jeudi 4 décembre 2008

C'EST LA GUIGNOLÉE! À VOT' BON COEUR!

C'est la guignolée des médias...

Je vous offre en rappel une lettre que j'ai publiée en 2001 dans La Presse, Le Nouvelliste, Le Devoir et L'Agora. Cette lettre a été désignée la lettre de la semaine par La Presse.

***

À vot' bon coeur!

Autrefois, on disait que les pauvres avaient besoin d’argent. De nos jours, on prétend qu’ils doivent se faire soigner.

Autrefois, les pauvres n’étaient pas des démunis, voire des malades mentaux… Il y avait une certaine dignité dans le fait d’être pauvre, somme toute. Le folklore populaire ridiculisait ceux qui grattaient le sou de trop près. L’avarice de Séraphin Poudrier soulevait l’indignation générale de tout un chacun.

La règle commune à tous, c’était de vivre sa misère honnêtement, sans chercher des noises à qui que ce soit. Plus d’une chaumière se dotaient d’un banc de quêteux, un endroit où le misérable pouvait passer une nuit bien au chaud avant que de repartir le lendemain pour affronter son lourd destin. Les gens donnaient aux vagabonds, sous la crainte d’être frappés du mauvais œil. C’était un devoir que d’offrir le gîte et la nourriture au quêteux qui battait la semelle d’une paroisse à l’autre.

Ce monde n’existe plus, quoi qu’il en soit.

Il a cédé la place aux professionnels de la misère humaine.

Autrefois, la charité était une relation entre deux personnes, celle qui souffre et celle qui apporte du secours.

Aujourd’hui, la charité est bien ordonnée et elle se vit par procuration : deux dollars ici et là, pour nourrir la bureaucratie ou construire des maisons de fous pour les pauvres.

Prenez un numéro, les démunis… Tournez à droite, à gauche. Remplissez le formulaire A, B ou C. Vous souhaitez vous sortir de la misère? Passez dans le labyrinthe bureaucratique… Apprenez le nouveau catéchisme de votre agent d’aide socio-économique. Faites-vous rééduquer par quelques « gentils organisateurs » qui vous nourriront de paraphrases marxistes-léninistes dans l’attente de l’avenir radieux, lequel correspond au moment où ils auront enfin les pleins pouvoirs pour commettre leurs expériences de laboratoire social…. Laissez-les faire et il y aura bientôt huit personnes pour visser une ampoule et dix autres qui pédaleront pour l’alimenter en électricité…

Assistez à des séances collectives d’éducation populaire ou bien suivez des formations adaptées au plus petit dénominateur commun... Visionnez la dernière production vidéo du ministère avec vos camarades d’infortune. Les comédiens vous expliquent, sur le ton de l’émission pour enfants Passe-Partout, que la recherche d’un emploi s’apparente à une chasse au trésor. Si vous vous tenez tranquilles pendant le visionnement, on vous donnera des friandises à la sortie. Pour le trésor, vous repasserez nous voir la semaine prochaine lors d’une nouvelle session d’intervention...

Pauvres démunis ! On leur bourre le crâne sans leur remplir les poches.

Autrefois, les pauvres n’étaient pas riches.

Aujourd’hui, les démunis sont traités comme des aliénés.

Il leur faut des camps de réinsertion sociale, des camps de rééducation ou des goulags animés par des travailleurs sociaux qui doivent forcément véhiculer les valeurs inhérentes à la Grande Idée.
Vous manquez d’argent ? Cherchez votre Moi intérieur…

Je crois, naïvement, que les pauvres ont besoin de pain et d’argent.

Je propose de démolir nos goulags.

Le Conseil du patronat devrait être d’accord avec ça…

Laissons aux cent personnes les plus riches du pays les petites productions vidéo du ministère ainsi que le devoir de ne pas vivre en Séraphin Poudrier.

Après tout, ils possèdent tout ce que les pauvres ont besoin : des bidous. Des bidous et pas de sermons, viande à chien !

À vot’ bon cœur messieurs, dames…

5 commentaires:

  1. Les plus généreux sont souvent ceux qui en ont le moins. Évidemment.

    Anyway. Ça me fait du bien de lire ça.

    Me passerais-tu un vingt, Gaétan? héhé

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  2. J'vais en parler à mes pauvres. Peut-être qu'ils voudront partager avec toi.

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  3. Si il se privait d'un repas par jour, ça lui en laisserait cinq et 365 par année pour les pauvres. Arrêtez de chaouinez!

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  4. Y'a toujours de quoi à manger pour les vagabonds d'passage par 'xemple!

    Et mes portions, même pour les invités, sont toujours gigantesques.

    Ce qui fait que je suis toujours pogné à terminer leur assiette.

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