mardi 30 décembre 2014

La gauche solide contre la gauche molle

La gauche molle ne nous mène nulle part. Pour paraphraser l’écrivain Jacques Ferron,  la gauche molle ne veut tellement pas faire peur aux Québécois qu’elle les conduit tout droit vers les conservateurs ou les libéraux afin qu’ils soient parfaitement rassurés.

Quand je regarde Québec Solidaire, je baye aux corneilles. J’ai du respect pour certains de ses militants, mais je vois bien que sa direction politique est molle comme de la gélatine. J’écoute parler Françoise David et je dors autant que si c’était sa sœur Hélène, la ministre libérale, qui me parlait. Cette gauche remplie de décorums, de réunions soporifiques et de parlementeries ne me parle plus depuis longtemps. Il lui manque de la vigueur et de la colonne vertébrale. Elle paralyse l’action bien plus qu’elle nous y mène.

Pierre Falardeau déclarait dans une entrevue télévisée que cette gauche-là, menée par la mère supérieure Françoise David, ne lui disait rien qu’y vaille.

-Des sandwiches au baloney pis des HLM en gyproc… On veut manger comme du monde pis on veut des vraies maisons tabarnak! chialait-il substantiellement.

Je lui accorde raison a posteriori.

Rien ne déçoit plus de la gauche que cette gauche molle, mesurée et raisonnable.

Il nous faudra encore plus d’audace pour nous débarrasser du capitalisme, cette maladie qui empoisonne le monde et nous réduit à l’état de quêteux démunis aux yeux des riches qui se croient mieux nantis pour mieux nous rire en pleine face.

Il n’y a pas de démunis, sacrement! mais des pauvres condamnés à l’injustice sociale par des bandits à cravates qui détournent les avoirs de la communauté vers ces paradis fiscaux où ils comptent se retirer après nous avoir dépouillés sans que la gauche molle n’ait levé le petit doigt.

Les démunis, c’est une perversion du langage promu par les riches. Dire d'un gus qu’il est démuni, c’est comme de lui dire qu’il n’est pas assez intelligent pour faire une piastre. Ce discours-là, je ne le tiendrai jamais. Cela prend quatre-vingt-dix-neuf pauvres pour faire un riche. Beaucoup ne l’ont pas compris parce que réfléchir c’est aussi reconnaître qu’on se fait fourrer par une poignée de crosseurs sans cœur et sans âme.

Pour retrouver cette gauche solide, il faudra sans doute créer de nouvelles alliances et présenter un front uni de socialistes qui ne seront pas soucieux de plaire ou de provoquer la chicane. Sans quoi, nous avancerons inévitablement vers nulle part en tant que collectivité.

Au lieu de réduire le programme socialiste comme peau de chagrin, je pense qu’il est temps d’affirmer haut et fort des valeurs de gauche face aux scélérats conservateurs et libéraux qui souhaitent nous mettre à genoux devant une poignée de malfrats pleins aux as.

Il est temps de reprendre la rue, les drapeaux , les pancartes et les casseroles. Il est temps de prendre le pouvoir!
Il est temps de nous doter d’une constitution socialiste, républicaine et écologique quoi qu’en disent les penseurs et acteurs de la gauche molle qui sont prêts à attendre 70 ans en autant qu’ils perçoivent leurs prébendes et autres per diem de placoteux de service.

L’année 2014 a été marquée par les scélératesses des partisans de l’austérité ainsi que par la mollesse de la gauche officielle.
L’année 2015 verra surgir de nouveaux mouvements de masse indépendants et sans chefs. Il y a des limites à se faire traîner dans la boue par des bandits à cravates fiers de leur manque d’empathie ainsi que du vol éhonté de l’argent qui devrait servir à la communauté plutôt que de frétiller entre leurs grosses fesses de bourgeois repus et insolents.

Je sais que la gauche molle est déjà dépassée et que la gauche solide resurgira à la surface d’ici peu.

Ce que nous avons vu lors du Printemps Érable 2012 n’aura l’air que d’une répétition au vu et au su du Printemps 2015.

Je prédis que les policiers, les fonctionnaires, les chômeurs et les étudiants fraterniseront dans la rue.

Je prédis que la gauche molle sera mise de côté et qu’une vraie force de gauche émergera de cette rue.

Vous croyez que je rêve? Regardez ce qu’on fait de l’austérité en Espagne, en Grèce et en Allemagne! Jamais les partisans de la gauche n’ont été aussi près de prendre les pleins pouvoirs et de chambarder l’ordre du monde capitaliste.

Le monde deviendra bientôt trop petit pour les banquiers.

Ils ne trouveront nulle part où se cacher.

Leurs paradis fiscaux et le produit de leur vol leur seront enlevés pour être redistribués à la communauté.

La justice reviendra sur cette terre qui en a bien besoin.

Le capitalisme mourra parce que ce système-là est intimement relié à une culture du déchet qui n’a jamais eu raison d’être.

Formons nos groupes, nos clans et nos tribus sans rien attendre de la gauche molle.

Formons un mouvement sans chef contre le capitalisme et les banquiers.

Devenons souverains et souveraines, chacun d’entre nous, pour changer le monde une fois pour toutes!