mardi 11 juin 2019

The Handmaid's Tale ou La servante écarlate

Je viens de terminer de visionner tous les épisodes de la deuxième saison de la série télévisée The Handmaid's Tale. Et je suis secoué. Parce que cette série creuse loin, plus loin que je ne l'aurais cru moi-même.

Pour ceux qui ne connaissaient par encore cette série télé, eh bien disons qu'il s'agit d'une adaptation d'un roman de l'autrice canadienne Margaret Atwood. Le Canada s'en sort d'ailleurs fort bien dans The Handmaid's Tale et se révèle dans sa splendeur face aux menaces qui pèsent sur les droits des femmes chez notre voisin du Sud: la prison à vie pour une femme qui se fait avorter en Alabama et peut-être la peine de mort au Texas... Et ce n'est pas de la science-fiction: c'est l'Amérique dans ce qu'elle a de plus médiocre.

The Handmaid's Tale est une série créée par Bruce Miller qui met en vedette, entre autres, une Elisabeth Moss qui sait bien interpréter la révolte contenue de toutes les femmes de l'enfer climatisé du Sud du Canada.

Dans ce monde, une partie des États-Unis est tombée sous le coup d'une idéologie de merde suite à de graves catastrophes dont je vous passe le détail.

De nouveaux puritains, observant la Bible à la lettre, redonnent tous les droits à papa.

Les femmes de riches sont stériles et elles permettent à leur maître de procréer avec des servantes écarlates. Elles se font violer à répétition et leur vie est contrôlée sous tous ses aspects.

Dans ce monde de mensonges, les femmes n'ont plus aucun droit, riches comme pauvres.

Elles sont traitées comme des bibelots ou bien comme des truies reproductrices. Les autres sont envoyées dans les sites de décontamination , sans aucune protection. Elles tombent comme des mouches, totalement intoxiquées.

C'est glauque et ça fait mal, cette série.

À déconseiller pour les âmes insensibles.

Les autres y nourriront leur sensibilité pour en faire quelque chose de viable.

***

La servante écarlate est un récit de science-fiction dystopique fait froid dans le dos. Pas parce que ça pourrait arriver. Mais parce que c'est arrivé. Et que cela menace encore de se produire.

Je me suis senti mal à l'aise d'être un homme en regardant cette série.

Quoi qu'il en soit, je ne serai jamais ce genre d'hommes.

Mais j'importe peu dans tout ça.

Cet après-midi, en marchant au centre-ville, il me semblait deviner derrière chaque regard de femme une triste réalité que je n'ai peut-être pas encore su voir, même si je me targue d'être féministe.

Je voyais la souffrance, l'acceptation de l'inacceptable, le viol, la cruauté, l'usage domestique...

Je ne sais trop comment vous décrire ça.

Bien sûr, je n'ai jamais été insensible.

C'est comme si cette série me révoltait.

Comme si j'entendais ma mère me raconter ses souffrances alors qu'elle me berçait dans son ventre.

Des souffrances de femme que je n'aurai jamais tout à fait compris j'imagine.

Ma mère qui était domestique elle aussi.

Ma mère qui servait tout le monde et se servait toujours en dernier...

Comme si c'était normal.

Et puis je revois des tas de femmes.

Je réentends leurs histoires.

Je sais qu'elles sont encore menacées de se faire brutaliser par toutes sortes d'hommes qui se trouveront des raisons de mal faire. Autant dans la Bible que dans la dernière convention du Parti des Idiots qui veulent le calme dans leur poulailler.

Je sais trop bien que les droits des femmes sont fragiles.

Surtout aux États-Unis. Sans compter que ça monte vers ici avec les conservateurs. Ils pourraient rouvrir le débat sur l'avortement. Faire une entourloupette. Nous replonger dans le passé.

***

Ce soir, je vais visionner la troisième saison avec ma blonde.

Ça va sûrement nous mettre en colère.

Ce n'est pas un film d'horreur. C'est bien pire que ça.

The Handmaid's Tale est une métaphore de ce monde dans lequel nous vivons.

Un monde où les femmes ne servent qu'à servir.

Un monde où l'on décide pour elles.

Un monde qui leur demande encore de faire profil bas et de baisser les yeux.

Je reviendrai à la première saison après coup.

Et je ne vous vendrai pas le punch.



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