samedi 16 août 2014

Roméo et Juliette

Alors que le monde est en guerre je m'en veux de ne pas avoir d'opinion sage et éclairée sur la futilité ou la légitimité des combats. Je comprends que nous ne vivons pas parmi des anges. D'aucuns nous raccourciraient d'une tête pour un oui, pour un non. D'autres n'auraient besoin que d'une seule de vos phrases pour vous pendre au gibet de leur vérité.

Je reviens souvent sur l'histoire de Roméo et Juliette, comme si j'y avais trouvé une raison de me moquer de l'Histoire avec un grand H. Les Montaigu et les Capulet ont toutes les raisons du monde, par ailleurs, pour s'étriper. Roméo et Juliette se foutent éperdument des vendettas de leurs familles. Ils veulent s'aimer par-delà tous les discours meurtriers de leurs semblables. Au diable les luttes, vengeances et idées fixes des vieux cons qui ne savent que se taper sur la gueule  comme des sous-orangs-outans.

Cela dit, j'entrevois l'histoire humaine sous l'angle de Roméo et Juliette. Je pense naïvement que l'amour est plus fort que tout. J'ai depuis longtemps fait mienne cette idée dostoïevskienne: la beauté sauvera le monde.

Vous pouvez rire de vous ou de moi. Vous pouvez me montrer les armes à prendre et les vies à écraser comme des punaises. Je ne vous suivrai pas toujours. Mon salut provient probablement du fait que j'envisagerai toujours la paix comme la plus profitable des options quand on veut faire pousser des fleurs ou bien protéger des vies humaines.

Nous ne vivons pas au paradis, certes. Le monde n'est pas peuplé d'anges, bien entendu.

Aussi, j'accepterais, à la limite, que l'on utilise des armes non-létales dans le cadre de conflits sportifs ou sociaux. Je pense entre autres à la poésie. Chaque camp pourrait écrire des tas de poèmes et les gagnants mériteraient un bout de terrain. Le jury serait composé de quidams ramassés ça et là dans le monde ordinaire.

Je déconne? Pas plus qu'un type qui vous fait éclater le ventre avec une grenade.


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