleurs!
-'Ai déjà passé deux jours à Paris moé...
-Pis?
-Ben c'est cher en calice pis tu voés pas d'arbres pantoute, 'ien qu'des petits t'a'bres pis du monde qui t'réponde même pas quand tu leu' d'mandes y'oùsse qui peut ben être ton ch'min pour aller à l'hôtel ou ban don' au bar-tabac du coin... En tous 'es cas! C'est plate là-bas, j'te dis... Les deux jours les plus plates de ma vie. Pas moyen nulle part d'aller à pêche pis d'boire une bière tranquille près d'un ti-feu avec les chums... Tabarnak que j'y r'tournerais pas!
-Moé j'ai été à Old Orchard pis y'a plein d'déchets su' 'a plage. E'l'monde sont cochons en calice!
-C'est vrai en christ c'que tu dis là. Hostie que l'monde i' sont cochons!
-Icitte e'l'monde s'ramasse encore un peu... Pis en plus tu peux aller à 'a pêche, bouère une p'tite bière tranquillos, pis e'r'garder crépiter un feu, pis vouère e'l'ciel rosé pis les feuilles des a'bres qui sont vartes en sacrament!
-C't'en plein ça mon Roland.
-Hostie, on est ben au Québec pis on l'sait pas saint-calice de tabarnak!
-I drink to that!
dimanche 23 août 2009
Les enfants ne savent pas mentir

Les enfants disent toujours la vérité.
Quand ils essaient de mentir, ça paraît tout de suite. Le mensonge convient mieux aux adultes. Pour les enfants, tout mensonge est caricatural, les yeux et le menton bas, les mains derrière le dos à tracer un cercle au sol avec l'un de ses pieds. Ils se font prendre tout de suite, les enfants.
-Ah-ah! Tu essaies de m'en passer une vite mon petit poucet!
-Ne...non! dit-il en caricaturant l'attitude précitée.
C'est qu'on voit tout de suite clair dans le jeu des enfants.
Parce que les enfants ne jouent pas avec ce qu'ils observent. Ils sont la franchise même.
Quand un enfant croise un vieux rabougri ou bien un gros lard, c'est sans malice qu'ils confient le fond de leur pensée.
-Ce monsieur est laid! L'autre monsieur est gros! Pourquoi les deux messieurs puent, hein?
C'est gênant d'entendre ça, mais c'est comme ça et ça vient du fond du coeur, sinon des narines.
Avec le temps, l'enfant va finir par apprendre à ne pas dire tout ce qu'il pense.
Bientôt il ne baissera plus les yeux ni le menton.
Il dira merci quand ça lui tenterait plutôt de dire va chier.
Il ne tracera plus de cercles au sol avec son pied.
Il restera planté devant vous à vous regarder avec cet air un peu louche qui camoufle des tas de pensées, de projets, de rêves, de trucs à réaliser qui n'appartiennent plus au pays de l'enfance.
On vieillit. On devient sérieux.
Et d'autres enfants s'ajoutent, d'une année à l'autre, partout, des enfants qui tracent des cercles avec leur pied juste parce qu'ils ont mangé tout le chocolat ou bien parce qu'ils ont fait partir la laveuse avec le chien et le chat de la maison enfermés dedans.
Ah! le paradis de l'enfance...
vendredi 21 août 2009
Politiquement vôtre
Je ne vous la ferai pas tous les jours. J'essaie de ne pas parler de politique autant que faire se peut.
Cela tient presque de l'héroïsme pour quiconque me connaît un tant soit peu.
Ce n'est pas que je sois particulièrement querelleur, c'est juste que le mépris des pauvres me pue au nez. On n'a pas besoin d'avoir lu Marx pour comprendre que la lutte des classes se poursuit sous tous les putains de régimes politiques. Y'en a toujours des taouins qui cherchent à écraser les autres, pour se prouver je ne sais trop quoi, sinon qu'ils sont la honte de l'humanité.
***
Politiquement vôtre, c'est le titre de mon billet ce matin. Hou! Ça promet... Quelles conneries de gérant d'estrade je vais sortir là? Grattons un peu pour voir...
Prenons notre système politique, tiens, notre monarchie constitutionnelle travestie en démocratie parlementaire à scrutin uninominal à un tour...
D'abord, je ne changerais pas ce gruau fade contre tout ce caca stupide qui gouverne le reste du monde. On a beau crâner autant qu'on voudra, la société la plus socialiste du monde, dans le bon sens du terme, on s'en rapproche un peu. Et je dis on parce que tout ce Disneyland que je me fais dans ma tête à propos du Québec et du Canada ne provient pas de politiciens éclairés, mais bel et bien d'agitateurs obscurs qui n'ont pas craint de porter des bouts de pancartes pour que les types en cravates gouvernent du bon bord, par crainte de passer par-dessus bord.
Les mutins ont le dessus et tout ce qu'on veut, au fond, c'est un bon salaire et de quoi s'amuser. Panem et circem en quelque sorte. Du pain et des jeux. Donc, le capitaine reste aux commandes et au lieu de dire «fichtre et sapristi vous êtes des abrutis» le voilà qui dit «come on folks! have fun and get a beer!» C'est ça ou bien il crève. Et nous voilà en pleine sociale-démocratie, un système plutôt sympathique, qui ne sacrifie pas tout à fait les droits de la personne et qui permet aux pauvres de souffler un brin. Et peut-être même, ô crime des crimes pour un bourgeois qui s'achète des godemichés au sex-shop du coin, de boire une petite bière.
Ça voudrait que les pauvres n'aient que des vertus et, pleins aux as, ça ne sait pas donner l'exemple. Tu-tu-tu! Regardez la poutre qui traverse votre oeil au lieu de pitcher de la paille dans les yeux du voisin. En vérité je vous le dis, ne faites pas chier les pauvres.
***
Éric Caire, candidat au "leadershit" d'un petit parti minable de province, survivance des bérets blancs et des créditistes, propose, oh que c'est fils à papa et petit-bourgeois comme mentalité, de hausser les frais de scolarité. D'abord, qu'il y ait des frais de scolarité, ça ne me revient pas en tant qu'Indien. C'est le devoir de la communauté de soutenir l'éducation des enfants jusqu'à leur adulescence s'il le faut. D'abord, un type instruit c'est toujours bien quelqu'un de plus qui sait lire, écrire et baragouiner un peu en anglais. Tout ce qu'il faut pour faire la piastre en définitive.
Victor Hugo, dans Les Misérables, faisait dire à peu près ceci à l'évêque de Digne: l'éducation devrait être gratuite pour tous, la société paie pour les ombres qu'elle produit. C'est au tout début du roman, en haut à gauche. Je vois la page 43 ou 83... L'image mentale est un peu floue... Cela devait être dans l'édition Marabout la moins chère, achetée à vil prix dans quelque bazar du livre...
***
Quand toutes les shops ferment, on se dit que l'avenir est peut-être ailleurs.
Dans la fabrication de baguettes chinoises par exemple.
Un milliard de chinois qui mangent avec des baguettes, ça fait pas mal de monde en bout de ligne. Mettons qu'on vend ça une piastre. Un millard cash. Moins les taxes pis l'impôt pis le graissage politique. Je dis ça d'même moé-là. Z'êtes pas obligés de me suivre.
***
J'ai jamais dit que j'étais brillant. Mais on ne me fera pas dire qu'il faut payer pour l'éducation. C'est pas vrai que les étudiants sont pleins aux as. Y'en a qui en arrache. Généralement, on ne les voit pas à l'école. Ils n'ont pas les moyens d'y aller. Et il faudrait hausser les frais, rendre l'école encore plus inaccessible, tout ça pour satisfaire le mépris de petits-bourgeois fils à papa déconnectés de la société dans laquelle ils vivent? Pouah! Elles puent vos idées, gens de l'ADQ...
***
Thierry Vandal est ce grand patron de notre chère et bienaimée Hydro-Québec dont nous sommes tous et toutes, Québécois et Québécoises, les généreux et magnanimes copropriétaires. Hydro-Québec est le fleuron de notre pays. Notre sovkhose de l'électricité à bon prix que l'on vend à plus gros prix à nos voisins. On en fait du beau et bon cash avec l'Hydro.
M. Vandal, notre employé, a validé des contributions totalisant 450 000$ à deux collèges privés. Pour le collège Notre-Dame, le hic c'est qu'il siège sur le conseil d'administration du collège PRIVÉ en plus d'être un ancien étudiant. Voilà que notre employé se permet des largesses de grand prince et qu'il finance les collèges privés, alors que l'école publique manque de moyens... Il y a l'apparence d'un conflit d'intérets, pour rester poli.
Une société publique doit soutenir les institutions publiques, cela va de soi. C'est juste la grosse hostie de logique.
Cela tient presque de l'héroïsme pour quiconque me connaît un tant soit peu.
Ce n'est pas que je sois particulièrement querelleur, c'est juste que le mépris des pauvres me pue au nez. On n'a pas besoin d'avoir lu Marx pour comprendre que la lutte des classes se poursuit sous tous les putains de régimes politiques. Y'en a toujours des taouins qui cherchent à écraser les autres, pour se prouver je ne sais trop quoi, sinon qu'ils sont la honte de l'humanité.
***
Politiquement vôtre, c'est le titre de mon billet ce matin. Hou! Ça promet... Quelles conneries de gérant d'estrade je vais sortir là? Grattons un peu pour voir...
Prenons notre système politique, tiens, notre monarchie constitutionnelle travestie en démocratie parlementaire à scrutin uninominal à un tour...
D'abord, je ne changerais pas ce gruau fade contre tout ce caca stupide qui gouverne le reste du monde. On a beau crâner autant qu'on voudra, la société la plus socialiste du monde, dans le bon sens du terme, on s'en rapproche un peu. Et je dis on parce que tout ce Disneyland que je me fais dans ma tête à propos du Québec et du Canada ne provient pas de politiciens éclairés, mais bel et bien d'agitateurs obscurs qui n'ont pas craint de porter des bouts de pancartes pour que les types en cravates gouvernent du bon bord, par crainte de passer par-dessus bord.
Les mutins ont le dessus et tout ce qu'on veut, au fond, c'est un bon salaire et de quoi s'amuser. Panem et circem en quelque sorte. Du pain et des jeux. Donc, le capitaine reste aux commandes et au lieu de dire «fichtre et sapristi vous êtes des abrutis» le voilà qui dit «come on folks! have fun and get a beer!» C'est ça ou bien il crève. Et nous voilà en pleine sociale-démocratie, un système plutôt sympathique, qui ne sacrifie pas tout à fait les droits de la personne et qui permet aux pauvres de souffler un brin. Et peut-être même, ô crime des crimes pour un bourgeois qui s'achète des godemichés au sex-shop du coin, de boire une petite bière.
Ça voudrait que les pauvres n'aient que des vertus et, pleins aux as, ça ne sait pas donner l'exemple. Tu-tu-tu! Regardez la poutre qui traverse votre oeil au lieu de pitcher de la paille dans les yeux du voisin. En vérité je vous le dis, ne faites pas chier les pauvres.
***
Éric Caire, candidat au "leadershit" d'un petit parti minable de province, survivance des bérets blancs et des créditistes, propose, oh que c'est fils à papa et petit-bourgeois comme mentalité, de hausser les frais de scolarité. D'abord, qu'il y ait des frais de scolarité, ça ne me revient pas en tant qu'Indien. C'est le devoir de la communauté de soutenir l'éducation des enfants jusqu'à leur adulescence s'il le faut. D'abord, un type instruit c'est toujours bien quelqu'un de plus qui sait lire, écrire et baragouiner un peu en anglais. Tout ce qu'il faut pour faire la piastre en définitive.
Victor Hugo, dans Les Misérables, faisait dire à peu près ceci à l'évêque de Digne: l'éducation devrait être gratuite pour tous, la société paie pour les ombres qu'elle produit. C'est au tout début du roman, en haut à gauche. Je vois la page 43 ou 83... L'image mentale est un peu floue... Cela devait être dans l'édition Marabout la moins chère, achetée à vil prix dans quelque bazar du livre...
***
Quand toutes les shops ferment, on se dit que l'avenir est peut-être ailleurs.
Dans la fabrication de baguettes chinoises par exemple.
Un milliard de chinois qui mangent avec des baguettes, ça fait pas mal de monde en bout de ligne. Mettons qu'on vend ça une piastre. Un millard cash. Moins les taxes pis l'impôt pis le graissage politique. Je dis ça d'même moé-là. Z'êtes pas obligés de me suivre.
***
J'ai jamais dit que j'étais brillant. Mais on ne me fera pas dire qu'il faut payer pour l'éducation. C'est pas vrai que les étudiants sont pleins aux as. Y'en a qui en arrache. Généralement, on ne les voit pas à l'école. Ils n'ont pas les moyens d'y aller. Et il faudrait hausser les frais, rendre l'école encore plus inaccessible, tout ça pour satisfaire le mépris de petits-bourgeois fils à papa déconnectés de la société dans laquelle ils vivent? Pouah! Elles puent vos idées, gens de l'ADQ...
***
Thierry Vandal est ce grand patron de notre chère et bienaimée Hydro-Québec dont nous sommes tous et toutes, Québécois et Québécoises, les généreux et magnanimes copropriétaires. Hydro-Québec est le fleuron de notre pays. Notre sovkhose de l'électricité à bon prix que l'on vend à plus gros prix à nos voisins. On en fait du beau et bon cash avec l'Hydro.
M. Vandal, notre employé, a validé des contributions totalisant 450 000$ à deux collèges privés. Pour le collège Notre-Dame, le hic c'est qu'il siège sur le conseil d'administration du collège PRIVÉ en plus d'être un ancien étudiant. Voilà que notre employé se permet des largesses de grand prince et qu'il finance les collèges privés, alors que l'école publique manque de moyens... Il y a l'apparence d'un conflit d'intérets, pour rester poli.
Une société publique doit soutenir les institutions publiques, cela va de soi. C'est juste la grosse hostie de logique.
jeudi 20 août 2009
Debout! les damnés de la terre-heu!

Il n'y avait qu'un communiste notoire dans mon quartier pauvre comme bien d'autres quartiers pauvres.
Il n'y en avait qu'un seul et il s'appelait Charles Bordeleau. C'était un monsieur solide sur pattes au front un peu dégarni, père de trois garçons et deux filles, qui était président du syndicat de la cimenterie.
Dans une petite ville comme la nôtre, monsieur Bordeleau était ni plus ni moins l'ambassadeur de Brejnev dans le quartier. Il avait des idées bien arrêtées sur le monde. Le drapeau rouge avec la faucille, l'étoile et le marteau flottait aux balcons avant et arrière de son logement situé juste au-dessus du dépanneur Lescabeault Enr.
Ça ne faisait pas jaser tant que ça. Le petit monde du quartier ne s'intéressait pas à lire ni à écrire. Les communistes, pour eux, c'était du monde qui faisait du «porte emporte», des illuminés qui propagaient la foi et voulaient enlever la bière des frigos. Les gens du coin, en autant qu'ils pouvaient se payer du ti-coq (du poulet dans notre patois) eh bien l'affaire était ketchup. Rouge ou pas. Alors les communistes, pour eux, eh bien qu'ils mangent leur ti-coq de leur bord et tout sera tiguidou (convenable dans notre patois).
Pour nous, qui savions lire et écrire, un communiste c'était monsieur Bordeleau. Un monsieur qui faisait jouer de la musique bizarre dans le quartier le dimanche matin. Debout les damnés de la terre à neuf heures le matin, ça cogne fort en s'il-vous-plaît.
Ça nous faisait tout de même rigoler cette musique de fanfare.
Monsieur Bordeleau avait ses connexions à Moscou et il réussissait à faire venir en ville des tas de moscovites et autres avaleurs de sabres. C'était à l'époque de la série du siècle, l'épopée Canada contre la Russie au hockey. On trippait sur les Russes. On voulait goaler aussi bien que Trétiak. Et tout ce qui était russe nous disait que la technologie ne remplaçait pas la volonté. Les Russes pouvaient patiner sur de vieux patins en tuyaux et tout de même remporter la partie. C'était une leçon à retenir: la détermination du Russe.
Évidemment, nous ne savions rien encore du goulag. Monsieur Bordeleau, le seul communiste du quartier, n'en parlait jamais.
Il préférait nous faire écouter un peu de sa musique.
-Debout! les damnés de la terre-heu!
mercredi 19 août 2009
L'entrevue
Le décor était terne et les murs peints en bleu pastel, franchement, ce n'était pas l'idée du siècle. Ça paraissait jusque dans l'attitude de la réceptionniste et des deux ou trois conseillers en ressources humaines qui travaillaient là. Ils étaient tout aussi ternes et leurs yeux avaient le même éclat que ceux des poissons morts.
-Bon, ben ç'a ben l'air que c'est icitte que ça s'passe l'entrevue pour le poste de gérant du personnel...
Le candidat s'appelait Julien Archambault. C'était un gros et grand bonhomme de six pieds trois pouces qui avaient beaucoup bourlinguer aux cours des années, comme en faisait foi son cv. Il avait exercé tous les métiers, de plongeur jusqu'à gérant d'entreprise, en passant par plusieurs petits boulots de journalier.
-Pourquoi changez-vous fréquemment d'emploi? lui avait demandé une conne qui faisait office de conseillère en ressources humaines.
-Parce que dans mon temps, il n'y avait que des McJobs. On travaillait trois mois à quelque part et c'était déjà la fin de la subvention ou du contrat. Ça fait que je sautais vers une autre job. Ça prouve que je sais m'adapter à cette époque de cul, non?
En entendant le mot cul, la conseillère s'était mise à faire la moue pour marquer une forme de désapprobation. Archambault s'en calissait. Il en avait vu d'autres. Il n'allait pas se laisser impressionner par une jeune fille de vingt-six ans qui avait l'air d'en avoir cinquante-huit parce qu'elle s'habillait en matante et prenait l'air sérieux de l'incompétence crasse.
-Quelle est votre vision de la gestion du personnel, ajouta-t-elle en se foutant le crayon dans la bouche.
-Ma vision? La meilleure chose qu'il faut faire, parfois, c'est de ne rien faire. Au lieu de paniquer pour rien chaque fois que quelqu'un pète: respire par le nez, attends le lendemain, puis applique des décisions mûrement réfléchies au lieu de sauter les plombs comme un hostie d'cave!
En entendant l'expression «hostie d'cave», la conseillère sourcilla encore plus.
Archambault, nullement affecté, poursuivit.
-Ma vision du leadership est la même que celle de Frodon Sacquet dans Le Seigneur des Anneaux... Y'a plein d'hosties de taouins qui bandent sur l'anneau de pouvoir et qui se transforment en monstres juste parce qu'ils ont le droit de donner des ordres... Christ que c'est pas moé ça! Être gestionnaire, c'est servir ses employés, les aider pour accomplir leur besogne, leur trouver des moyens d'apprécier ce qu'ils font... Si vous m'engagez, la première affaire que je vais faire c'est d'essayer de rétablir la bonne humeur... Parce que j'ai entendu dire que l'employeur pour lequel je postule est reconnu pour crisser tout le monde dehors après deux ou trois mois, juste parce que personne n'aime ça travailler en se faisant engueuler par des pas de couilles et des hystériques bourrées de pilules. Donc, j'ai des couilles et je ne prends pas de pilules. Je suis le candidat idéal, quoi! La bonne humeur et la liberté, c'est bien plus productif. Je ne crois pas à ça, moé, l'excès d'autorité... Fais-toé respecter en premier et tu auras l'autorité anyway. Quand tu cries, tu fais juste prouver que tu ne maîtrises pas la situation.
La conseillère en ressources humaines ne trouva rien à redire. Elle mâchouilla son crayon en maintenant dans sa tête la ferme conviction qu'elle n'embaucherait jamais ce gus. D'autant plus qu'elle se faisait engueuler tous les jours par son patron, une ordure qui trafiquait les factures et obligeait son staff à l'appeler monsieur, gros comme le bras.
Archambault leva son cul de sa chaise.
-En tout cas, on éternisera pas cette entrevue pendant des heures. Vous savez où me trouver si vous avez besoin de moé.
-L'entrevue n'est pas finie monsieur...
-Ben oui est finie! R'garde, t'as mon cévé, ma lettre de présentation, j't'ai serré la main... Qu'est-cé qu'tu veux d'plus tabarnak? Que je danse la javanaise avec une banane dans l'cul?
-Bon, ben ç'a ben l'air que c'est icitte que ça s'passe l'entrevue pour le poste de gérant du personnel...
Le candidat s'appelait Julien Archambault. C'était un gros et grand bonhomme de six pieds trois pouces qui avaient beaucoup bourlinguer aux cours des années, comme en faisait foi son cv. Il avait exercé tous les métiers, de plongeur jusqu'à gérant d'entreprise, en passant par plusieurs petits boulots de journalier.
-Pourquoi changez-vous fréquemment d'emploi? lui avait demandé une conne qui faisait office de conseillère en ressources humaines.
-Parce que dans mon temps, il n'y avait que des McJobs. On travaillait trois mois à quelque part et c'était déjà la fin de la subvention ou du contrat. Ça fait que je sautais vers une autre job. Ça prouve que je sais m'adapter à cette époque de cul, non?
En entendant le mot cul, la conseillère s'était mise à faire la moue pour marquer une forme de désapprobation. Archambault s'en calissait. Il en avait vu d'autres. Il n'allait pas se laisser impressionner par une jeune fille de vingt-six ans qui avait l'air d'en avoir cinquante-huit parce qu'elle s'habillait en matante et prenait l'air sérieux de l'incompétence crasse.
-Quelle est votre vision de la gestion du personnel, ajouta-t-elle en se foutant le crayon dans la bouche.
-Ma vision? La meilleure chose qu'il faut faire, parfois, c'est de ne rien faire. Au lieu de paniquer pour rien chaque fois que quelqu'un pète: respire par le nez, attends le lendemain, puis applique des décisions mûrement réfléchies au lieu de sauter les plombs comme un hostie d'cave!
En entendant l'expression «hostie d'cave», la conseillère sourcilla encore plus.
Archambault, nullement affecté, poursuivit.
-Ma vision du leadership est la même que celle de Frodon Sacquet dans Le Seigneur des Anneaux... Y'a plein d'hosties de taouins qui bandent sur l'anneau de pouvoir et qui se transforment en monstres juste parce qu'ils ont le droit de donner des ordres... Christ que c'est pas moé ça! Être gestionnaire, c'est servir ses employés, les aider pour accomplir leur besogne, leur trouver des moyens d'apprécier ce qu'ils font... Si vous m'engagez, la première affaire que je vais faire c'est d'essayer de rétablir la bonne humeur... Parce que j'ai entendu dire que l'employeur pour lequel je postule est reconnu pour crisser tout le monde dehors après deux ou trois mois, juste parce que personne n'aime ça travailler en se faisant engueuler par des pas de couilles et des hystériques bourrées de pilules. Donc, j'ai des couilles et je ne prends pas de pilules. Je suis le candidat idéal, quoi! La bonne humeur et la liberté, c'est bien plus productif. Je ne crois pas à ça, moé, l'excès d'autorité... Fais-toé respecter en premier et tu auras l'autorité anyway. Quand tu cries, tu fais juste prouver que tu ne maîtrises pas la situation.
La conseillère en ressources humaines ne trouva rien à redire. Elle mâchouilla son crayon en maintenant dans sa tête la ferme conviction qu'elle n'embaucherait jamais ce gus. D'autant plus qu'elle se faisait engueuler tous les jours par son patron, une ordure qui trafiquait les factures et obligeait son staff à l'appeler monsieur, gros comme le bras.
Archambault leva son cul de sa chaise.
-En tout cas, on éternisera pas cette entrevue pendant des heures. Vous savez où me trouver si vous avez besoin de moé.
-L'entrevue n'est pas finie monsieur...
-Ben oui est finie! R'garde, t'as mon cévé, ma lettre de présentation, j't'ai serré la main... Qu'est-cé qu'tu veux d'plus tabarnak? Que je danse la javanaise avec une banane dans l'cul?
mardi 18 août 2009
Petite ville industrielle à vendre

C'était une petite ville industrielle que l'on avait installé sur un magnifique site naturel constitué d'une forêt de pins et de plages de sable fin. Évidemment, il n'y avait plus de forêt et le seul bout de plage de sable fin sauvegardée ne valait pas toujours le détour, surtout par jour de canicule, quand les motomarines et les systèmes de son crachaient le bruit à plein volume pour rendre l'expérience encore plus désagréable.
Bref, c'était une petite ville industrielle triste. D'autant plus triste que l'industrie se retirait et l'argent itou. Ce qui fait que la ville s'était transformée en terrain vague géant autour d'un petit bout de terrain vague que des promoteurs véreux avaient trouvé le moyen de mettre à leur profit avec les taxes des autres, se promettant de faire reculer les BS toujours plus loin du centre-ville, vers les blocs de béton construits spécialement pour eux près des autoroutes. Ce qui permettrait aux farceurs de faire du motomarine en toute quiétude quand ils délaisseraient un moment leur condominium avec vue sur le fleuve majestueux et cette plage minable.
Cette petite ville industrielle était reconnue pour sa puanteur dans toute la province. Et sa puanteur, selon ce qu'on entendait dire de cette ville dans les milieux dits progressistes, était autant la conséquence de l'industrie que celle des zigotos qui étaient au pouvoir, des arriérés qui semblaient tout droit tirés du film Borat.
Oui, ça sentait la merde quand on passait par là. Une odeur sulfureuse de gaz excrémentiel. Des politiques de taouins incultes et barbares qui jouaient aux grands seigneurs de la Nouvelle-France en se crissant d'aplomb des lois et des réglements. C'est pas mêlant, dans cette ville le seul espoir que pouvait avoir un opposant c'est de tomber sous la protection de l'ONU parce que tout le reste du pays savait bien que c'était une petite ville industrielle de merde qui ne valait pas la peine qu'on s'en préoccupe. «C'est des taouins dans ce coin-là. C'est normal qu'i' soèyent gouvarnés par des taouins!»
On pratiquait la prière dans cette ville, comme dans le bon vieux temps. Et comme dans le bon vieux temps les salaires y étaient plus bas que partout ailleurs. L'élite locale colportait les idées du pléistocène laurentien et ultramontain. Tout n'y était que préjugés envers les pauvres et les séances publiques du conseil municipal étaient paquetées par les partisans du maire, un type qui se vantait d'être bilingue dans une ville de taouins essentiellement unilingues qui ne savaient pas que la Floride était aux États-Unis et que l'Espagne était un pays. Ça expliquait son succès auprès des gens de peu d'éducation qui en avaient assez de se faire voler leurs jobs par des «étranges». Ils voulaient du «pro-actif», une expression surabondamment utilisée par les incultes.
Pourtant, il y avait de moins en moins de jobs, comme dans toutes les dictatures.
Et les habitants de cette ville avaient de la difficulté à se trouver des médecins parce que les médecins savent généralement lire et écrire. Et ils savent qu'ils s'emmerderaient là.
Le journal local faisait souvent l'éloge du maire. On le voyait sourire tous les jours dans les pages de la Pravda locale. C'était un petit sourire forcé. Mais un sourire quand même. Le sourire du maire... Qu'est-ce qu'on se marre...
Un ancien patron du journal était maintenant conseiller spécial du maire. Tout ce concert d'éloges s'expliquait par ce maître d'orchestre.
Tout s'expliquait dans cette ville de taouins. Tout.
Mais tout le monde s'en calissait.
Tout simplement parce que ça puait trop.
-J'finirai pas mes jours icitte ciboire! Hostie que non! se disait tout un chacun.
lundi 17 août 2009
Fin de la 40e édition du Grand Prix automobile de Trois-Rivières: encore plus de pollution l'an prochain!

Le Grand Prix automobile de Trois-Rivières est enfin terminé. Fini le bruit! Finie la pollution!
Quel est l'abruti qui a eu l'idée de faire l'éloge de tout ce qui révulse ne serait-ce qu'un iota d'une conscience écologique à peu près ordinaire? Plus de bruit! Plus de pollution! Plus de gaz carbonique dans l'air! Et tout ça en pleine période de canicule...
Hier, on entendait les hélicoptères tournées au-dessus de la piste de course.
-Tchop! Tchop! Tchop!
Puis le son strident des bolides des visages pâles qui se foutent autant de l'oxygène que des bisons.
-Rrrrrrooaaaarrrrrr! Rrrrrrrhurrrrrrr! Rrrrrrreich!
Tout ça mis ensemble ça faisait:
-Tchop! Roar! Tchop! Rhur! Tchop! Reich!
Et on entendait ça jusque sur l'Île Saint-Quentin. Jusqu'au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Jusqu'à Baie Jolie. Jusqu'au Rochon. Partout autour. Apocalype Now saint-ciboire. Avec les choppers et le bruit des mitrailleuses. La civilisation est entrée dans la jungle. Ça va saigner. Ôtez-vous de d'là. Tasse-toé mon oncle.
Les automobilistes avaient tous la rage au volant. Ça faisait crisser ses pneus à coeur joie hier. Célébrons le Grand Prix hostie, comme des hosties de morons.
-Tchop! Tchop! Tchop! Roar! Rhur! Reich!
Apocalypse Now. Christ qu'on a du fun...
Il fait chaud comme ça se peut pas et c'est là à regarder des bolides dévaster une ville au complet au nom de je ne sais trop quelle idée de sauvage.
Feu le grand chef Capitanal n'en reviendrait pas. Feu le sieur de Laviolette non plus. Même qu'il aurait un peu honte d'avoir favorisé l'implantation de ces tueurs de bison du dimanche qui massacrent tout ce qu'ils peuvent parce qu'on leur a dit que c'est bon pour vendre des hamburgers.
***
Le plus bel événement sportif de Trois-Rivières, pour moi, c'est la Classique internationale de canot. D'abord, le canot, c'est vraiment un sport. C'est écologique et ça bouge à force de bras.
Les canoteurs effectuent la descente de la rivière Métabéroutin (anciennement Saint-Maurice) jusqu'à l'embouchure, sur la belle plage de l'Île Saint-Quentin, goélands tournoyant dans le ciel bleu et immense du grand fleuve Magtogoek (anciennement Saint-Laurent).
Il y a des portages. C'est épuisant. Les gars et les filles qui font la Classique de canot sont en forme en sacrement, je vous en passe un papier.
Cet événement nous distingue vraiment puisque de tout temps Trois-Rivières a été une zone de commerce et d'échange. Et rien ne représente mieux cette idée que le canot, avec lequel s'est réalisée l'occupation du territoire par les humains.
C'est que Trois-Rivières n'a pas que 375 ans d'histoire...
Bon 10 000e anniversaire, Twois-Wivièwes!
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