samedi 10 mai 2008

Algonquin qui s'apprête à accoster sur une plage de la rivière Métabéroutin

Voilà. C'est ma nouvelle toile et elle s'intitule «Algonquin qui s'apprête à accoster sur une plage de la rivière Métabéroutin».

Je me suis largement inspiré des couleurs de Gauguin, un daltonien tout comme moi, pour représenter l'un de mes possibles ancêtres sauvages. Il y a une surabondance de couleurs primaires que j'étends sur la toile en suivant la technique dite du cloisonnement, une technique empruntée, encore une fois, à Gauguin et ses lascars de la même époque.

La rivière Métabéroutin est la nouvelle appellation de la rivière St-Maurice, suite à ma décision personnelle de l'appeler ainsi, par reconnaissance envers les Premières Nations.

Dans mon arbre généalogique, j'ai des ancêtres qui canotaient sur la rivière Métabéroutin depuis la dernière ère glaciaire.

On l'appelait Métabéroutin depuis au moins 7 000 ou 8000 ans, cette rivière. Je ne vois pas pourquoi quelques années de conquête européenne pourraient rivaliser avec huit millénaires d'histoire. Donc, c'est la rivière Métabéroutin. Et le Métabéroutin se déverse dans le fleuve Magtogoek (anciennement St-Laurent).

Je ne le répéterai jamais assez.

Avec les profondes mutations qui s'annoncent dans la société québécoise, je suis presque sûr à 100% que les noms de nos villes et rivières vont changer pour mieux refléter une nouvelle vision du passé, du présent et du futur. À l'heure où les églises ferment l'une après l'autre, ces noms de saints qui représentent nos cours d'eau auront certainement tendance à se faire remplacer.

Au fait, c'est qui St-Maurice? Et St-Laurent? Vous le savez, vous?

Ça ne fait pas plus québécois, voire canadien, que de dire plutôt Métabéroutin et Magtogoek pour désigner nos deux cours d'eau majestueux?

Quand y aura-t-il à Trois-Rivières un parc désigné en l'honneur des Magouas ou des Algonquins, ces descendants directs des premiers occupants de Trois-Rivières dont les droits historiques de propriété, inscrits sur les traités, n'ont jamais été respectés? Allez lire ce texte dans Le Devoir...

Mon histoire personnelle se confond avec celle des Magouas, puisqu'il y a un peu de tout ça dans mon arbre généalogique: Algonquin, Micmac, Acadien, Huron-Wendate, Métis-sur-Mer, Sayabec, etc. Je ne suis pas reconnu comme un Indien, au sens de la loi, ni comme un Métis. Je ne suis pas né sur une réserve. Juste dans un quartier pauvre, ce qui ressemble pas mal à une réserve, en termes de problèmes sociaux qu'on peut y rencontrer.

L'«Algonquin qui s'apprête à accoster sur une plage de la rivière Métabéroutin», sur mon tableau, vaut bien mieux que toutes ces explications inutiles.

Je m'en retourne à mes couleurs. Je vais m'en mettre un peu dans les yeux avant de revenir à mes pinceaux. Il fait soleil et je dois justement, aujourd'hui même, trouver ma place au soleil.

J'ai deux projets en préparation: une toile représentant un couple au Rapide-Plat, à St-Hyacinthe, et une bande dessinée en quatre toiles, un projet fantaisiste dont je ne vous dévoilerai pas trop les détails, pour ne pas mettre de pression supplémentaire dans mes coups de pinceaux. La pression, ce n'est pas mon fort. Je suis plutôt zen, plutôt indien, ou appelez ça comme vous voudrez.

Je suis Métis.

vendredi 9 mai 2008

MANQUE DE GRANDEUR ET MISÈRES DE LA PRESSE ÉCRITE EN MAURICIE

Les chroniqueurs que je préfère sont ceux qui ne s'en tiennent pas qu'à une seule dimension de l'existence. Ces chroniqueurs sont fort rares dans la presse écrite mauricienne. Il y avait jadis Jean-Paul Arseneault, il reste Jean-Marc Beaudoin, et puis c'est tout.

On aime ce dans quoi l'on se reconnaît, j'imagine. Moi je n'aime pas l'ennui, que voulez-vous.

Ainsi, je trouve souvent plus de matière à réflexion en faisant ma virée des blogues qu'en lisant certains chroniqueurs officiels de la presse écrite qui ne s'en tiennent qu'à une méthode pour livrer des textes soporifiques que je ne lis même pas en diagonale.

-Ah tiens! me dis-je. C'est encore l'opinion maladroite d'Untel, une opinion bardée de quiproquos et de clins d'oeil à son patron que personne ne comprend. Tournons la page... Ou plutôt, allons voir ce qui se passe dans la blogosphère aujourd'hui...

La liberté produit nécessairement de la beauté.

Il y a longtemps qu'il n'y a plus de liberté dans la presse écrite traditionnelle, en Mauricie, toute juste devenue bonne à vendre des publicités de boeuf haché mi-maigre en spécial chez Super Calice.

Les journaux de la Mauricie sont soit neutres, dans le meilleur des cas, soit inintéressants. Tu attrapes un journal au vol, à Trois-Rivières, et tu vis pleinement l'expérience de l'ennui.

Il n'y a pas le quart d'un début de poil de cul d'authenticité dans ce que je lis en Mauricie.

On dirait que tous les textes sont écrits sur commande, sans plaisir, sans passion, sans talent. Il ne reste que du métier. Et souvent, le métier n'est pas là.

On fait appel à tel zouf, propriétaire d'une quelconque brocante, pour livrer le fin fond de sa vacuité sur papier glacé ou papier journal.

C'est à qui aura le plus petit texte publié sous sa grosse photo de crétin qui n'a rien à dire.

Ce qui fait la force d'un journal, c'est la qualité de ses rédacteurs, pas la photo de ses rédacteurs...

La qualité n'y est pas, à Trois-Rivières. Tout y est mièvreries, coquetteries, mondanités, sous-entendus, vernis de culture, à peu près et académisme journalistique empoussiéré.

Les textes publiés dans la presse mauricienne ne sont plus que des prétextes.

L'emphase est vraiment mis sur le boeuf haché mi-maigre en spécial.

Évidemment, je conviens qu'un journal est une opération commerciale, que cela demande du fric, de la pub et tout le reste.

Mais si personne ne lit le journal, je ne crois pas que les pubs seront plus consultées. Aussi bien de toutes les crisser dans un publi-sac et d'oublier ces écrits fades qui dénotent le manque total de personnalité de leurs auteurs.

Ils ne manquent pourtant pas de bonnes plumes en Maurice. La presse écrite mauricienne n'est tout simplement plus capable d'en prendre. Elle a donné son coeur aux pubs de boeuf haché mi-maigre qu'on fout au recyclage aussitôt qu'on les reçoit. Un journal qui se respecte doit savoir vendre de la pub sans sacrifier sa mission, sans quoi aussi bien mettre la clé dans la porte.

La presse écrite mauricienne est dépassée par les événements et engluée dans les méthodes du passé, dont la sacro-sainte «objectivité journalistique», laquelle aurait certainement fait dégueuler Arthur London ou Günter Walraff. Ceux-là, c'était de vrais as du journalisme élevé au niveau d'un art littéraire, par respect pour le lecteur. Ils devraient servir de modèles à tous les tâcherons mauriciens qui n'ont manifestement pas la passion ni le talent nécessaires au métier.

Pour terminer, il convient aussi de se demander si le problème n'est pas ailleurs. Sont-ce les éditeurs et les rédacteurs en chef qui tiennent mordicus à ne pas créer de vagues? Sont-ce les patrons qui tiennent à publier des coquilles vides, à ne pas déranger les bourgeois de Trois-Rivières, ces deux ou trois grandes familles de culs beurrés de marde molle qui se croient au-dessus de la masse et souhaitent entretenir un climat d'harmonie entre les classes sociales pour vendre du boeuf haché mi-maigre en spécial? Duplessis est pourtant mort et enterré...

-Un journal qui dérange? Vous n'y pensez pas! Grossissez-moi cette annonce de boeuf haché et enlevez le texte de ce zouf qui dénonce un scandale d'insalubrité dans ce restaurant qui nous achète des pleines pages de pub... Congédiez-le, il a trop de talent. Et vive la pêche au poulamon!

Je me pose la question et vous laisse y répondre à ma place.

PS aux éditeurs et rédacteurs en chef de la Mauricie:

Les gens ne sont pas si caves que vous ne le croyez.

Ce que vous n'osez pas dire, cela se dit quand même et cela finit par vous nuire.
Les gens vont tout simplement chercher leurs nouvelles ailleurs.
Ils ne s'intéressent pas tant que ça au boeuf haché mi-maigre...

Autre chose: quand la pêche au poulamon n'attire personne, vous n'êtes pas obligés de mettre un
gun sur la tempe de vos journalistes pour qu'ils écrivent que la pêche au poulamon bat son plein et qu'elle attire toujours plus d'amateurs et de curieux... Prenez votre inspiration ailleurs que dans La Pravda.

mercredi 7 mai 2008

Le coût de la lecture


La vie est un roman. Je sais, vous allez dire que je copie Kundera. Et si je disais «elle est bonne la soupe» qui je copierais, hein? Franchement, on ne peut plus rien dire de nos jours sans se faire dire que c'est de Nietzsche ou Marcel Gamache, génie méconnu du vaudeville québécois.

Je ne m'étendrai pas plus longtemps sur le sujet. Je sens que je pourrais déraper.

Reprenons tout depuis le début et oublions Kundera, Nietzsche et Marcel Gamache.

***

La vie est un roman.

Je projette depuis longtemps d'écrire un roman qui a déjà un titre: Le coût de la lecture.

Le roman est tout écrit dans ma tête et j'ai même rédigé quelques ébauches.

Mais voilà, je suis trop jeune pour venir à bout de ces milliards de projets qui m'accompagneront jusqu'à ce que l'on prélève mes organes et brûle ma dépouille.

Parmi les romans en chantier, je compte quelques récits autobiographiques sur mes séjours au Yukon et au Labrador. Je les laisse encore mûrir, lentement, histoire d'y revenir un jour.

Comme je suis un peu lassé par les récits autobiographiques, je ne suis pas pressé.

Le plus difficile, en fait, c'est d'inventer une histoire à partir de rien, de créer des personnages puissants qui transcendent notre minable narcissisme.

Le coût de la lecture correspond un peu à ce besoin d'en finir avec le je, trop omniprésent dans la littérature que l'on enseigne dans nos cégeps. Je veux prendre le contrepied. Et je bûche à sortir cette foutue histoire, croyez-moi.

La vie est un roman et ce foutu roman gruge du temps de ma si courte vie, du temps que je consacrerai en moins à peindre ou à faire du fric. Donc, je ne suis pas pressé. Le coût de la lecture sortira quand il devra sortir. Et tout le monde pourra se jeter dessus gratuitement. Donc, cette lecture ne vous coûtera rien.

-Et c'est quoi le sujet? me demandez-vous.

Alors là, je vous jure que c'est complètement cinglé comme histoire.

Cela part d'une anecdote, saisie au hasard d'une discussion d'ivrognes dans un bar de Trois-Rivières.

LE COÛT DE LA LECTURE

Réal, un plombier, avait coutume de troquer des services avec ses amis. L'un d'entre eux, Antoine, avait une fuite d'eau sous l'évier de la cuisine. Il laissa les clés de la maison à Réal pour qu'il puisse aller réparer cela.

Réal et Antoine étaient des hommes moyens de gabarit idoine.

De plus, ils portaient tous les deux des pantalons de marque Big Bill, résistants aux tâches d'huile et très à la mode chez les prolétaires.

Réal, ce matin-là, était penché sous l'évier pour réparer la fuite.

La blonde d'Antoine, appelons-la Mathilda, aimait bien surprendre son homme.

Mathilda ne savait pas que Réal devait passer à la maison pour réparer l'évier.

Tout ce qu'elle voyait, c'était le cul d'Antoine, qui était plutôt celui de Réal.

Donc, Mathilda lui ramassa le paquet d'aplomb. Réal en fût si surpris qu'il se fracassa le crâne sous l'évier et perdit conscience dans une mare de sang.

Mathilda, constatant avec effroi tout ce sang giclant du caillou chauve de Réal, composa immédiatement le 911.

Mathilda et Antoine habitaient au deuxième étage d'un bloc à six logements.

Or, les ambulanciers échappèrent malencontreusement Réal dans l'escalier suite au fou rire qui s'empara d'eux lorsque Mathilda leur raconta qu'elle croyait que Réal était son mari et qu'elle lui avait ramassé le paquet par erreur...

À la fracture du crâne s'ajoutèrent donc de multiples fractures du bassin, des jambes, des bras, alouette.

C'est là que commence vraiment mon roman Le coût de la lecture, à l'hôpital, alors que Réal le plombier n'a plus rien d'autres à faire que de lire.

Et il lira tout, en moins de neuf mois, accouchant d'un magnifique cerveau de super intellectuel défiant tout sur son passage...

Le plombier Réal deviendra un super héros des arts et des lettres. Désormais il délaissera la plomberie pour se consacrer à l'écriture d'un roman qui s'intitulera Le coût de la lecture...

Dois-je poursuivre ma rédaction? Cela reste à voir.

mardi 6 mai 2008

La foi n'est rien sans la charité

Je ne suis pas chrétien, pourtant je trouve quelque sagesse à cette épître de Paul de Tarse aux Corinthiens: «Mes frères, quand je parlerais toutes les langues des hommes et des Anges mêmes, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, et que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est douce ; la charité n'est point envieuse, elle n'est point téméraire et précipitée, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle n'est point ambitieuse, elle ne cherche point ses intérêts ; elle ne pense point le mal ; elle ne se réjouit point de l'iniquité, mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout.»

C'est un peu long, je sais. Malgré la bondieuserie qui découle du reste de cette épître, il n'en demeure pas moins un peu de sagesse. Si j'en trouve dans les contes zen, il doit bien s'en trouver un peu chez les chrétiens, malgré tous les préjugés défavorables que j'ai hérités des messes assommantes de mon enfance et des cours d'histoire.

La foi et l'espérance ne sont rien si nous n'avons pas la charité. Autrement dit, si je comprends bien Paul, si tu ne fais que feindre des airs religieux sans jamais rien donner ni vraiment pardonner, eh bien tu es dans le champ en sacrement.

Pour un bon chrétien, si je me fie à ce que dit Paul, il faut que la charité passe devant tout. Christ! que ce précepte n'est pas suivi... Les pharisiens que dénonçait Jésus sont revenus dans sa secte sous une autre forme. La nature humaine étant ce qu'elle est, un ramassis de créatures sortant à peine de l'âge ou l'on ne se décrotte plus le nez à table, il est normal que tout un chacun feigne d'avoir de la religion, de la foi ou de l'espérance. Je n'ai pas connu Jésus, mais je comprends grosso modo qu'il préférait la compagnie des crottés, des pêcheurs et des percepteurs d'impôts à celle des pharisiens, ces sépulcres blanchis qui se pensent bons et qui ne sont que de la merde dans un bas de soie, pour reprendre une expression de Napoléon suite à sa rencontre avec l'aristocrate Charles-Maurice de Tayllerand-Périgord.

Évidemment, je ne veux pas vanter ici un tempérament comme celui de Napoléon. Mais que voulez-vous, je suis amateur de bons mots. Et la merde dans un bas de soie, ça décrit un type humain en moins de deux.

Revenons à la charité.

Qui donne vraiment?

Je ne veux pas des noms... Quand il y a un nom, ce n'est plus un don mais une campagne de publicité.

Je reformule ma question: qui donne vraiment sans se nommer?

Il y en a. Et je ne vous dirai pas leur nom.

Quelques indices: ils ne sont pas nécessairement chrétiens mais certains le sont.

La foi n'est rien sans la charité.

Donner un pain en rajoutant un chapelet ou un petit livre de Mao par-dessus ça manque de classe en tabarnak.

Donner en réclamant du bénéficiaire qu'il se fasse photographier, interviewer et bombarder tous azimuts par des caméras de tous types, alors là c'est juste de la calice de bouette.

Êtes-vous charitables? Donnez-vous sans rien réclamer en retour?







LE DROIT DE TOUT OSER


« Comment voyez-vous cet arbre ? Vert? Mettez-donc le plus beau vert de votre palette; et cette ombre? Plutôt bleue? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. »

« Ne copiez pas trop d'après nature. L'art est une abstraction. »

« Vous connaissez depuis longtemps ce que j'ai voulu établir : le droit de tout oser.»

C'est tiré de la plume de Paul Gauguin. Vous trouverez le texte complet sous le titre suivant: Oviri, écrits d'un sauvage.

Le texte devrait être disponible gratuitement quelque part sur l'Internet ou bien à la bibliothèque publique de votre région.

Gauguin se fout depuis longtemps des droits d'auteur. Un siècle après sa mort, il ne reste pour Gauguin que des droits de hauteur. Il s'élève encore, l'artiste, non pas en termes d'unité monétaire, mais en termes d'humain s'adressant à d'autres humains par des moyens qui transcendent sa condition de bête ne se limitant qu'à combler des besoins rudimentaires.

Gauguin peignait tandis que d'autres baillaient.

Je ne veux pas dire qu'ils baillaient à cause de Gauguin.

Je n'affirme qu'une vérité crue: il y a plus de gens qui se contentent de bailler qu'il n'y a de gens qui se consacrent à un art, quel qu'il soit. C'est dans la nature des choses, que voulez-vous.

Le trompettiste Louis Armstrong racontait qu'il se demandait combien de spectateurs pouvait comprendre quelque chose à la prouesse technique que peut représenter l'exécution d'un morceau particulièrement difficile.

Combien de spectateurs comprennent vraiment la musique? Beaucoup diront qu'ils ont l'oreille musicale, mais l'ont-ils vraiment? Il n'y a qu'à les entendre chanter... La bouche n'est pourtant pas très loin des oreilles.

Enfin, ce que je veux dire c'est que l'art pour Untel, c'est juste une affaire parmi tant d'autres.

Ce morceau de Louis Armstrong pourrait être considéré comme un simple bruit.

Cette toile de Paul Gauguin ne pourrait être que le barbouillage d'un zouf qui ferait mieux de s'adonner à un métier sérieux.

Bref, une chance que les artistes forment une seule et grande famille de zoufs pour ne pas trop dépérir dans l'indifférence générale.

UNE NOUVELLE TOILE

J'ai terminé une nouvelle toile que je ne suis pas en mesure de vous présenter ici ce matin.

J'ai toute une technique pour prendre mes photos.

Il faut, d'abord et avant tout, qu'il fasse soleil et que ma blonde soit là pour m'aider.

Je vais sur ma galerie avant avec ma toile. Je l'accote sur le barreau de galerie pour mieux l'immobiliser tandis que je la tiens d'une main. Et c'est là que ma blonde intervient. Elle prend la photo tandis que je tiens la toile. Une minute plus tard, le monde entier peut la voir illico.

Si j'étais moins cheap, j'utiliserais un trépied pour appareil-photo, m'équiperais d'un studio ou bien confierais ce travail à un grand du domaine de la photo... Quand je vendrai dans les six chiffres par année, j'y penserai sans doute.

Pour le moment, l'art me permet de rêver sans que le rêve ne s'évapore. C'est comme si j'avais cette faculté de cristalliser mes rêves sous forme de coups de pinceau. Au fond, je suis gâté par la nature. Je ne pourrai jamais m'ennuyer.

Ma nouvelle toile représente un Algonquin qui s'apprête à accoster sur une plage de la rivière Métabéroutin. Elle s'intitule Algonquin qui s'apprête à accoster sur une plage de la rivière Métabéroutin...

Je me sentais inspiré par Gauguin. Mon Algonquin fait un peu Tahitien...

Surveillez mon blogue. Mon nouveau tableau sera affiché ici avant la fin de semaine, promis.

Mon tableau en cours représente un couple couché sur l'herbe dans le secteur du Rapide plat, à St-Hyacinthe.

Je prépare aussi une bande dessinée sur toiles. Je vais peindre quelques petits tableaux qui formeront une bande dessinée. J'ai besoin de m'éclater dans la peinture, voyez-vous.

Je suis disponible pour des projets spéciaux au printemps: murales, tableaux, bandes dessinées, etc. Faites vite car je suis en train de remplir mon carnet de commandes. Je ne peux pas être partout à la fois. Mais quand je suis là, je suis là. Et en plus, je suis un fin causeur qui a le sens de l'écoute, ne serait-ce que par politesse. Avec moi, votre argent n'est jamais dépensé pour vous ennuyer, c'est déjà ça de gagné.

Pour finir, je vous emporte au royaume des fleurs, aux Marquises, avec Jacques Brel et Paul Gauguin. Ça semble tellement beau là-bas que ce n'est pas étonnant que Gauguin et Brel aient choisi cette île pour y crever.

lundi 5 mai 2008

IL Y A UNE JUSTICE ICI BAS

J'ai lu cette nouvelle ce matin en me disant qu'il y avait peut-être une justice en ce bas-monde.

Comment peut-on dénigrer des personnes au travail dans l'exercice de l'autorité? Ici, il s'agit d'un propriétaire de restaurant qui traite une serveuse de «vieille» en lui disant de prendre plutôt le linge de sa fille pour avoir l'air plus jeune. Cela va lui coûter 4000$ pour apprendre à vivre. Il s'en tire à bon compte. Les personnes qu'on insulte comptent parfois parmi leurs proches des gens qui prônent la justice expéditive, c'est-à-dire le bon coup de poing en pleine face. En pareil cas, j'aurais tendance à fermer les yeux et à dire que je n'ai rien vu. Je suis trop bon, que voulez-vous...

Les sales types qui se croient les Kings of the World et insultent tout un chacun sont généralement des pleutres impuissants qui ont besoin de faire souffrir les autres pour se donner un peu de puissance artificielle.

L'État, c'est-à-dire le peuple dans le cas qui nous préoccupe, ne sera jamais assez sévère avec ce genre d'individus qui se permettent de plonger des vies en enfer pour combler leur ridicule sentiment d'impuissance, comme le geôlier freluquet dans le film La ligne verte, celui qui fait le brave devant des personnes sans défense et chie dans son froc devant de vrais hommes.

Ce type qui traitait une serveuse de vieille n'était pas un homme.

Il mérite cette trop gentille amende. Crache 4000$ monsieur le pas brave qui insulte une femme... Asti de pas de couilles...

Bravo à cette serveuse qui s'est tenue debout et qui a fait progresser considérablement les droits des travailleurs et des travailleuses.

Maintenant on sait que ça vaut au moins 4000$ insulter un employé. Comme d'autres se sont probablement faits insulter, il y a toujours plus d'argent en jeu. Mettons vingt anciennes employées qui viendraient réclamer leur 4000$ et qui pourraient y avoir droit compte tenu de ce précédent. On est rendu à 80 000$. Tout ce qu'il faut pour conduire un malotru vers la faillite.

Monsieur the King of the World va s'en aller avec sa bite molle entre les jambes.

Il y a une justice en ce bas monde.

Il n'y a qu'en ce bas monde qu'il peut y avoir une justice.

Comme l'écrivait La Boétie, dans son fameux Discours sur la servitude volontaire, la force d'un tyran vient du fait que tout le monde est à genoux devant lui. Qu'un seul se lève et son pouvoir s'efface instantanément. Il faut créer un rempart d'hommes et de femmes debout contre les tyrans qui pointent leur nez, ça et là, dans la vie de tous les jours.

L'ÉDUCATION DES SAUVAGES

Je suis d'accord avec les conclusions auxquelles arrivent Louise Leduc pour cet article paru dans la Cyberpresse. Les enfants des Autochtones doivent dormir en toute quiétude dans leurs familles et non chez les Blancs. Certains Autochtones, comme certains résidents des quartiers pauvres, manquent tout simplement d'éducation, quelle qu'elle soit. On laisse grandir les pauvres comme des quenouilles, le bord du fossé, sur les autoroutes.

Un des problèmes majeurs, dans un cas comme dans l'autre, c'est toujours le manque de ressources scolaires. L'État offre parfois le seul endroit où il soit possible pendant huit heures de traiter tout le monde sur un pied d'égalité. Cela dit, notre modèle d'enseignement comporte des failles, dont la plus grande est sans doute le manque de ressources pour détecter des maladies toutes bêtes comme la dyslexie, entre autres. Notre mode conventionnel d'enseignement ne fonctionne pas pour un dyslexique, comme pour un aveugle. Ce n'est pas que l'un et l'autre manquent d'intelligence. Ils doivent apprendre en tirant profit de leurs forces. Et notre culture fondée sur l'écrit ne convient pas a priori pour un aveugle ni pour un dyslexique.

Je progresse dans ma lecture de La galaxie Gutenberg de Marshall McLuhan. Malgré le ton platement universitaire de l'ouvrage, il s'en dégage pas moins des éléments de réflexion intéressants pour mieux comprendre les modes de transmission du savoir dans une culture sans alphabet comme dans une culture alphabétisée. La culture des pauvres est toujours tenue à l'écart de l'alphabet. Mon grand-père maternel était un analphabète d'ascendance française, micmac et algonquienne. C'était loin d'être un idiot. Sa connaissance du monde passait par d'autres voies. Peut-être qu'il était dyslexique. Il n'y avait pas d'orthopédagogues dans les années '20.

Il y en a de nos jours, des orthopédagogues, mais il en faudrait plus. S'il y avait plus d'orthopédagogues je soupçonne qu'il y aurait moins de monde dans les prisons. La voie qui mène à la prison débute par le décrochage scolaire. Le décrocheur, qu'il soit Blanc ou Autochtone, s'en va au gré du vent dans un monde qui ne lui fera pas nécessairement de cadeaux. Il n'a pas eu accès au savoir et tient la loi pour une vague punition scolaire.

L'école est le lieu ultime de la solidarité pour une société vraiment démocratique.

C'est là que tout peut et doit se jouer.

CONNAISSEZ-VOUS LES IKS?

J'ai longuement réfléchi sur l'impact négatif que peut avoir une civilisation conquérante méprisante envers une civilisation vaincue et traiter comme telle.

Le meilleur livre que j'aie trouvé pour mener mes réflexions, eh bien je dirais que c'est Les Iks - Survivre par la cruauté en Ouganda, de l'anthropologue Colin Turnbull.

Les Iks sont une tribu d'Ouganda qui n'ont connu la civilisation moderne que dans le tournant des années '40.

Avant l'arrivée de la civilisation moderne, les membres de cette tribu vivaient dans des huttes placées en cercle. L'ordre et la sécurité régnaient dans cette structure sociale fondée sur des rituels où apparaissaient aussi des formes connues de gentillesse et de politesse. Dès que le monde moderne a touché les Iks, tout est devenu progressivement un enfer au sein de cette communauté.

L'alcool et l'argent ravagèrent, en moins de dix ans, la tribu des Iks.

Désormais, les huttes étaient construites à l'écart l'une de l'autre, chacun vivant dans la crainte d'être volé par un autre membre de la tribu pour qu'il aille s'acheter de la boisson.

Le taux d'infanticide augmenta.

Les vieillards furent délaissés, alors qu'avant l'on prenait soin d'eux.

Dix ans et cette tribu était enfin civilisée...

Je ne prétends pas faire renaître le mythe du «bon Sauvage» de Jean-Jacques Rousseau. Il y a des trucs qui ne me reviennent pas dans tous les types de modèles sociaux, même les plus primitifs.

Cependant, les faits ne trompent pas.

Les Iks sont passés d'une société qui prenait soin de ses vieux à une société de caves qui ont peur de se faire voler et laissent crever leurs vieux dans la solitude, pour mieux jouir tout seul de son côté, avec sa boisson ou ses breloques.

Il y a franchement un hic.

Vivement les Iks d'antan.

Nous étions guerriers
, nous étions Iks, j'étais algonquin...

Kwé kwé.

dimanche 4 mai 2008

ON EST CE QUE L'ON LIT?


«On est ce que l'on mange», écrivait Jean-Anthelme Brillat-Savarin dans Physiologie du goût, un livre incontournable pour tout amateur de gastronomie.

Je vais paraphraser Brillat-Savarin pour parler de la lecture: on est ce que l'on lit.

La nourriture, pour Brillat-Savarin, doit être élevé au niveau d'un art. Il y a des principes de base à connaître pour la cuisson des viandes, la présentation des fromages, la succession des vins, etc.

De la bouffe ce n'est pas de la gastronomie. Ça comble un besoin élémentaire, mais ça ne vous conduit pas vers la jubilation entourant un bon repas préparé avec finesse en tenant compte que ça doit aussi être digéré par un organisme vivant, et non pas par une bétonneuse.

Brillat-Savarin n'aurait certainement pas mangé une tranche de baloney. Je sais qu'il faut écrire saucisson de Bologne en français, mais c'est insulté les Bolognais que d'associer cette nourriture à chien à de la bouffe. Baloney ça rapproche plus de l'usine où l'on produit en série ce mastic carné synthétique.

«On est ce l'on mange.» Je veux bien croire qu'on n'a pas toujours le choix de décider ce que l'on mange. Cependant, n'importe quel imbécile devrait savoir faire la différence entre des langoustines à l'ail et du baloney en termes de raffinement spirituel associé à l'acte de manger.

À moins que cette personne n'aime pas le poisson.

Alors, qu'elle mange du baloney. Je m'en tape.

On ne se privera pas des fruits de mer à cause de ceux qui n'aiment pas le poisson, les épices, l'ail, les oignons, le brocoli, les pois verts, le piment, bref de ceux qui n'aiment vraiment que le baloney.

Mangez-en du baloney. Mangez un char de baloney.

ON EST CE QUE L'ON LIT?

Où en étais-je?

Ah oui! On est ce que l'on lit...

Je lis Les Relations des Jésuites en ce moment. J'ai le tome 1, qui relate les débuts de la Nouvelle-France. C'est la seule source écrite disponible pour mieux connaître certaines cultures autochtones presque disparues, dont celle des Iroquois et Hurons-Wendates.

Cette semaine, je suis aussi plongé dans Voyages of Peter-Spirit Radisson. C'est disponible sur Internet par le biais du projet Gutenberg. Le célèbre aventurier Pierre-Esprit Radisson a écrit ce livre dans un anglais approximatif qu'il faut lire à haute voix pour comprendre quelque chose. Il écrit en anglais comme quelqu'un qui pense en français. Radisson est une légende de Trois-Rivières qui est aussi la plus grande figure historique du Canada.

Si je me fie à ma maxime, empruntée de Brillat-Savarin, je suis donc un lecteur de récits historiques. Paf! En plein dans le mille.

J'emprunte un raccourci pour parler de ma maxime parce qu'au fond de moi je n'y crois déjà plus.

Ça ne colle pas du tout.

J'ai perdu tout ce temps à défendre une paraphrase que je suis déjà prêt à renier.

On est ce que l'on lit?

Voyons donc!

Et si je me mettais à lire Hitler, dans le cadre d'études historiques ou par simple curiosité intellectuelle, est-ce que je serais Hitler?

Pas du tout.

J'écris encore des conneries.

Juste pour passer le temps.

J'espère que ça vous amuse.

Et ça, ça vous amuse aussi?

Et ça?

vendredi 2 mai 2008

Fafineux


Alors qu'ailleurs on serait aux anges de manger une simple poignée de riz, ici on passe ses journées à vanter les mérites ou les démérites de tel ou tel aliment, comme des fafineux, une expression de ma mère qui n'existe dans aucun dictionnaire.

Fafiner
, c'est piquer du bout de la fourchette les aliments en adoptant un air dédaigneux. Ou bien c'est se décrotter le nez, je ne sais plus trop. Ma mère ne s'est jamais expliquée là-dessus et ne le fera probablement pas.

Je fafinais à table et nous fafinons tous, comme des gras durs, à parler du brocoli, des pogos, du steak de botte, etc.

Le contraire de fafiner, j'imagine, ce serait de dire mange et ferme-la en un seul mot. Je propose tagyeul.

Bref, t'as pas le choix. Aujourd'hui c'est une poignée de riz, demain c'est un rognon bouilli, on ne fafine pas asti. On mange ce qu'il y a sur la table. Comme tout le monde. C'est bon pis c'est rempli de vitamines.

Quand je pense nourriture, la première odeur qui me vient au nez c'est le fumet du steak haché rôti dans la poêle avec des oignons. C'est l'odeur du quartier Notre-Dame-des-Sept-Allégresses où j'ai grandi à Trois-Rivières. En me promenant à travers les rues et ruelles du quartier, il n'y avait que l'odeur des frites pour rivaliser avec le steak haché.

Heureusement que ma mère était gourmande et curieuse en matière de nourriture. Cela nous a permis d'avoir de la variété, des fruits, des crudités, des céréales Capitaine Crounche et de puissantes briques de cheddar Descôteaux achetées à l'ancien marché public du centre-ville, à Trois-Rivières.

Chez-nous, ça sentait la tarte au sucre plus que le steak haché et les frites.

Le steak haché et les frites c'était le repas hebdomadaire de mon père. Il avait appris à cuisiner ce mets et s'en tenait à cela par prudence.

Mon père excellait aussi à faire un gâteau qui pesait vingt livres. C'était un gâteau de son invention, essentiellement huit ou neuf oeufs malaxés longtemps avec une livre de beurre. On en mangeait un morceau et on était plein. Ma mère n'aimait pas ce gâteau: c'était du mastic selon elle. Pour moi, c'était un régal. C'était solide, pesant comme un steak.

Hormis chez-moi, avec les gâteaux et les tartes qui étaient enfournés presque tous les jours, cela sentait juste le steak haché aux oignons frits dans le quartier.

Cette odeur a changé un peu vers le milieu des années '70 avec l'arrivée de mes potes les Vietnamiens et les Cambodgiens. Enfin la haute gastronomie faisait son apparition dans le quartier. Les aliments exotiques, comme les brocolis, les kiwis et les numéro 23 pour deux personnes allaient bientôt apparaître dans le secteur. Bientôt, j'allais troquer les cretons contre la soupe Won Ton.

Mon grand-père Rodolphe, qui est mort un an avant ma naissance, ne mangeait pas de spaghettis. La sauce à spag, pour lui, c'était du «chiard». Pas question de lui en faire manger. Il n'aurait pas mangé de Chow Mein non plus.

Bûcheron un temps, Rodolphe aimait manger solide: du lard, des cretons, du steak haché, des rognons. La nutrition n'était pas encore une science populaire. On formait des Louis Cyr à la grandeur du Québec avec de la viande. Nous étions au pays de la viande, un pays plus grand que l'Europe, une poignée d'habitants, une multitude d'animaux succulents, plus de terre pour la chasse que pour l'agriculture. C'était la coutume du pays d'être viandu.

Le grand-père est mort dans la cinquantaine. Le coeur a flanché.

L'arrivée des Vietnamiens et des Cambodgiens dans le quartier aura peut-être contribué à rallonger ma vie. Dès lors, je me suis mis à aimer les légumes, le riz, les nouilles, les noix, bref la base de l'alimentation asiatique qui produit des centenaires en forme à la tonne.

Je sais que c'est un préjugé favorable et je n'ai pas honte de l'avoir. Ils sont venus nous sauver des cretons trois fois par jour et du roastbeef pour dessert.

Ils ont eu plus d'influence sur l'alimentation générale des Trifluviens que des millions de discours de nutritionnistes. Nutritionniste: ça sonne poulailler me semble... Un élevage d'humains... Bon, me voilà encore à dénigrer une profession honorable. Je suis mieux d'arrêter ici.

jeudi 1 mai 2008

Qu'advient-il du 1er mai?

Je trouve dommage que l'autoritarisme des communistes aient tant nui aux commémorations des conquêtes historiques des travailleurs et des travailleuses pour la reconnaissance de leurs droits. Le 1er mai n'appartient pas aux communistes. Le 1er mai appartient aux travailleurs.

Il n'y a pas de honte à souligner le 1er mai. Au contraire, il n'y a que de la dignité. Je ne suis pas un communiste, mais cette fête me tient à coeur, peut-être parce que l'on n'a pas besoin d'avoir lu Karl Marx pour comprendre que les travailleurs se font fourrer, souvent, parce que le pouvoir sans partage provoque toujours des formes plus ou moins raffinées de despotisme. Ils se font fourrer à Cuba, au Canada, en France, aux États-Unis, à Ste-Clothilde-de-Horton, partout. Et c'est parce qu'ils se font fourrer partout qu'ils devraient s'accorder une journée commune dans l'année pour rappeler aux maîtres de ce monde que le monde a bien changé.

Sur l'Internet, aucun des média majeurs du Québec ne souligne le 1er mai aujourd'hui. Rien dans Cyberpresse. Rien dans Le Devoir. Rien dans Canoe. C'est une journée comme les autres. La Fête internationale des travailleurs n'existe plus.

Je le redis: je ne suis pas communiste. Je considère les choses de bas en haut plutôt que de gauche à droite. Bob Dylan aurait dit la même chose en 1964, écrivait Martineau cette semaine. Ça m'a un peu déçu. Jusqu'à maintenant je croyais que j'étais le seul sur terre à avoir dit cela. Difficile d'être original.

Quoi qu'il en soit, je redis que l'on n'a pas à avoir honte de célébrer le 1er mai.

Ce n'est pas la fête de Castro ou Mao.

C'est la fête des travailleurs.