Les jeunes Québécois seraient les Canadiens les moins aptes à la lecture. Rien pour se réjouir, non plus, quant aux capacités de lecture à l'échelle mondiale. C'est du moins ce que révèle un article d'Ariane Lacoursière paru aujourd'hui dans Cyberpresse.
Cela ne me surprend pas. Cependant, je trouve un peu courtes les réponses que cet article fournit pour expliquer la situation.
Il n'y a pas de reconnaissance réelle du savoir lire et écrire dans la société québécoise. Des intellectuels de talent lavent de la vaisselle tandis que des analphabètes incultes occupent des postes de direction: «on aime ça d'même, notre P'tit Québec»...
Nos jeunes Québécois ont de la difficulté à comprendre le contenu d'un texte plutôt simple. On pourra donc les bourrer avec n'importe quelle connerie plus tard et maintenir en place nos ânes de service qui ne sont pas «impressionnés» par les études, Dostoïevski, Molière ou les logarithmes. Et qui ne comprennent pas le contenu d'un texte plutôt simple... À vrai dire, ils s'en torchent. Comme ils se torchent de la culture, de l'art, du savoir-faire, des compétences, du talent et du génie.
«Il n'y a pas de place nulle part pour tous les Ovide Plouffe du monde entier», braillait l'autre.
Certes, il n'y a pas de place pour ceux qui savent lire et écrire au Québec et nos jeunes Québécois, pas fous, ont bien compris que la lecture est accessoire. Il faut seulement savoir faire du cash en profitant de l'apathie généralisée de notre société. Tout n'est qu'apparences pour se propulser à l'avant-scène d'une société où le nivellement vers le bas triomphe, condition nécessaire pour que le pouvoir soit toujours entre les mains de gens mesquins et dénués de réelles compétences, dont celles bien élémentaires de savoir lire et écrire.
Vraiment, «on aime ça d'même notre P'tit Québec»! C'est la seule société au monde où il est vraiment mal vu de savoir lire et écrire...
Alors, ne faisons pas trop chier avec les jeunes Québécois qui ne savent ni lire ni écrire. Ce n'est reconnu qu'à l'école. Dans la vraie vie, la plupart des Québécois sont fiers de réussir tout en étant incapables d'écrire une phrase de trois mots sans faire six fautes. C'est dans l'air du temps. Aussi, je me console d'assister à l'arrivée d'immigrants qui savent lire et écrire: cela va remonter le niveau général, qui en a bien besoin. Évidemment, ces immigrants devront surtout laver de la vaisselle pour les dix prochaines années, d'ici à ce que l'on se rende compte que la situation n'a plus de bon sens... On y est presque. Mais pas encore. Il reste encore bien des livres à s'empoussiérer d'ici là.
vendredi 30 novembre 2007
jeudi 29 novembre 2007
I' FA' FRETTE MAN
Je suis tombé hier sur la version trifluvienne de Beavis et Butt-Head, le célèbre dessin animé que l’on pouvait voir sur la chaîne MTV, en version anglaise originale, ou bien sur Musique Plus, il y a quelques temps déjà.
Sauf que mes protagonistes pour jouer le rôle de Beavis et Butt-Head seraient plus des yos, des adolescents qui aiment les espadrilles chères et la musique yo. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais cela ne les rend pas plus méchants pour autant. Ils font tourner l'industrie de l'espadrille. Réjouissons-nous.
Mes Beavis et Butt-Head version yo trifluvienne étaient assis juste derrière moi, dans le fond de l’autobus. Et ils se parlaient pour ne rien dire avec une désinvolture désarmante qui n’a pas manqué de me faire sourire de bon cœur.
-Heille man, i’ fa’ frette man.
-Mets-en man. I fa’ frette man.
-J’aime pas ça quand qu’i’ fa’ frette man.
-Comment ça man?
-Ben, c’est parce que e’j’joue au basket man. Pis j’peux pas jouer dehors man. C’est l’hiver.
-Loue-toé un gym man.
(Silence.)
-Des fois c’est frette un gym man.
-C’est sûr man.
-Heille man tu t'chicanes à tous les jours avec ta blonde, il paraît man.
-Pas vrai man, j'me suis chicané juste à Pâques l'an passé man.
-Ah. Ok man. C'est parce que c'est ta blonde qui m'a dit ça man.
-Non, on s'est juste chicanés à Pâques l'an passé man.
-Ah ben, ok man.
-On s'chicane jamais man.
-Ok man.
-Ouin ben i' fa' frette man.
-Ouin man. I' fa' frette man.
Sans commentaires…
Sauf que mes protagonistes pour jouer le rôle de Beavis et Butt-Head seraient plus des yos, des adolescents qui aiment les espadrilles chères et la musique yo. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais cela ne les rend pas plus méchants pour autant. Ils font tourner l'industrie de l'espadrille. Réjouissons-nous.
Mes Beavis et Butt-Head version yo trifluvienne étaient assis juste derrière moi, dans le fond de l’autobus. Et ils se parlaient pour ne rien dire avec une désinvolture désarmante qui n’a pas manqué de me faire sourire de bon cœur.
-Heille man, i’ fa’ frette man.
-Mets-en man. I fa’ frette man.
-J’aime pas ça quand qu’i’ fa’ frette man.
-Comment ça man?
-Ben, c’est parce que e’j’joue au basket man. Pis j’peux pas jouer dehors man. C’est l’hiver.
-Loue-toé un gym man.
(Silence.)
-Des fois c’est frette un gym man.
-C’est sûr man.
-Heille man tu t'chicanes à tous les jours avec ta blonde, il paraît man.
-Pas vrai man, j'me suis chicané juste à Pâques l'an passé man.
-Ah. Ok man. C'est parce que c'est ta blonde qui m'a dit ça man.
-Non, on s'est juste chicanés à Pâques l'an passé man.
-Ah ben, ok man.
-On s'chicane jamais man.
-Ok man.
-Ouin ben i' fa' frette man.
-Ouin man. I' fa' frette man.
Sans commentaires…
mardi 27 novembre 2007
RÉFLEXIONS SUR L’ÉCOTOURISME EN MAURICIE
La rivière Saint-Maurice était mon terrain de jeu quand j’étais enfant. À l’époque, la rivière portait tous les signes visibles d’une pollution soutenue. L’eau était d’une couleur douteuse en plus de sentir mauvais lorsqu’on la buvait au robinet. Les papetières balançaient toutes sortes de produits toxiques dans la rivière. Je me promenais parfois en canot entre les îles du delta, près de la Wayagamak ou de la CIP. Je pagayais dans une mousse jaunâtre et nauséabonde. Je me baignais dans cette eau, comme plusieurs enfants ou adultes des quartiers pauvres, insensibles à l’idée de ne pas se baigner dans un cours d’eau.
La situation a changé lorsque le petit bateau de Greenpeace est venu jouer à l’arroseur arrosé dans nos eaux croupies. Le petit bateau pompait la mousse jaunâtre pour la projeter ensuite sur le terrain de la CIP, devant les médias.
Les plus beaux terrains de Trois-Rivières ont été occupés par les usines. Il y avait des plages sablonneuses là où s’installèrent les papetières, en bordure de la St-Maurice. La Wabasso a été construite sur le parc Wellington, une forêt de pins, dont il nous reste qu’un pâle souvenir sur une petite portion de la rue St-Paul ainsi qu’au coin des rues Cooke et St-François-Xavier. Les plages, la forêt de pins et l’eau disparurent pendant un siècle. Les paysans désertèrent les campagnes pour venir s’entasser dans des habitations construites en série, dans des quartiers dénués d’arbres et de beauté. Encore dans les années ’70, la neige était noire certains matins dans les quartiers environnants la Wabasso. On recommandait aux enfants de ne pas manger cette neige recouverte par la suie expirée par les cheminées.
Aujourd’hui, il y a toujours plus d’arbres dans les Premiers Quartiers. L’eau de la rivière St-Maurice est redevenue claire. Du haut du pont de l’Île St-Quentin, on peut voir les poissons nager en eaux peu profondes. L’eau du robinet n’a plus ce goût de soufre et de sapinage. Le comble : l’eau est même devenue propice à la baignade !
La rivière St-Mauricie est redevenue un cours d’eau majestueux qui n’a rien à envier à la rivière Saguenay. J’ai déjà fait la descente de la rivière en canot, de La Tuque jusqu’à Trois-Rivières, quand il y avait le flottage de bois. Si j’étais plus jeune, et plus en forme, je serais bien curieux de voir de quoi aurait l’air ma descente de nos jours.
Cette transformation, unique au Québec, n’est pas suffisamment exploitée à mon sens. C’est devenu un atout majeur pour la région. Cependant, tout ce tableau idyllique est gâché par ces niaiseux qui polluent les eaux et les chants des oiseaux avec leurs motomarines stupides et leurs partys de cons à l’île St-Quentin. On va sur l’île pour trouver un petit coin de verdure et on se retrouve souvent au beau milieu d’une fiesta soporifique commanditée par une radio assommante diffusant sans cesse les derniers tubes du jour entre deux publicités criardes. Nous montrons aux touristes le plus mauvais côté de nous-mêmes, malgré cette belle métamorphose de la rivière St-Maurice. C’est comme si nous rotions à table au restaurant, comme si nous étions chez-nous, advienne que pourra, qui vivra verra… Dommage.
Les infrastructures ferroviaires existent déjà pour relier Trois-Rivières, Shawinigan et le Parc de la Mauricie. On pourrait avoir un beau petit train du Nord…
Et que dire de cette idée stupide d’illuminer le pont Laviolette à l’année, comme si nous avions trop d’étoiles à contempler dans le ciel, au-dessus du fleuve : une grande ourse pâlotte, une lune mâte, un satellite scintillant et aucune trace de la Voie Lactée, comme si elle n’avait jamais existée.
Demeurez stupides et tuez les étoiles, messieurs les promoteurs à la noix.
Merci de détruire l’environnement, une fois de plus.
La situation a changé lorsque le petit bateau de Greenpeace est venu jouer à l’arroseur arrosé dans nos eaux croupies. Le petit bateau pompait la mousse jaunâtre pour la projeter ensuite sur le terrain de la CIP, devant les médias.
Les plus beaux terrains de Trois-Rivières ont été occupés par les usines. Il y avait des plages sablonneuses là où s’installèrent les papetières, en bordure de la St-Maurice. La Wabasso a été construite sur le parc Wellington, une forêt de pins, dont il nous reste qu’un pâle souvenir sur une petite portion de la rue St-Paul ainsi qu’au coin des rues Cooke et St-François-Xavier. Les plages, la forêt de pins et l’eau disparurent pendant un siècle. Les paysans désertèrent les campagnes pour venir s’entasser dans des habitations construites en série, dans des quartiers dénués d’arbres et de beauté. Encore dans les années ’70, la neige était noire certains matins dans les quartiers environnants la Wabasso. On recommandait aux enfants de ne pas manger cette neige recouverte par la suie expirée par les cheminées.
Aujourd’hui, il y a toujours plus d’arbres dans les Premiers Quartiers. L’eau de la rivière St-Maurice est redevenue claire. Du haut du pont de l’Île St-Quentin, on peut voir les poissons nager en eaux peu profondes. L’eau du robinet n’a plus ce goût de soufre et de sapinage. Le comble : l’eau est même devenue propice à la baignade !
La rivière St-Mauricie est redevenue un cours d’eau majestueux qui n’a rien à envier à la rivière Saguenay. J’ai déjà fait la descente de la rivière en canot, de La Tuque jusqu’à Trois-Rivières, quand il y avait le flottage de bois. Si j’étais plus jeune, et plus en forme, je serais bien curieux de voir de quoi aurait l’air ma descente de nos jours.
Cette transformation, unique au Québec, n’est pas suffisamment exploitée à mon sens. C’est devenu un atout majeur pour la région. Cependant, tout ce tableau idyllique est gâché par ces niaiseux qui polluent les eaux et les chants des oiseaux avec leurs motomarines stupides et leurs partys de cons à l’île St-Quentin. On va sur l’île pour trouver un petit coin de verdure et on se retrouve souvent au beau milieu d’une fiesta soporifique commanditée par une radio assommante diffusant sans cesse les derniers tubes du jour entre deux publicités criardes. Nous montrons aux touristes le plus mauvais côté de nous-mêmes, malgré cette belle métamorphose de la rivière St-Maurice. C’est comme si nous rotions à table au restaurant, comme si nous étions chez-nous, advienne que pourra, qui vivra verra… Dommage.
Les infrastructures ferroviaires existent déjà pour relier Trois-Rivières, Shawinigan et le Parc de la Mauricie. On pourrait avoir un beau petit train du Nord…
Et que dire de cette idée stupide d’illuminer le pont Laviolette à l’année, comme si nous avions trop d’étoiles à contempler dans le ciel, au-dessus du fleuve : une grande ourse pâlotte, une lune mâte, un satellite scintillant et aucune trace de la Voie Lactée, comme si elle n’avait jamais existée.
Demeurez stupides et tuez les étoiles, messieurs les promoteurs à la noix.
Merci de détruire l’environnement, une fois de plus.
dimanche 25 novembre 2007
L'angoisse de la page noire
J'écris sans difficultés. L'angoisse de la page blanche m'est inconnue. Par contre, je connais l'angoisse de la page noire. Tout ce que j'écris prend toujours la voie d'un roman-fleuve. C'est fou tous les mots que j'enlève à mes textes avant de les mettre en ligne. Prenons la présente épître électronique, par exemple. J'ai bien écrit quatre versions de plus de trois milles lignes pour finalement terminer avec ce paragraphe unique, ces six lignes ridicules... Tous ces mots que j'aurai écrit pour rien dans ma vie... Dont ceux-ci. Bon, aussi bien d'éteindre l'ordinateur si je n'ai rien à dire. À demain, lecteur, lectrice. Welcome in my brain tomorrow.
vendredi 23 novembre 2007
CLANDESTINITÉ..
Le thème de la clandestinité me hante depuis hier. D'abord, j'ai vu sur RDI un reportage intitulé Los Mexicanos qui traitaient des conditions de travail difficiles vécues par les travailleurs mexicains embauchés sur les fermes québécoises.
Pour faire reconnaître leurs droits, qui par ailleurs n'ont pas été reconnus, le reportage montrait les Mexicains se réunir au beau milieu de la nuit pour discuter de leurs droits en tant que travailleurs, loin du fermier qui surveille leurs allées et venues comme s'il s'agissait de son bétail.
Ces travailleurs font de 70 à 75 heures par jour et sont casés dans des baraquements sales et moisis. Et, évidemment, ils doivent se cacher pour parler entre eux de ce qu'ils pourraient bien faire pour améliorer leur situation, pour ne pas se casser le dos pour le reste de leurs jours, par exemple, pour travailler dans le respect de certaines normes élémentaires de sécurité.
Je ne comprends tout simplement pas pourquoi ils doivent se cacher envisager une hypothétique défense de leurs droits dans un pays démocratique qui respecte les droits de la personne et la liberté d'association.
Je ne comprends pas pourquoi les syndicats ne font pas une grève générale pour changer, justement, ce contexte de clandestinité dans lequel les travailleurs non-syndiqués doivent nécessairement évoluer pour mettre un terme à ce qui n'est, somme toute, que de l'esclavage moderne, de la tyrannie.
Les pleins de marde qui veulent brûler les travailleurs à l'ouvrage, pour les jeter comme des vieilles guenilles quand ils sont malades à force de travailler dans des conditions dégueulasses, devraient tout simplement se faire emprisonner.
Atteindre à la dignité d'un travailleur, c'est-à-dire d'une personne, se croire au-dessus des lois qui régissent le monde du travail, se comporter en esclavagiste et en tyran: mettons que ça vaudrait bien deux ans de prison, la mise en tutelle de l'entreprise ou sa nationalisation, je ne sais trop.
N'importe quoi, sauf de laisser 4000 Mexicains être traités comme du bétail dans les champs québécois.
Honte à nos fermiers qui se comportent comme des Sudistes faisant suer leurs esclaves dans leurs champs de coton. Honte à nos gouvernements qui se ferment les yeux devant la misère bien réelle de ces travailleurs.
Cela dit, je pense qu'il faut envisager d'autres moyens pour combattre ces injustices. Les fermiers du Québec ont des courriels... Peut-être qu'on devrait les informer des droits des travailleurs au Québec et inscrire les entreprises fautives sur une liste noire. Si les fonctionnaires du Bureau des normes du travail ne font pas leur boulot, les citoyens peuvent le faire à leur place.
UN AUTEUR CLANDESTIN: LOUIS-GEORGES GODIN
Je viens de tomber sur un livre anonyme publié en 1921 aux éditions du Bien Public, une vieille imprimerie catholique de Trois-Rivières. «Les dicts du passant» que ça s'intitule, sans mention d'auteur. Le livre a été trouvé dans les ordures par un de mes amis qui me l'a donné. Je l'ai parcouru, en diagonale, puis en entier, avec la satisfaction d'avoir mis la main sur un auteur qui mérite de revenir à la vie littéraire. Pour ce que j'ai lu de lui, à date, c'est splendide. On croirait presque de lire un blogueur avant la lettre. Le «passant» a publié des billets portant sur à peu près tous les sujets, comme je le fais ici, pour votre plus grand malheur.
En fouillant sur Internet j'ai appris que «Les dicts du passant» ont été rédigés par Louis-Georges Godin, un ami de l'écrivain et abbé Albert Tessier, qui est né en 1897 et mort en 1932, à l'âge de 35 ans. Ce Louis-Georges Godin est aussi l'auteur d'un ouvrage intitulé «Mémorial trifluvien», un très beau livre qui devrait être réédité pour les fêtes du 375e anniversaire de Trois-Rivières puisqu'il décrit avec art la vie aux Trois-Rivières au début du siècle.
L'auteur possède une très belle plume. Retenez ce nom: Louis-Georges Godin, un auteur clandestin qui ne dormira pas dans les ordures ce soir, mais bien sur ma table de chevet.
Pour faire reconnaître leurs droits, qui par ailleurs n'ont pas été reconnus, le reportage montrait les Mexicains se réunir au beau milieu de la nuit pour discuter de leurs droits en tant que travailleurs, loin du fermier qui surveille leurs allées et venues comme s'il s'agissait de son bétail.
Ces travailleurs font de 70 à 75 heures par jour et sont casés dans des baraquements sales et moisis. Et, évidemment, ils doivent se cacher pour parler entre eux de ce qu'ils pourraient bien faire pour améliorer leur situation, pour ne pas se casser le dos pour le reste de leurs jours, par exemple, pour travailler dans le respect de certaines normes élémentaires de sécurité.
Je ne comprends tout simplement pas pourquoi ils doivent se cacher envisager une hypothétique défense de leurs droits dans un pays démocratique qui respecte les droits de la personne et la liberté d'association.
Je ne comprends pas pourquoi les syndicats ne font pas une grève générale pour changer, justement, ce contexte de clandestinité dans lequel les travailleurs non-syndiqués doivent nécessairement évoluer pour mettre un terme à ce qui n'est, somme toute, que de l'esclavage moderne, de la tyrannie.
Les pleins de marde qui veulent brûler les travailleurs à l'ouvrage, pour les jeter comme des vieilles guenilles quand ils sont malades à force de travailler dans des conditions dégueulasses, devraient tout simplement se faire emprisonner.
Atteindre à la dignité d'un travailleur, c'est-à-dire d'une personne, se croire au-dessus des lois qui régissent le monde du travail, se comporter en esclavagiste et en tyran: mettons que ça vaudrait bien deux ans de prison, la mise en tutelle de l'entreprise ou sa nationalisation, je ne sais trop.
N'importe quoi, sauf de laisser 4000 Mexicains être traités comme du bétail dans les champs québécois.
Honte à nos fermiers qui se comportent comme des Sudistes faisant suer leurs esclaves dans leurs champs de coton. Honte à nos gouvernements qui se ferment les yeux devant la misère bien réelle de ces travailleurs.
Cela dit, je pense qu'il faut envisager d'autres moyens pour combattre ces injustices. Les fermiers du Québec ont des courriels... Peut-être qu'on devrait les informer des droits des travailleurs au Québec et inscrire les entreprises fautives sur une liste noire. Si les fonctionnaires du Bureau des normes du travail ne font pas leur boulot, les citoyens peuvent le faire à leur place.
UN AUTEUR CLANDESTIN: LOUIS-GEORGES GODIN
Je viens de tomber sur un livre anonyme publié en 1921 aux éditions du Bien Public, une vieille imprimerie catholique de Trois-Rivières. «Les dicts du passant» que ça s'intitule, sans mention d'auteur. Le livre a été trouvé dans les ordures par un de mes amis qui me l'a donné. Je l'ai parcouru, en diagonale, puis en entier, avec la satisfaction d'avoir mis la main sur un auteur qui mérite de revenir à la vie littéraire. Pour ce que j'ai lu de lui, à date, c'est splendide. On croirait presque de lire un blogueur avant la lettre. Le «passant» a publié des billets portant sur à peu près tous les sujets, comme je le fais ici, pour votre plus grand malheur.
En fouillant sur Internet j'ai appris que «Les dicts du passant» ont été rédigés par Louis-Georges Godin, un ami de l'écrivain et abbé Albert Tessier, qui est né en 1897 et mort en 1932, à l'âge de 35 ans. Ce Louis-Georges Godin est aussi l'auteur d'un ouvrage intitulé «Mémorial trifluvien», un très beau livre qui devrait être réédité pour les fêtes du 375e anniversaire de Trois-Rivières puisqu'il décrit avec art la vie aux Trois-Rivières au début du siècle.
L'auteur possède une très belle plume. Retenez ce nom: Louis-Georges Godin, un auteur clandestin qui ne dormira pas dans les ordures ce soir, mais bien sur ma table de chevet.
mercredi 21 novembre 2007
À LA GUERRE ON NE TIRE PAS SUR LES AMBULANCES
Feu mon père me disait souvent qu’ « à la guerre, on ne tire pas sur les ambulances ». Il disait aussi qu’il n’y avait aucune noblesse au fait de frapper quelqu’un qui est déjà face contre terre.
Mon père m’a laissé quelques paraboles en héritage qui, souvent, m’ont très bien servi dans la vie. Je m’y réfère quand des trous du cul s’en prennent aux plus faibles.
Quand j’entends que les petits fils à papa et les petites filles à maman de l’Action démocratique du Québec (ADQ) se sont réunis en fin de semaine pour réfléchir sur les moyens de tirer sur les ambulances et de frapper des gens qui sont déjà étendus les quatre fers en l’air sur le plancher, je ne peux qu’avoir envie de leur botter le cul royalement.
Sur cette question, je me rapproche de Gauche Solidaire qui, fort heureusement, se détache aussi du Parti Québécois (PQ) en décochant quelques flèches au projet de loi 195 sur l’identité québécoise. C’est pas très « de gauche », le nationalisme ethnique. Le nationalisme civique, c’est plus libéral… je veux dire « socialiste ». Comme quoi les libéraux ne sont peut-être pas si loin de Gauche Solidaire, sur les questions ethniques, voire sur les questions sociales.
Je serais presque un sympathisant de Gauche Solidaire, si ce n’était de mon refus de porter des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara, un criminel de guerre élevé au rang de héros pour avoir tué autant d’ennemis que d’amis politiques au cours de son génocide maquillé en lutte de libération nationale.
Les droits de la personne ne sont pas encore assez importants pour Gauche Solidaire pour que je m’y associe.
Cependant, leur duo de porte-parole a entièrement raison de vouloir botter le cul de Mario Dumont et de ses jeunes chemises brunes qui veulent s’en prendre aux pauvres plutôt que s’en prendre à la pauvreté.
Dénigrer les pauvres, ça ne demande pas de courage. C’est comme tirer sur une ambulance. Ou frapper au visage un type dans le coma.
Enlevons le BS aux pauvres, juste pour voir, et ce sera la pègre qui mettra des mitraillettes entre les mains des gueux et autres déshérités du grand « Nous » désintégrateur. Et non seulement la pègre. Imaginez les autres, dont des militants de gauche prêts et préparés pour la lutte finale...
***
La société repose sur de nombreux contrepouvoirs et mesures correctrices pour favoriser une certaine harmonie entre ses membres.
Le pouvoir corrompt, disait Thomas Hobbes, et le pouvoir absolu corrompt absolument.
Il ne faut pas laisser les pleins pouvoirs entre les mains de ceux qui en sont trop avides. Comme l'anneau, dans la célèbre trilogie de Tolkien, cela finit par déformer les traits d'un visage. L'anneau n'est pas fait pour tout le monde. Le pouvoir non plus. Ceux qui l'exercent en hurlant ne le méritent jamais.
***
Je proviens d’un milieu pauvre.
Chaque fois que les gosses de riches veulent forcer la note, comme de vouloir couper les chèques d’ assistance sociale par exemple, eh bien j’entends gronder la colère sourde de ceux qui se font dire non partout, sauf au bureau d’assistance sociale…
Quand la droite se fait trop extrême, la gauche prend la rue et occupe les bureaux des parlementaires pour leur rappeler qu’ils n’ont pas le pouvoir absolu dans la société. Et quand les parlementaires appellent les forces de l’ordre pour venir à leur secours, il se peut qu’elles ne se déplacent pas aussi vite. Même les forces de l’ordre sont syndiquées. Alors quoi? Faire intervenir l’armée pour respecter les délires de l’ADQ? Et si l’armée n’obéit pas? Si la police et l’armée ne voulaient pas défendre les projets de l’ADQ, eh bien ce serait une révolution.
Les jeunes adéquistes adoptent des positions dangereuses qui, dans le contexte québécois, pourraient facilement mener vers une guerre civile.
Je les aurai avertis. Qu’ils subissent les conséquences de leur manque de compassion et d’humanité envers les déshérités.
Je chanterais L’Internationale à tue-tête plutôt que de discuter des moyens de serrer la vis aux pauvres, même si je ne suis pas marxiste.
Adéquistes, si vous vous en prenez aux pauvres, vous devrez leur faire face dans des conditions où personne, peut-être, ne pourra vous défendre. Vous serez à terre, au plancher, ou dans une ambulance. Et j’essaierai, tant bien que mal, de contenir la foule pour l’empêcher de vous décolleter la tête pour la promener au bout d’une pique…
***
Je vous ai raconté que j’ai visionné, en format DVD, le film Amazing Grace de Michael Apted. Cela raconte la vie du député anglais William Wilberforce, qui s’est battu pendant des années pour abolir la traite des esclaves et améliorer le sort des travailleurs.
Les adéquistes se battent pour quoi? Pour frapper des pauvres et des petits travailleurs à coups de canne à pommeau d’or? Pour libérer un petit 5$ de plus par semaine sur la paie du gros cave qui roule en Hummer? Hum?
Mon père m’a laissé quelques paraboles en héritage qui, souvent, m’ont très bien servi dans la vie. Je m’y réfère quand des trous du cul s’en prennent aux plus faibles.
Quand j’entends que les petits fils à papa et les petites filles à maman de l’Action démocratique du Québec (ADQ) se sont réunis en fin de semaine pour réfléchir sur les moyens de tirer sur les ambulances et de frapper des gens qui sont déjà étendus les quatre fers en l’air sur le plancher, je ne peux qu’avoir envie de leur botter le cul royalement.
Sur cette question, je me rapproche de Gauche Solidaire qui, fort heureusement, se détache aussi du Parti Québécois (PQ) en décochant quelques flèches au projet de loi 195 sur l’identité québécoise. C’est pas très « de gauche », le nationalisme ethnique. Le nationalisme civique, c’est plus libéral… je veux dire « socialiste ». Comme quoi les libéraux ne sont peut-être pas si loin de Gauche Solidaire, sur les questions ethniques, voire sur les questions sociales.
Je serais presque un sympathisant de Gauche Solidaire, si ce n’était de mon refus de porter des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara, un criminel de guerre élevé au rang de héros pour avoir tué autant d’ennemis que d’amis politiques au cours de son génocide maquillé en lutte de libération nationale.
Les droits de la personne ne sont pas encore assez importants pour Gauche Solidaire pour que je m’y associe.
Cependant, leur duo de porte-parole a entièrement raison de vouloir botter le cul de Mario Dumont et de ses jeunes chemises brunes qui veulent s’en prendre aux pauvres plutôt que s’en prendre à la pauvreté.
Dénigrer les pauvres, ça ne demande pas de courage. C’est comme tirer sur une ambulance. Ou frapper au visage un type dans le coma.
Enlevons le BS aux pauvres, juste pour voir, et ce sera la pègre qui mettra des mitraillettes entre les mains des gueux et autres déshérités du grand « Nous » désintégrateur. Et non seulement la pègre. Imaginez les autres, dont des militants de gauche prêts et préparés pour la lutte finale...
***
La société repose sur de nombreux contrepouvoirs et mesures correctrices pour favoriser une certaine harmonie entre ses membres.
Le pouvoir corrompt, disait Thomas Hobbes, et le pouvoir absolu corrompt absolument.
Il ne faut pas laisser les pleins pouvoirs entre les mains de ceux qui en sont trop avides. Comme l'anneau, dans la célèbre trilogie de Tolkien, cela finit par déformer les traits d'un visage. L'anneau n'est pas fait pour tout le monde. Le pouvoir non plus. Ceux qui l'exercent en hurlant ne le méritent jamais.
***
Je proviens d’un milieu pauvre.
Chaque fois que les gosses de riches veulent forcer la note, comme de vouloir couper les chèques d’ assistance sociale par exemple, eh bien j’entends gronder la colère sourde de ceux qui se font dire non partout, sauf au bureau d’assistance sociale…
Quand la droite se fait trop extrême, la gauche prend la rue et occupe les bureaux des parlementaires pour leur rappeler qu’ils n’ont pas le pouvoir absolu dans la société. Et quand les parlementaires appellent les forces de l’ordre pour venir à leur secours, il se peut qu’elles ne se déplacent pas aussi vite. Même les forces de l’ordre sont syndiquées. Alors quoi? Faire intervenir l’armée pour respecter les délires de l’ADQ? Et si l’armée n’obéit pas? Si la police et l’armée ne voulaient pas défendre les projets de l’ADQ, eh bien ce serait une révolution.
Les jeunes adéquistes adoptent des positions dangereuses qui, dans le contexte québécois, pourraient facilement mener vers une guerre civile.
Je les aurai avertis. Qu’ils subissent les conséquences de leur manque de compassion et d’humanité envers les déshérités.
Je chanterais L’Internationale à tue-tête plutôt que de discuter des moyens de serrer la vis aux pauvres, même si je ne suis pas marxiste.
Adéquistes, si vous vous en prenez aux pauvres, vous devrez leur faire face dans des conditions où personne, peut-être, ne pourra vous défendre. Vous serez à terre, au plancher, ou dans une ambulance. Et j’essaierai, tant bien que mal, de contenir la foule pour l’empêcher de vous décolleter la tête pour la promener au bout d’une pique…
***
Je vous ai raconté que j’ai visionné, en format DVD, le film Amazing Grace de Michael Apted. Cela raconte la vie du député anglais William Wilberforce, qui s’est battu pendant des années pour abolir la traite des esclaves et améliorer le sort des travailleurs.
Les adéquistes se battent pour quoi? Pour frapper des pauvres et des petits travailleurs à coups de canne à pommeau d’or? Pour libérer un petit 5$ de plus par semaine sur la paie du gros cave qui roule en Hummer? Hum?
mardi 20 novembre 2007
Vivement la neige
Montréal est sous la neige. Elle ne tombe pas encore sur Trois-Rivières. Météo Média (j'aurais plutôt appelé ça Météo médium) annonce de 2 à 4 cm de neige avec quelques millimètres de pluie pour transformer l'ensemble en frasil, j'imagine.
La neige s'est faite attendre l'an dernier. En janvier, à St-Hyacinthe, le gazon était encore vert. Je n'avais jamais vu ça de ma vie.
Cela dit, rien n'est plus déprimant qu'un hiver sans neige. L'avis en la matière des paresseux, des frileux et des automobilistes ne m'intéresse pas du tout. La neige, c'est ce qu'il y a de plus beau dans notre pays. La neige représente sa vigueur tout aussi bien que son éternelle virginité. La neige purifie tout, même le regard, même les villes tristes et sales. Même ses habitants maussades ou hargneux.
Montréal sous la neige n'est déjà plus cette vieille pute grise et clinquante en dépression nerveuse majeure. Montréal sous la neige, c'est comme si la métropole retrouvait des dimensions humaines, un petit village à la Charles Dickens en ceinture fléchée où tout le monde siffle et chante, même si ça ne se passe souvent que dans ma tête... (Je m'efforce de percevoir la Mauricie comme une Louisiane nordique où les commerçants vendraient leurs arbres de Noël ou leurs pommes tout en chantant. Évidemment, ce n'est pas le cas.)
Ce matin, à Trois-Rivières, alors que la neige n'est pas encore tombée, je ne vois que des tours électriques, de l'asphalte, du revêtement de plastique et du béton défraîchi.
Dès qu'il neigera, Trois-Rivières redeviendra pure. L'air sera moins malsain. Le décor, moins triste.
Vivement la neige.
***
Je me suis acheté quelques toiles pour peindre des paysages d'hiver tellement je m'ennuie de la neige.
Chaque fois que je vois un automobiliste «rincer son char», j'aurais envie de lui sauter à la gorge pour cette liberté qu'il prend de me priver de mon hiver.
Les lois ne sont pas assez sévères en matière d'automobiles.
Je suis en faveur de l'utilisation du radar photo pour contrôler la vitesse des automobilistes.
Je suis pour que les fabricants d'automobiles soient dans l'obligation de produire des véhicules qui ne puissent aller plus vite que 100 kilomètres à l'heure.
Je suis pour que tout automobiliste qui fasse un seul excès de vitesse perde automatiquement son permis de conduire pour 100 ans.
Je souhaite que toutes les zones à forte concentration humaine (les centre-villes par exemple) soient déclarées «zones interdites à la circulation automobile».
Ceux qui modifient leur silencieux pour faire plus de bruit et ceux qui ont des systèmes de son d'enfer, qui font chier toute une ville sur leur passage, devraient perdre eux aussi leur permis de conduire et verser une amende à une quelconque fondation contre la pollution auditive.
Bref, je suis contre la culture de l'automobile et contre les automobilistes.
Et je suis pour l'hiver, pour la marche à pied ou en raquettes, comme des Indiens.
Vivement la neige...
La neige s'est faite attendre l'an dernier. En janvier, à St-Hyacinthe, le gazon était encore vert. Je n'avais jamais vu ça de ma vie.
Cela dit, rien n'est plus déprimant qu'un hiver sans neige. L'avis en la matière des paresseux, des frileux et des automobilistes ne m'intéresse pas du tout. La neige, c'est ce qu'il y a de plus beau dans notre pays. La neige représente sa vigueur tout aussi bien que son éternelle virginité. La neige purifie tout, même le regard, même les villes tristes et sales. Même ses habitants maussades ou hargneux.
Montréal sous la neige n'est déjà plus cette vieille pute grise et clinquante en dépression nerveuse majeure. Montréal sous la neige, c'est comme si la métropole retrouvait des dimensions humaines, un petit village à la Charles Dickens en ceinture fléchée où tout le monde siffle et chante, même si ça ne se passe souvent que dans ma tête... (Je m'efforce de percevoir la Mauricie comme une Louisiane nordique où les commerçants vendraient leurs arbres de Noël ou leurs pommes tout en chantant. Évidemment, ce n'est pas le cas.)
Ce matin, à Trois-Rivières, alors que la neige n'est pas encore tombée, je ne vois que des tours électriques, de l'asphalte, du revêtement de plastique et du béton défraîchi.
Dès qu'il neigera, Trois-Rivières redeviendra pure. L'air sera moins malsain. Le décor, moins triste.
Vivement la neige.
***
Je me suis acheté quelques toiles pour peindre des paysages d'hiver tellement je m'ennuie de la neige.
Chaque fois que je vois un automobiliste «rincer son char», j'aurais envie de lui sauter à la gorge pour cette liberté qu'il prend de me priver de mon hiver.
Les lois ne sont pas assez sévères en matière d'automobiles.
Je suis en faveur de l'utilisation du radar photo pour contrôler la vitesse des automobilistes.
Je suis pour que les fabricants d'automobiles soient dans l'obligation de produire des véhicules qui ne puissent aller plus vite que 100 kilomètres à l'heure.
Je suis pour que tout automobiliste qui fasse un seul excès de vitesse perde automatiquement son permis de conduire pour 100 ans.
Je souhaite que toutes les zones à forte concentration humaine (les centre-villes par exemple) soient déclarées «zones interdites à la circulation automobile».
Ceux qui modifient leur silencieux pour faire plus de bruit et ceux qui ont des systèmes de son d'enfer, qui font chier toute une ville sur leur passage, devraient perdre eux aussi leur permis de conduire et verser une amende à une quelconque fondation contre la pollution auditive.
Bref, je suis contre la culture de l'automobile et contre les automobilistes.
Et je suis pour l'hiver, pour la marche à pied ou en raquettes, comme des Indiens.
Vivement la neige...
samedi 17 novembre 2007
Trois toiles inédites
J'ai peint quelques toiles récemment:

Gaétan, «Le bon voisin», acrylique sur toile de format 60 X 60 cm

Gaétan, «L'harmoniciste», acrylique sur toile de format 44 X 56 cm
Finalement, il y a cette toile que je n'avais encore jamais photographiée.

Gaétan, «Ondes», acrylique sur toile de format 30 X 50 cm
Gaétan, «Le bon voisin», acrylique sur toile de format 60 X 60 cm
Gaétan, «L'harmoniciste», acrylique sur toile de format 44 X 56 cm
Finalement, il y a cette toile que je n'avais encore jamais photographiée.
Gaétan, «Ondes», acrylique sur toile de format 30 X 50 cm
Grâce étonnante
Je viens tout juste de voir le film Amazing Grace. En français, cela donne Grâce du Ciel, une traduction pourrie. Une traduction qui n'avait pas sa place. Si le film s'était intitulé O Sole Mio aurait-on traduit cela par Ô mon sol natal ou bien par Mon filet de sole à moi? Si le film s'intitulait Kimono traduirait-on cela Robe de chambre japonaise pour les idiots de francophones que nous sommes? Avons-nous peur de perdre notre langue, ou notre bite, chaque fois que l'on entend des mots étrangers qui ne sonnent pas bien à l'oreille avinée de Super Ducon-Lajoie?
Amazing Grace, c'est la plus célèbre chanson anglaise de tous les temps et cela ne se traduit pas. C'est à prendre en un seul bloc, comme un menhir.
Tout ça pour dire que je viens de voir le film Amazing Grace, un drame historique de Michael Apted, avec Ioan Gruffud dans le rôle de William Wilberforce, un député anglais qui a consacré sa vie à l'abolition de la traite des Noirs.
C'est un bon film que l'on devrait montrer à chaque député avant de s'engager dans la fonction de parlementaire. Le député a la possibilité réelle de changer le monde, d'améliorer le sort des déshérités. Un seul député qui veut abolir l'esclavage peut avoir plus de poids moral que tout un parlement qui veut maintenir la traite des esclaves.
Alors que les conservateurs et les adéquistes souhaitent obtenir toujours plus de pouvoir, on devrait leur demander pourquoi ils le veulent et surtout pourquoi ils le mériteraient. Veulent-ils vraiment améliorer le sort des êtres humains sur cette misérable terre ou bien veulent-ils seulement parlementer pour de la petite politique mesquine et dégueulasse, des questions de principes sous lesquels on écrase des vies humaines, des questions de fric mal maîtrisées, des points de vue idéologiques dénués de compassion, de charité et de tolérance?
La politique, telle qu'elle se faisait au temps de Wilberforce, se poursuit encore de nos jours. Il y a ceux qui veulent abolir l'esclavage, améliorer le sort des ouvriers, des détenus et il y a ceux qui veulent maintenir l'esclavage, l'exploitation des travailleurs, l'intolérance et la misère pour tous. Bref, il y a ceux qui parlent pour les pauvres et les autres, ceux qui lèchent le cul des puissants du moment.
Rien n'a changé sous le soleil.
Il faut encore se battre pour maintenir l'abolition de l'esclavage, l'abolition de la peine de mort, le libre choix pour les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse non désirée, etc. Il y a encore de la mesquinerie dans l'air.
Cependant, quelque chose me console.
On ne fera jamais un film en l'honneur des fumiers qui voulaient maintenir la traite des esclaves. Que leur mémoire continue d'être roulée dans la boue jusqu'à la fin des temps.
Amazing Grace, c'est la plus célèbre chanson anglaise de tous les temps et cela ne se traduit pas. C'est à prendre en un seul bloc, comme un menhir.
Tout ça pour dire que je viens de voir le film Amazing Grace, un drame historique de Michael Apted, avec Ioan Gruffud dans le rôle de William Wilberforce, un député anglais qui a consacré sa vie à l'abolition de la traite des Noirs.
C'est un bon film que l'on devrait montrer à chaque député avant de s'engager dans la fonction de parlementaire. Le député a la possibilité réelle de changer le monde, d'améliorer le sort des déshérités. Un seul député qui veut abolir l'esclavage peut avoir plus de poids moral que tout un parlement qui veut maintenir la traite des esclaves.
Alors que les conservateurs et les adéquistes souhaitent obtenir toujours plus de pouvoir, on devrait leur demander pourquoi ils le veulent et surtout pourquoi ils le mériteraient. Veulent-ils vraiment améliorer le sort des êtres humains sur cette misérable terre ou bien veulent-ils seulement parlementer pour de la petite politique mesquine et dégueulasse, des questions de principes sous lesquels on écrase des vies humaines, des questions de fric mal maîtrisées, des points de vue idéologiques dénués de compassion, de charité et de tolérance?
La politique, telle qu'elle se faisait au temps de Wilberforce, se poursuit encore de nos jours. Il y a ceux qui veulent abolir l'esclavage, améliorer le sort des ouvriers, des détenus et il y a ceux qui veulent maintenir l'esclavage, l'exploitation des travailleurs, l'intolérance et la misère pour tous. Bref, il y a ceux qui parlent pour les pauvres et les autres, ceux qui lèchent le cul des puissants du moment.
Rien n'a changé sous le soleil.
Il faut encore se battre pour maintenir l'abolition de l'esclavage, l'abolition de la peine de mort, le libre choix pour les femmes qui souhaitent interrompre une grossesse non désirée, etc. Il y a encore de la mesquinerie dans l'air.
Cependant, quelque chose me console.
On ne fera jamais un film en l'honneur des fumiers qui voulaient maintenir la traite des esclaves. Que leur mémoire continue d'être roulée dans la boue jusqu'à la fin des temps.
mercredi 14 novembre 2007
Un courriel envoyé à un ami français
D***, un ami de France, s'inquiète de la montée du racisme au Québec. Je lui réponds ceci:
Bonjour D***,
Excellente cette bédé des Bidochon. Surtout lorsque le zigoto demande à sa
Berthe de lui traduire en anglais une réponse démesurée... La réplique
finale du Chinois est, somme toute, de circonstance.
Fort heureusement, les libéraux constituent encore la force politique
majeure au Canada et au Québec. Les libéraux ont bien servi le Canada.
Lester B. Pearson, Premier Ministre du Canada, était un libéral. Il a obtenu
le Prix Nobel de la Paix en 1966. Le Premier Ministre Wilfrid Laurier,
véritable fondateur du Canada moderne, premier Premier Ministre francophone
du Canada, était aussi un libéral. Trudeau était libéral. Il a aboli la
peine de mort, a levé toutes les sanctions pénales contre les homosexuels, a
fait inclure dans la constitution canadienne la Charte des droits et
libertés, la plus belle charte du monde pour les libertés qu'elle prône et
qu'elle défend.
Le malheur, c'est que le gouvernement libéral a été au centre d'un scandale
appelé le «scandale des commandites». Des fonds publics ont été détournés
vers les coffres du Parti libéral du Canada (PLC) par le biais d'un programme de
commandites. Le logo du Canada valait son pesant d'or pour certains maffieux
du PLC qui ont été traduits devant les tribunaux et emprisonnés dans certains cas. On veut bien croire que tous les libéraux étaient impliqués dans cette affaire. Sûrement pas Stéphane Dion, leader mal aimé du PLC.
C'est ce scandale qui a permis la victoire du Parti conservateur du Canada,
mené par Stephen Harper, un politicien originaire de l'Alberta, la nouvelle
Arabie Saoudite de l'Amérique du Nord, qui fait grimper en flèche le dollar
canadien, qui vaut 1,09$ par rapport au dollar américain. Nous sommes plus
riches que nos voisins. Ça m'inquiète un peu, connaissant leur appétit
légendaire.
Pour contrer les racistes au pays, il n'y a qu'une voie, selon moi, et c'est
de favoriser le retour au pouvoir des libéraux au fédéral et le maintien des libéraux à Québec.
Je ferais la comparaison avec votre fameuse élection où le choix devait se
faire entre l'honnête Le Pen contre l'un peu moins honnête Chirac. J'aurais
voté Chirac. J'aime mieux voter pour un politicien malhonnête que de voter
pour un raciste honnête. Et c'est là tout le drame sur cette planète. Les
gens qui devraient naturellement avoir le pouvoir ne le méritent pas,
souvent, et sont soutenus pour endiguer des gens honnêtes qui
transformeraient la société en un massacre permanent pour favoriser leur
recherche de pureté dégueulasse.
Ici, je vote libéral. Je suis un rouge trudeauiste, bilingue, autochtone,
métis, en faveur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, des
Conventions de Genève et de tout le bataclan.
Je suis convaincu que les libéraux vont reprendre le pouvoir. Pour contrer
la droite conservatrice, au Canada et au Québec, nous n'avons pas
d'alternative.
C'est Chirac contre Le Pen. Dion contre Harper et le rétablissement de la
peine de mort, la possible interdiction de l'avortement, etc. Au Québec, Jean Charest contre Dumont et Marois, politiciens identitaires ringards.
C'était quoi le titre de ton courriel, rions un peu?
Hahaha!
Content de te reparler D***!
Gaétan
:)
Bonjour D***,
Excellente cette bédé des Bidochon. Surtout lorsque le zigoto demande à sa
Berthe de lui traduire en anglais une réponse démesurée... La réplique
finale du Chinois est, somme toute, de circonstance.
Fort heureusement, les libéraux constituent encore la force politique
majeure au Canada et au Québec. Les libéraux ont bien servi le Canada.
Lester B. Pearson, Premier Ministre du Canada, était un libéral. Il a obtenu
le Prix Nobel de la Paix en 1966. Le Premier Ministre Wilfrid Laurier,
véritable fondateur du Canada moderne, premier Premier Ministre francophone
du Canada, était aussi un libéral. Trudeau était libéral. Il a aboli la
peine de mort, a levé toutes les sanctions pénales contre les homosexuels, a
fait inclure dans la constitution canadienne la Charte des droits et
libertés, la plus belle charte du monde pour les libertés qu'elle prône et
qu'elle défend.
Le malheur, c'est que le gouvernement libéral a été au centre d'un scandale
appelé le «scandale des commandites». Des fonds publics ont été détournés
vers les coffres du Parti libéral du Canada (PLC) par le biais d'un programme de
commandites. Le logo du Canada valait son pesant d'or pour certains maffieux
du PLC qui ont été traduits devant les tribunaux et emprisonnés dans certains cas. On veut bien croire que tous les libéraux étaient impliqués dans cette affaire. Sûrement pas Stéphane Dion, leader mal aimé du PLC.
C'est ce scandale qui a permis la victoire du Parti conservateur du Canada,
mené par Stephen Harper, un politicien originaire de l'Alberta, la nouvelle
Arabie Saoudite de l'Amérique du Nord, qui fait grimper en flèche le dollar
canadien, qui vaut 1,09$ par rapport au dollar américain. Nous sommes plus
riches que nos voisins. Ça m'inquiète un peu, connaissant leur appétit
légendaire.
Pour contrer les racistes au pays, il n'y a qu'une voie, selon moi, et c'est
de favoriser le retour au pouvoir des libéraux au fédéral et le maintien des libéraux à Québec.
Je ferais la comparaison avec votre fameuse élection où le choix devait se
faire entre l'honnête Le Pen contre l'un peu moins honnête Chirac. J'aurais
voté Chirac. J'aime mieux voter pour un politicien malhonnête que de voter
pour un raciste honnête. Et c'est là tout le drame sur cette planète. Les
gens qui devraient naturellement avoir le pouvoir ne le méritent pas,
souvent, et sont soutenus pour endiguer des gens honnêtes qui
transformeraient la société en un massacre permanent pour favoriser leur
recherche de pureté dégueulasse.
Ici, je vote libéral. Je suis un rouge trudeauiste, bilingue, autochtone,
métis, en faveur de la Déclaration universelle des droits de l'homme, des
Conventions de Genève et de tout le bataclan.
Je suis convaincu que les libéraux vont reprendre le pouvoir. Pour contrer
la droite conservatrice, au Canada et au Québec, nous n'avons pas
d'alternative.
C'est Chirac contre Le Pen. Dion contre Harper et le rétablissement de la
peine de mort, la possible interdiction de l'avortement, etc. Au Québec, Jean Charest contre Dumont et Marois, politiciens identitaires ringards.
C'était quoi le titre de ton courriel, rions un peu?
Hahaha!
Content de te reparler D***!
Gaétan
:)
S'abonner à :
Messages (Atom)