mardi 31 juillet 2012

La maison de Johnny

Il était une fois un pauvre d'esprit qui avait une belle maison et un beau terrain légués par ses ancêtres.

Il s'appelait Johnny. C'était un gars qui n'avait jamais travaillé de toute sa vie et qui souhaitait devenir Premier Ministre du Canada ou rien. Comme il n'était devenu que propriétaire d'une belle maison et d'un beau terrain, il s'était mis à boire et à porter son ressentiment sur ses ancêtres et sur l'héritage qu'ils lui avaient laissé.

L'héritage lui était monté à la tête. Plutôt que de s'occuper de sa maison et de son terrain, Johnny s'était mis à faire la rumba tous les soirs avec des gens de mauvaise vie qui l'encourageaient à tout foutre en l'air.

Johnny dépensa tout son capital dans des fêtes insensées avec ces vauriens qui n'en manquaient pas une pour tout délabrer.

Il n'y a rien qu'ils n'ont pas fait ces scélérats. Ils ont commencé par balancer le barbecue dans la piscine. Puis ils ont mis des bouteilles de bière vides dans la sécheuse. Ils se sont aussi amusés à arracher le revêtement de la maison en foutant des coups de pieds dedans. Quand ils ont manqué d'alcool ou de drogues pour continuer le party, ils ont forcé ce pauvre Johnny à vendre la génératrice, puis la tondeuse, la souffleuse, le cabanon, les luminaires, les meubles, etc.

De sorte qu'un beau jour notre héritier s'est retrouvé gros Jean comme devant avec une maison qui prenait l'eau et sentait le moisi. Son terrain était moche. La fosse septique débordait. La maison était sur le bord d'être reprise par la municipalité parce que Johnny ne payait pas ses taxes depuis des années. Bref, l'héritier était dans la dèche.

C'est alors qu'il lui vint une idée. Johnny allait vendre sa maison à Macca Roni, un type un peu louche qui avait un peu d'argent à force de vendre des génératrices, des tondeuses, des souffleuses, des cabanons, des luminaires, des meubles, etc.

-J'vais te vendre ma maison, Roni. J'vais t'la vendre pas cher... Deux fois rien... Seulement, je veux que tu me laisses la possibilité d'être ton locataire parce que j'ai nulle part ailleurs où aller...

Macca Roni, bon prince, acheta la maison et le terrain de Johnny pour une bouchée de pain. Il retapa un petit peu la devanture avec du revêtement cheap. Puis il donna une couche de peinture par-dessus la moisissure. Enfin, il augmenta le loyer de Johnny.

-Tu m'augmentes de cent piastres Roni! pleura Johnny lors du renouvellement du bail. Ça n'a pas de bon sens! J'suis rendu à mille piastres par mois pour la maison! J'suis pauvre... J'serai jamais capable de payer ça... I' m'reste plus ben ben d'argent de mon héritage... Fuck! Combien de fois que j't'ai payé le party sans jamais rien te d'mander, hein? Tu peux pas m'faire ça Roni, voyons!

-Biznisse is biznisse, lui répondait Roni sans sourciller. L'argent n'pousse pas dans les arbres... Ta maison, tu l'as perdu parce que t'étais pas capable de t'en occuper...

Évidemment, Johnny ne fût jamais capable de payer ce loyer et la police finit par l'évincer.

Comme un malheur n'attend pas l'autre, il advint que l'on trouva du pétrole sur le terrain dont il avait été dépossédé. Roni devint extrêmement riche. Johnny mourut dans l'indigence. Ses enfants, déjà délaissés, ne purent jamais poursuivre leurs études universitaires, d'autant plus qu'elles étaient devenues hors de prix.

La morale de cette histoire? Il n'y en a pas. Comme d'habitude.

2 commentaires:

  1. ouais, y s'est fait rouler dans la farine le gars....couru ! t'as une génération qui bosse, qui s'échine, qui réussit, pis qui élève ses gamins comme si tout leur tombait du ciel, pis les gamins savent rien gérer et gaspillent. Preuve que c'est bien con d'amasser des biens matériels, et que le meilleur héritage que tu puisse laisser à un jeune, c'est une tête bien faite bien posée sur ses épaules !

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  2. C'est une parabole... La maison c'est le Québec. L'héritier, c'est le Premier ministre... Les locataires dépossédés, ce sont les Québécois.

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