mardi 29 janvier 2008

AIR BÊTE (BIS)

Je suis enfin revenu à la maison après avoir failli, une fois de plus, de me faire heurter par une automobiliste au volant d'une Jeep. Personne n'a été tué puisque j'ai reculé d'un pas sur le trottoir pour laisser le champ libre à la poufiasse qui a pris sans sourciller son autorisation de tourner à droite sur un feu rouge, qu'elle a pu interpréter comme l'autorisation de frapper un Peau-Rouge pâle comme moi...

C'est bête à pleurer de constater combien les gens sont stupides, surtout quand ils sont au volant. Je dois constamment marcher en pensant pour eux, comme s'ils étaient trop nuls à chier pour se conduire à peu près raisonnablement, bref de se conduire comme nos amis de l'Ontario, par exemple, qui ont ce chic de laisser passer les piétons, preuve incontestable de gentillesse, ce que les lois n'apportent pas dans le tempérament d'un automobiliste. Les lois ne créent pas de la gentillesse. C'est inné.

Il est bien là le problème. Il est déjà clairement écrit qu'il faut accorder la priorité au piéton quand il traverse la rue à une intersection. Le hic, c'est que plusieurs automobilistes du Québec ne sont pas gentils. Ils se foutent de la loi. Et ils vous tueraient, en bayant aux corneilles, plutôt que de ralentir devant un bipède, quel qu'il soit.

Vous comprendrez, je l'espère, que je déteste viscéralement la culture associée à l'automobile.
Certes, je fais du ressentiment en ce moment.

Je viens juste d'éviter une Jeep. Hier c'était une je-ne-sais-pas-trop-quoi, une vieille minoune avec un auto-collant X Liberté. Demain, ce sera quoi, un autobus?

Les chauffards d'autobus aussi sont à craindre. Quoique j'en connaisse un qui donne l'impression d'être un chauffeur de limousine, le type zen qui a compris qu'on peut chauffer un autobus municipal tout en ayant de la classe. Je vais envoyer un courriel à la STTR pour le remercier, tiens. Des types comme lui méritent d'être honorés. Ils sauvent la face d'une compagnie quoi.

Je déteste la pollution automobile, bien sûr, et je rote aussi fort que je peux quand on me parle de courses automobiles... Franchement, j'ai l'air bête de parler ainsi des automobilistes mais, christ, je suis un peu tanné de risquer ma vie à tous les jours à chaque coin de rue, juste parce qu'à Twois-Wivièwes le monde conduit comme des caves.

En passant, vous ne trouvez pas ça con de vivre dans une civilisation où les gens s'enferment dans des blocs de béton pour respirer de l'air pur? C'est-ti moé qui est fou où il y a quelque chose qui cloche?

Asti! J'peux bien avoir l'air bête...

AIR BÊTE

À LCN ce matin un docteur de la Fondation des maladies du coeur a déclaré qu'il y avait un lien entre la pollution atmosphérique et les maladies du coeur. Je l'avais déjà deviné et vous aussi.
Ça ne prend pas la tête à Papineau ou à Jimmy Hendrix pour comprendre ça. Il n'y a qu'à respirer un bon bol de pollution hors de la maison pour comprendre que le coeur n'est pas fait pour respirer cette merde ambiante produite par les automobiles, les camions, les usines, etc.
Depuis qu'on ne peut plus fumer en-dedans des édifices publics, on pourrait presque croire que c'est le meilleur endroit pour respirer de l'air pur.
Est-ce brillant qu'on en arrive à tenir des discours où l'on conseille aux gens malades du coeur de faire de l'activité physique en-dedans, dans un gymnase, pour ne pas s'empoisonner au-dehors?
Est-ce brillant qu'on en arrive à porter des masques, au centre-ville de Tokyo par exemple, pour ne pas s'asphyxier?
Est-ce brillant de ne pas pouvoir se baigner dans l'eau du fleuve ou de la rivière qui coule à trois minutes de chez-soi?
Non, ce n'est vraiment pas brillant.
Polluez, c'est comme se pisser dessus.
Un moment donné, on devrait apprendre à devenir propre...

Je marche et prends l'autobus régulièrement pour mes déplacements. Je ne suis pas meilleur qu'un autre, mais je respire cette foutue boucane tous les jours. J'en ai plein les poumons et ça me met en tabarnak.
Je passe mon temps à défier la mort quand je marche. Tous mes sens sont menacés par l'automobile. Mes poumons aussi et même mon coeur.
Je commence à être ben tanné...

Il faut que j'y aille.

Je dois aller respirer de l'air impur.

Rien de mieux le matin après un bon jus d'orange.

Je vous laisse avec ce petit reportage à propos de Lee Scratch Perry, célèbre ambassadeur du reggae. Ça fait un peu ensoleillé. N'est-ce pas que je vous gâte?

Lee Perry a produit plusieurs albums de Bob Marley. Il a, en quelque sorte, inventé cette texture sonore unique que l'on trouve dans le reggae. Son surnom, Scratch, provient du fait qu'il se servait du tourne-disque comme d'un instrument de musique, tout comme les rappers le feront plus tard. Lee Perry fût cependant le premier scratcher et pratiqua cet art au moins vingt ans avant tout le monde, avant même Pierre Henry et sa Messe pour le temps présent...

Tiens, je termine ça tout en musique.

Quel magicien je suis!

lundi 28 janvier 2008

YVES BOISVERT: LA JUSTICE POUR LES BONS ET LES MÉCHANTS

Yves Boisvert est, à mon sens, le plus grand chroniqueur judiciaire du Québec. Il transcende le genre par la justesse de ses analyses qui ne se limitent jamais à des airs de chapelle. Ce matin, il fait encore preuve de finesse d'esprit en défendant l'indéfendable Mailloux. Je partage son point de vue.
Il est plus facile de défendre ses amis que ses ennemis.
Le sommet de l'éthique est atteint quand tu es assez noble d'esprit pour reconnaître des droits à quelqu'un qui t'écoeure.
Là où l'on ne reconnaît que les siens, que ceux qui pensent comme soi, eh bien c'est en plein là que je ne voudrais pas me trouver...
Par ailleurs, j'aimerais bien me trouver ce matin. Les lundis matins devraient toujours commencer en musique. Tiens, j'ai encore quelques minutes devant moi pour gratter ma guitare délicatement. Je vais laisser faire pour l'harmonica. Mes voisins pourraient ne pas apprécier ma trop bonne humeur.
Je vais commencer ma semaine en musique...
Allez hop! Au travail...

I woke up in the mornin' with too much works to do

Yes I woke up in the mornin' with too much works to do
Anyway I'm gonna do all my works
Like a good boy is got to do

Sorry about that.

Excusez-là.


POST SCRIPTUM POUR LES UTILISATEURS DE BLOGGER

Méfiez-vous du correcteur d'orthographe automatisé de Blogger. Il m'aurait fait écrire chapèle au lieu de chapelle, paraitre au lieu de paraître. Il y a quelque chose qui cloche, quoi. Ils devraient m'embaucher...

dimanche 27 janvier 2008

NO BIRD SOARS TOO HIGH IF HE SOARS WITH HIS OWN WINGS.

«Aucun oiseau ne vole trop haut s'il vole de ses propres ailes.» C'est de William Blake, un grand poète halluciné anglais qui avait, entre autres passions, celle de dessiner des anges et des démons. Il était plus qu'un poète, plus qu'un illustrateur. C'était aussi un philosophe.
Cette maxime s'applique pour tout un chacun.
Voler de ses propres ailes n'est pas que l'accomplissement d'un devoir.
C'est l'accomplissement d'un rêve.
C'est le triomphe de la liberté.
Je peux paraître fat aujourd'hui. Je le suis sans doute. Je me sens libre et je n'ai pas envie de me casser la tête.
J'ai passé pas mal de temps à l'extérieur en fin de semaine, loin de ce foutu écran cathodique. Cela m'a rechargé les piles.
J'ai presque terminé ma toile, ma petite famille autochtone contemplant le soleil couchant. Le thème est un peu kitsch mais je n'ai pas toujours envie de me casser le bicycle, comme on dit par chez-nous pour dire qu'on s'en calice.
Je remarque par ailleurs que j'ai tendance à sacrer dans mes messages depuis les trois dernières semaines. Primo, je sacre parce que je suis un asti de Magoua. Désolé. Un Métis n'a jamais honte de sacrer. La honte du sacre elle est toute faite pour le bourgeois. Sacrer ne fait mal à personne, et surtout pas au petit Jésus.
En France on dit peuchère, palsembleu ou bien enculé de mes deux je nique ta mère.
Ici, holàlà, on dit calice, tabernacle, hostie, des mots liturgiques pas dangereux pour deux sous mais qui font pauvre, BS, sale, crotté.
La langue des pauvres, de tout temps, a été la langue des crottés.
Le français n'est que du mauvais latin de paysans parlé sur une tonalité germanique.
Le joual n'est que du mauvais français parlé sur une tonalité autochtone. Le joual c'est l'accent indien. Asti qu'i' fa' chier c't'accent-là, c't'accent d'Sa'vage!
Où en étais-je?
Ah oui!
Aucun oiseau ne vole trop haut s'il vole de ses propres ailes.
Merci William Blake.
Je m'en retourne à ma peinture et à mes lectures.
J'ai bien hâte d'ouvrir Voyage en Huronie, de Jean de Brébeuf, un missionnaire jésuite qui a, en quelque sorte, rescapé le peu que nous savons de la langue parlée jadis par les Hurons-Wendates et les Iroquois, une langue aujourd'hui disparue.
Je vous en reparlerai.


samedi 26 janvier 2008

ELLE S'APPELLE «A1689zD1»...

Des astronomes ont découvert ce qui constitue à ce jour la galaxie la plus éloignée de l'univers. Comment l'ont-ils appelée? A1689zD1... Pourquoi? C'est bien simple: il y a trop de galaxies dans l'univers pour se mettre à toutes leur donner un petit nom affectueux. Alors on s'en remet aux chiffres et aux lettres: A1689zD1... Pas très poétique.
Une galaxie contient des millions de soleils et des milliards de planètes.
Notre galaxie, la Voie Lactée, n'est pas une très grosse galaxie.
Notre étoile, le Soleil, n'est pas une grosse étoile.
Notre planète, la Terre, n'est pas une grosse planète.
Et notre pays, le Canada ou le Québec, n'est qu'un pet perdu dans l'univers.
Quant à chacun de nous, nous ne sommes pas grand chose. Tant mieux si nous sommes capables de transcender nos limites physiques pour s'expliquer cet univers qui ne pourrait être qu'un tout petit univers pour tous ces univers invisibles qui pourraient exister de l'autre côté des trous noirs...
Je ne serai toujours qu'un amateur en matière de sciences.
Le peu que je sais me porte à croire en la futilité des raisonnements fondés sur une idéologie nationale ou religieuse.
Le Big Bang aurait eu lieu il y a 13,7 milliards d'années.
Vous ne trouvez pas ridicules de se prendre par le chignon pour quelque chose qui n'est rien face à la fantastique histoire du Temps?
Je ne veux pas vous faire peur, mais il y aurait un gros trou noir au centre de notre galaxie.
Un jour, tout ce qui existe autour de nous pourrait être absorbé par cette grande gueule noire et mystérieuse. Cela se ferait en une fraction de seconde. Tout, les drapeaux, les symboles religieux et les hymnes nationaux, pourrait disparaître à jamais.
Il n'existe pas d'observatoires internationaux des trous noirs et cela serait inutile de toute manière.
À l'échelle du cosmos, notre pays, notre planète, notre étoile, notre galaxie n'est qu'une forme plus ou moins différente de A1689zD1...
Cela me rappelle ma lecture d'Une brève histoire du temps, de Stephen Hawking. Plus je m'avançais dans la lecture de ce livre, et plus j'avais l'impression de m'enfoncer dans un trou noir, comme si tout ce que je connaissais de la réalité physique n'était qu'une très pâle photocopie de la réalité.
Au fait, voici une petite démonstration ayant trait à la taille des objets célestes.
Nous ne sommes pas grand chose dans l'univers et toutes nos questions n'iront jamais assez loin.
Est-ce que Jean-François Lisée en parle de ce Nous-là?

jeudi 24 janvier 2008

On ne parle plus l'iroquois sur l'île Hochelaga

Denis Lessard, journaliste à La Presse, m'apprend ce matin que des niaiseux du gouvernement libéral du Québec auraient dissimulé des données statistiques attestant que les citoyens de langue maternelle française seraient devenus minoritaires sur l'île de Montréal. C'est tellement con que ça va se revirer contre eux, encore une fois. Dissimulé les faits, comme de la poussière sous le tapis, pour provoquer une crise encore pire que celle qui aurait pu se produire. Que c'est brillant... Pourquoi les libéraux provinciaux se tirent-ils toujours des balles dans le pied? Je me le demande et ça me désole avant même que je n'aie trouvé une réponse.
S'ils avaient laissé sortir l'étude simplement, en mettant des bémols ça et là, peut-être que nous n'irions pas vers cette semaine de déchirages de chemises qui s'annonce. J'entends déjà crier au loup les ultra-nationalistes, subrepticement soutenus par les nationalistes dits modérés, ceux qui ne font qu'applaudir quand on fait des blagues racistes sur les Anglais.
Ce sera l'Apocalypse et tout un chacun va se mettre à délirer sur la loi 101 ou sur des manières de procéder à quelque forme de nettoyage ethnique légal sur l'île de Montréal.
Les premiers concernés, pour ne pas dire consternés, sont sûrement les descendants directs des Mohawks qui vivaient sur l'île Hochelaga, le nom aborigène de l'île de Montréal...
On ne parle plus l'Iroquois à Montréal et même en Amérique du Nord. La langue iroquoise est complètement disparue. Il ne reste qu'une poignée de mots. Les Français, puis les Anglais, et enfin quoi les Européens, ont confiné les Mohawks et les autres «Sauvages» dans des réserves, comme l'ont fait les Blancs en Afrique du Sud ou en Australie.
On ne me fera pas pleurer quant à la situation du français à Montréal.
Ce qui me préoccupe le plus, c'est la situation de mon français quand je l'écris.
Selon moi, ça ne va pas trop mal.
Le français est en meilleure position pour survivre au Québec, qu'il soit ou non parlé par des citoyens dont c'est la langue maternelle. Souvent, le français est mieux servi par ceux dont ce n'est pas la langue maternelle. J'entends parfois parler des Africains et je m'étonne de leur diction et de leur vocabulaire impeccables. Ils servent bien la langue française. La meilleure manière de servir sa langue, c'est encore de produire de la culture, et non pas de nouvelles interdictions.
Nous ne serons jamais la France d'antan.
Nous ne reverrons jamais notre Normandie.
Nous serons toujours une terre en profonde mutation.
Le métissage de la société québécois est parfaitement complété.
Les temps du nationalisme est révolu.
Le nationalisme, c'est out. Ça fait ringard, toto avec un drapeau dans le cul, le thorax couvert de médailles de Lénine ou René Lévesque, bien qu'il n'y ait aucun rapport entre les deux, sinon ce foutu culte de la personnalité qui me fait vomir toutes les causes.
Les jeunes ont raison, dans le sondage publié cette semaine dans le Journal de Montréal, de reprocher aux baby-boomers leur asti de chicanes de drapeaux.
Un drapeau, c'est fait pour conduire les moutons à la tonte ou à l'abattoir.
Les Droits de l'Homme et l'environnement sont les causes qui suscitent le plus d'enthousiasme chez les moins de 45 ans.
En ce qui me concerne, je préfère les libertés concrètes, palpables, monnayables, aux libertés abstraites. Bref, j'accorde plus d'importance aux droits et libertés de la personne que je n'en accorde aux obligations envers les délires collectivistes.
Que voulez-vous, je suis de mon temps.

Le nationalisme a pris un christ de coup de vieux et c'est tant mieux.

mercredi 23 janvier 2008

De l'honneur d'être un indésirable aux yeux des tartistes et gendelettres

Rien n'est plus honorable que d'être détesté des gendelettres ou des tartistes. Au Québec, plus que partout ailleurs, cela signifie que l'on a généralement un réel talent pour les arts et les lettres, ce qui éveille tout de suite la suspicion des tartistes officiels, au thorax couvert de médailles arrachées frauduleusement ça et là, au gré des 5 à 7 et autres coquetels de têteux de subventions.
Quand nos tartistes s'en prennent à Tex Lecor ou Mordecai Richler, l'un parce qu'il fait de l'art figuratif jugé trop conventionnel et l'autre parce qu'il a le malheur d'avoir ri des péquistes, vous pouvez tenir ça pour la meilleure preuve de talent que l'on puisse présenter pour décrire l'oeuvre de Lecor ou Richler.
Plus un tartiste est nul à chier, plus il passe du temps à mendier de l'argent aux autorités en prétendant pratiquer un art tellement raffiné que seuls les personnes «intelligentes» peuvent comprendre quelque chose à ses simagrées et autres barbouillages dénués de pouvoir d'évocation. Au fond, il pratique un art totalement conformiste, un art aplatventriste, un art de larve gluante.
Probablement que c'était ainsi du temps de Virgile ou Victor Hugo. Il y a toujours eu plus de cloportes et de larves parmi les tartistes que parmi toutes les catégories de population. Pourquoi? Parce que l'art est la planque idéale pour le paresseux qui peut faire passer ses séances de curage de nez pour des périodes d'intense réflexion en vue de produire un roman ou bien un poème dénonçant l'impérialisme canadien, la malbouffe ou l'usage du tabac (il y a des subventions pour ça dans les trois cas!).
Quand les pourris ont tous les honneurs, la place de celui qui a du talent est dans la marge.
Les grands écrivains et les grands artistes du Québec se tiennent volontairement à l'écart de ces clowns illettrés et incultes qui s'approprient le roman, la poésie ou la peinture avec des oeuvres ternes, soporifiques et monotones qui n'intéressent ni ne dérangent personne. Ça fait semblant d'être dérangeant et c'est reçu par madame la marquise ou bien par le camarade au sommet de tel ou tel ministère.
Les tartistes et les gendelettres aiment bien jouer aux révolutionnaires de salon avec de vieilles idées sales issues de leur passé maoïste, du temps où il ne suffisait que de scander les slogans à la mode du jour pour faire partie d'un catalogue d'éditeur ou figurer au musée. Aujourd'hui encore, le phénomène perdure. On publie et on encense ces crapules totalitaires dans les réseaux de diffusion traditionnels.
Heureusement, les temps changent. Le couvert sur la marmite est sur le point de sauter. La panique s'empare des tartistes et des gendelettres qui, avec l'arrivée de l'Internet, n'arrivent plus vraiment à contrôler tout ce qui s'écrit, se chante ou se peint. Les voilà désemparés d'être perçus pour ce qu'ils sont vraiment: des andouilles!
Plus jeune, je désespérais d'assister de mon vivant à la chute de nos tartistes et gendelettres. Je vois bien que je désespérais pour rien. Quelque chose de grand et de noble sortira de l'Internet. Notre pseudo-culture de décrotteurs de pots de chambre de 1837 va se métamorphoser totalement.
Les artistes officiels du Québec vont en manger une tabarnak, c'est moi qui vous le dis. Comme les artistes officiels des anciens pays formant le bloc soviétique. Leur collusion avec les autorités les rendront à jamais suspects aux yeux de l'Art. Et c'est tant mieux. C'est tout ce qu'ils méritent.

mardi 22 janvier 2008

TEMPUS FUGIT

Le temps fuit. Tempus fugit, en latin, pour se passer le flambeau et perpétuer le souvenir d'une langue morte. C'est amusant, n'est-ce pas? Ça fait riche, cultivé, snob.
J'écris dans une langue encore très vivante, le français, qui très certainement deviendra la langue la plus parlée dans le monde, ne serait-ce que pour paraître snob. Ça fait très
chic, voyez-vous, parlez français. Nous avons la chance, en tant que francophones, d'être les snobs du monde. Tu parles français et tout de suite tu passes dans la catégorie des péteux, de ceux qui veulent prétendre à quelque chose et qui sont certainement arrivés à ce point, puisqu'ils parlent une langue pour les snobs accomplis, la langue de l'amour et de la grande littérature. Ils parlent le français.
C'est une chance inouïe que nous parlions français les deux doigts dans le nez. Bien sûr, il y a quelques paresseux parmi nous, francophones, mais il y a des paresseux dans toutes les langues de la terre, tout simplement parce que le vocabulaire fait chier, partout sur le globe.
On se lève un matin et au lieu de dire: «À huit heures s'est couché madame la Marquise, songeant à l'auxiliaire être qui s'accorde avec le complément d'objet direct, comme l'auxiliaire avoir, lorsqu'on l'emploie à la forme pronominale», au lieu de dire cette phrase sublime
, donc, on dit tout simplement: «Heu.» On n'est pas toujours en forme, vous comprenez, pronominale ou pas.
Heureusement, nous parlons français et, comme je l'ai toujours pensé, le français va conquérir le monde. C'est la langue des
péteux. La langue des snobs. Bref, la langue par excellence des politiciens. Une langue facilement parlée par quelques millions de personnes en Amérique qui ne demandent qu'à ce que l'on écoute leurs judicieux conseils. Bref, French is number one.
Nous, francophones, sommes drôles.
Nous faisons rire le monde entier qui finit toujours par nous aimer.
Je ne vois pas pourquoi le français ne devrait pas devenir la première langue internationale d'ici 2010, mettons, parce que je suis un peu pressé.
Le français est une langue cool.
Yes sir!
Wachiya!
Kwé Kwé!
Meg'wish!

CE QUE LES JEUNES QUÉBÉCOIS PENSENT DES BABY-BOOMERS


Hier, c'était les baby-boomers qui se vidaient le coeur en dévoilant ce qu'ils pensaient des jeunes. Ce matin, c'est au tour des jeunes de dire ce qu'ils pensent des baby-boomers. L'Empire Québecor nous informe...
Je connais des baby-boomers pauvres qui ont toujours été pauvres et qui seront toujours pauvres. Ils n'ont pas tous profité de la retraite à 55 ans et n'ont pas tous des REER.
Même chose pour les jeunes, ce ne sont pas tous des débiles mentaux full vedge.
Rien ne se prête plus aux généralisations que les sondages, qui convergent tous vers une ou deux réponses, comme si la vie pouvait se mettre en boîte et ne se résumer qu'à deux choix: oui ou non, vrai ou faux, A ou B.
En ce qui me concerne, je retiens des baby-boomers que Neil Young et Bob Dylan en font partie et cela me réconcilie illico avec eux.
Je ferais partie de la génération X, selon les sociologues, et vous savez quoi? Je m'en calice. Ce qui représente bien une réaction typique d'un membre de la génération X, la non-adhérence à quoi que ce soit, une preuve irréfutable d'intelligence.

lundi 21 janvier 2008

Trois-Rivières, capitale d'un génocide culturel

Trois-Rivières vient d'obtenir le titre de capitale culturelle du Canada pour 2009, une démarche des conservateurs pour faire élire un des leurs dans le patelin où tout semble plus bleu que bleu, bleu fédéraliste ou bleu souverainiste...
Quelle misère! J'aime mieux les Rouges, tant les libéraux que les communistes, plutôt que ce conservatisme déprimant qui est un authentique dioxyde de carbone pour tout esprit libre. Le bleu est, de toutes les couleurs, celle qui m'inspire le moins.
En 2009, Trois-Rivières fêtera son 375e anniversaire de fondation. À l'honneur, pour ce 375e, ce sera encore l'histoire des Blancs, fiers d'être des Blancs provenant de Normandie, une province blanche d'une France aussi blanche que catholique, bref l'histoire de la civilisation, la seule qui puisse vraiment exister.
Les aborigènes, une fois de plus, seront tenus à l'écart des célébrations. Pas une ligne ne sera prononcée sur le génocide culturel qui s'est produit ici, à Trois-Rivières, au confluent de la rivière Métabéroutin (anciennement St-Maurice) et du fleuve Magtogoek (anciennement St-Laurent). Il n'y a jamais eu de Sauvages à Trois-Rivières, voyons donc... On leur a laissé quoi? À peine une ridicule inscription sur un monument à l'honneur du sieur de Laviolette, un pèquenot français venu s'aventurer ici pour exproprier les «Maudits Sauvages». Le monument se trouve près du bureau de poste, sur la rue Notre-Dame. Et il n'y a rien d'autre.
Trois-Rivières était une forêt de pins avec des plages de sable blond. Il ne reste qu'un faible souvenir visuel de tout ça, l'Île St-Quentin, le parc des Pins, etc.
Les «Maudits Sauvages» vivaient en un lieu idyllique, idéal pour vivre une vie sans doute plus saine que la nôtre, ne serait-ce qu'au point de vue mental, où la santé se fait très rare par les temps qui courent.
Les plus beaux terrains de la ville ont été occupés par des usines, au tournant du vingtième siècle. Les pins ont presque été tous rasés. L'eau est devenue infecte. Puis, le mouvement vert, issu en quelque sorte de la philosophie autochtone, a renversé la tendance. Le flottage du bois a cessé sur la rivière Métabéroutin suite aux actions de Greenpeace. La papetière CIP a été vendue et revendue puis finalement détruite pour laisser place à un formidable terrain vague qui pourrait contenir encore des artéfacts de la civilisation autochtone enfouie sous des années de génocide culturel. La municipalité, dirigée d'une main de fer par le maire Yves Lévesque, un homme qui parle de lui à la troisième personne du singulier, ce qui est très singulier en effet, a repris possession du terrain vague. Que va-t-il s'y produire? On songe à un auditorium associé à des blocs de béton carrés divisés en condominiums ternes et laids, la Cité de l'Émérillon, à la mémoire du bateau de Jacques Cartier. Encore Jacques Cartier ciboire? Il n'y en a que pour les conquistadores, saint-tabarnak!
Quand on lit cette histoire oubliée des Algonquins de Trois-Rivières, on comprend pourquoi les fêtes du 375e anniversaire n'accorde aucune place importante aux autochtones dans leur cérémonie de visages pâles à la langue fourchue qui ne trippent que sur les courses automobiles et les motomarines, tout ce qui pollue, tout ce qui enlaidit la ville quoi.
Ce n'est pas la civilisation qui avance, dans un tel contexte, mais la barbarie dans sa plus féroce expression. J'ai bon espoir que Trois-Rivières devienne un jour la plus belle ville du monde. Cela ne se fera pas cette année, ni en 2009 à ce que je peux comprendre. La capitale culturelle du Canada, Trois-Rivières, ce ne sera qu'un ballon politique destiné à tous les têteux de subventions et lobbyistes professionnels, dont le Festival de la poésie et le tournoi de pétanque des aînés.

LA FÊTE DU DRAPEAU FLEURDELISÉ: AUTRE BELLE CONNERIE...

On fêtait le énième anniversaire du drapeau du Québec, hier, à Montréal. Ça m'intéresse tellement que je ne veux même pas me forcer le cul pour soustraire 1942 de 2008... Ne comptez pas sur moi! Oh que non! (66 ans...)

Des ultranationalistes ont arboré fièrement leurs couleurs. Ils portaient leurs drapeaux, leurs macarons, leur panoplie, avec l'enthousiasme d'enfants qui se font des peurs le jour de l'Halloween. L'Halloween en janvier, ça refroidit tout de même les ardeurs. Aussi, ils n'étaient pas nombreux, mais juste assez pour faire partie des vrais de vrais.

Et puis après? En tout cas, moi je m'en calice. Le fleurdelisé, c'est les couleurs et l'emblème floral de la monarchie française, avec la croix tout aussi blanche que catholique. Ça représente qui? Je vous le demande. À ce compte-là, je préfère encore le drapeau du Canada, avec un érable bien de chez-nous au centre, drapeau qui représente aussi ce qu'il y avait de mieux chez les Patriotes de 1837, le libéralisme.

Soyons honnêtes, sacrement, et lisons les livres d'histoire, pas seulement les manuels officiels. Les Patriotes se sont battus pour un pays qui s'appelait le Canada, un État bilingue et indépendant . Depuis 1982, le Canada est un État bilingue et indépendant: mission accomplie pour les Patriotes. Et passons à autre chose s'il-vous-plaît.

Il vient un temps où un peuple n'est tout simplement pas l'idée que trois pelés et un tondu peuvent se faire dans leur petite tête. Un peuple, ce n'est pas qu'un discours de Pierre Bourgault.
Un peuple, c'est aussi celui qui dit, par exemple, va chier Bourgault. Autrement, ce peuple n'est composé que de lavettes renifleuses de pets.

Et si c'est le cas, ben asti, mieux vaut être un indésirable que de jouer le jeu de minables petits-bourgeois en mal d'autorité sur un peuple qui leur dit, tout bonnement, allez donc chier.

Vous voulez comprendre ce qu'est le peuple québécois? Lisez les mémoires de Pierre-Esprit Radisson, tiens. Son indépendance d'esprit nous représente mieux que tous ces héros artificiels, tièdes fonctionnaires sédentaires et soporifiques qui se donnent des titres et des médailles pour suppléer à leur manque de courage et de talent. Ils pratiquent sur eux-mêmes les trucs du magicien d'Oz. Et dire qu'ils descendent de types comme Radisson, des gens farouches qui se sont mêlés aux autochtones, naturellement, de sorte que plus de la moitié de la population du Québec est métissée. Tellement métissée que je ne peux que dire merde à ce 375e anniversaire de Trois-Rivières qui ne laisse aucune place à cette histoire.