mardi 29 avril 2014

Vive les pauvres!

Tout le monde sait bien que les riches n'ont que des vertus..

On pardonne tout aux riches afin de mieux condamner les peccadilles des pauvres.

Un riche qui fume c'est excentrique comme un boudoir où flottent les vapeurs d'un excellent cigare cubain.

Un pauvre ne fume que du tabac d'indien dégueulasse et se fait des cigarettes avec le vieux tabac des mégots qu'il récupère dans les cendriers à la sortie des supermarchés .

Un riche boit du nectar, du champagne, de l'ambroisie, de l'hydromel...

Un pauvre boit de l'alcool frelaté qui rend aveugle et mange du pain de pauvre qui rend gros.

Un riche n'a que de hautes opinions sur les devoirs et les privilèges.

Un pauvre n'a que l'envie de tuer des écureuils sur la terre des seigneurs pour nourrir ses rejetons, fruits de sa concupiscence et de ses désirs insatiables...

Un riche, c'est un homme honnête, quoi qu'il advienne.

Un pauvre, c'est toujours un peu louche, prêt à vous voler un oeuf, un boeuf ou bien un pays.

Tout le monde sait, par ailleurs, que le pays appartient aux riches parce que les pauvres ne connaissent rien à l'argent, d'où la nécessité pour les riches de les dépouiller de cette ressource qui n'est malheureusement pas inépuisable.

Évidemment, je saute d'un cliché à l'autre.

L'essentiel à retenir c'est qu'un riche a toujours raison parce qu'il est riche. Un pauvre a toujours tort parce qu'il est pauvre. La valeur d'un homme se mesure à l'aune de son portefeuille. À moins que ce monde ne s'écroule un jour ou l'autre et que l'argent ne vaille plus rien. C'est déjà arrivé. Et je ne serais pas surpris que cela se reproduise encore.

Bien sûr que je joue au prophète de malheur, comme un pauvre parmi les pauvres, comme un esclave qui construit les pyramides du Pharaon en rêvant qu'un jour il soit englouti sous la Mer Rouge grâce à la magie de Moïse, le premier syndicaliste au monde...

Tout ça pour vous dire que j'encule le discours gnangnan des White Angry Young Men et autres larbins à la solde des riches.

Vive les pauvres!