mardi 30 juin 2009

Fuck

Il faudrait bien que je publie un livre ou deux. Ça pourrait intéresser un ou deux éditeurs. Cependant, j'ai mes conditions. Un: je ne veux pas que l'on m'ajoute des fautes de syntaxe ou d'orthographe. Deux: je veux faire de l'argent. Autrement ça ne vaut pas la peine de publier.

Si vous souhaitez faire une piastre avec moi, vous savez où me trouver. N'attendez pas de moi que je vous envoie un manuscrit. Faites-moi des propositions. Je suis un joueur de ligue majeure. Si vous ne me prenez pas dans votre club, vous vous en mordrez les doigts un jour car je vous enverrai chier. Je me connais.

J'ai produit plus de huit cents messages sur ce foutu blogue, essentiellement des fables pas piquées des vers, et un ou deux commentaires de gérant d'estrade, comme tout le monde.

La matière s'accumule. Et je vais m'appliquer à y mettre un peu d'ordre, pour le bénéfice de mes lecteurs présents et futurs. Je vais enlever la gangue autour du diamant. Et ça va être le fun en hostie. Autrement, j'aurai raté mon coup. Je ne peux pas concevoir l'idée que la littérature puisse être ennuyante. Ni que certains chefs-d'oeuvre aient été écrits en bâillant, comme le prétendait Marcel Proust, du côté de chez Swann. (Je connais mes classiques, hého. J'suis pas une tête de linote.)

Donc, mes livres s'en viennent en librairie. Quand? Je n'en ai aucune calice d'idée. Ça va dépendre de mon éditeur. À moins que je ne m'édite moi-même, moi qui préfère de loin méditer.
C'est que j'ai déjà donné. Et j'en ai marre un peu de monter des budgets pro forma. Mon truc, c'est les arts et les lettres. Le truc de Machin Chouette c'est les budgets pro forma. Chacun son dada. Et j'ai le même que celui de Tristan Tzara, enligner des mots, des phrases et parfois des paragraphes.

Je sais, je sais: je fais des blagues d'intello. Who cares? Nobody cares. Et comme je parsème un peu d'anglais dans ma prose, tout de suite j'ai l'air louche aux yeux des vieilles pantoufles nationaleuses parfumées à la boule à mythes.

Donc, c'est ça.

Je préférais vous le dire.

Fuck.

lundi 29 juin 2009

Oumf!


Edmond Romarin est surnommé «Tarla» par des gens qui le méprisent. En fait, c'est un scientifique. Il ne devrait pas être si tarlais que ça, Edmond Romarin.

Il marche sur deux jambes. Il a deux bras. Sa tête est ordinaire.

Son âge? Bah! Je dirais quarante-cinq ans. Mais je peux me tromper.

Pour ce qui est de son côté scientifique, ben il faut dire qu'il travaille dans une quincaillerie et que c'est lui qui fait le mélange des couleurs quand on veut repeindre son logement ou bien une chaise.

On ne lui connaît pas de blonde et il ne parle jamais de sexe.

Cependant, Edmond joue encore aux blocs Lego et même qu'il a gagné un prix l'an passé. En Suède imaginez-vous donc. C'était pour sa fabuleuse reproduction du château de Walt Disney.

Il est même revenu de Suède avec un beau petit montant. Mais il ne s'est toujours pas fait une copine et ne parle jamais des activités reliées à sa queue. C'est en quelque sorte un gentleman, Edmond Romarin.

J'oubliais d'ajouter qu'il ne porte pas de chapeau ni de lunettes. Il a une bonne vue et n'a jamais froid au crâne. Il marche tout le temps nue-tête, même l'hiver, et jamais il ne se plaint de la grêle ou bien des autres intempéries.

Ce n'est pas qu'il soit si dur avec lui-même. C'est juste qu'il est bègue et qu'il craint d'être tourné au ridicule par des individus mal intentionnés. Ils riraient de lui si d'aventure il s'exprimait selon les standards d'une communication naturelle en français, suivant l'ordre logique du discours - sujet, verbe et complément - pour faciliter la réception du message...

Edmond Romarin se contente donc d'exprimer un «oumf!» qui n'est ni négatif, ni positif. Un oumf neutre, quoi, qu'il place là ou il ne devrait y avoir qu'un oui ou bien un non, à défaut d'une phrase complète.

***

Tiens, justement, y'a le patron qui s'en vient. On va pouvoir le voir en action, Edmond.

-Edmond, ça me prendrait du vert lime! C'est pour la cliente à la caisse. Si tu veux bien...

-Oumf!

-Bonjour m'sieur, de répondre la dame à la caisse. Ça me prend du vert lime dans ma chambre à débarras. C'est plus gai, du vert lime!

-Oumf!

-Pardon?

-...

Pauvre Edmond Romarin! Que croyez-vous qu'elle dira, la p'tite dame, en rentrant à la maison avec son gallon de vert lime?

-J'ai rencontré un hostie d'tarlais aujourd'hui, à la quincaillerie. Hostie qu'i' était trèfle! Oumf! Oumf! Maudit tarlais!

***

De retour chez-lui, Edmond enlève ses bottes, mange un sandwich au Klik puis reprend ses constructions en blocs Lego. Il essaie de reproduire le Taj Mahal en ce moment. Il en arrache avec les satanées coupoles. Néanmoins, il persiste. Il se défoule. Il vit une vie à peu près normale, une vie remplie de passion et de défis.

-Oumf! fait-il parfois au milieu de la nuit.

-Oumf! Oumf! ça veut dire bonjour.

Et oumf! oumf! oumf!, ça, je ne sais pas trop.

Sacré Edmond! C'est tout de même un bon Jack.

samedi 27 juin 2009

L'AÎNÉ DE MES FRÈRES A UN DEMI SIÈCLE


Christian, l'aîné de mes trois frères, aura cinquante ans très prochainement. Si je réussissais bien à l'école, c'était à cause de lui. Je l'ai pris pour modèle dans mon cheminement tant scolaire qu'intellectuel. Christian a été au collège? J'irai au collège. Il a fait l'université? Je la ferai aussi. Il voulait devenir médecin? Je voudrai devenir avocat. Il a lu tout François Mauriac. Je lirai tout François Cavanna.

Christian est le plus grand de nous quatre. Mon père prenait plaisir à nous surnommer les quatre frères Dalton. Nous ne sommes jamais entendus pour le rôle d'Averell. Nous le partagions tous à un moment ou l'autre de nos vies. Et Christian, bien qu'il soit le plus grand, n'était pas le plus Averell. Cependant, il a hérité de sa bonhomie. Et il n'a jamais cru bon de porter la moustache.

Il a souvent été là pour nous donner un coup de main. Il a joué son rôle de grand frère de façon impeccable pour tous les trois Dalton. Un lecteur de François Mauriac n'aurait pu faire différamment. Idem pour un Bouchard.

Au baseball, c'était un sacré lanceur gaucher. Il avait de la motion en plus d'avoir le bras long. La balle fumait. Et les retraits s'additionnaient au fil des manches. Jusqu'à la victoire.

Je n'ai jamais aimé le baseball. Mon truc à moi, c'était le vélo, le canot et la natation. Des sports individuels. Tout sport d'équipe me donnait et me donne encore la nausée. Heureusement que mes frères n'étaient pas aussi sauvages que moi. Cela nous rachète pour mon manque d'esprit d'équipe.

Christian m'a fait découvrir Harmonium et George Orwell, Vivaldi et Hunter S. Thompson, Alexis Klimov et Goya, Gotlib et Pif Gadget, le fromage qui pue et le théâtre expérimental.

J'étais souvent premier de classe parce que je bénéficiais de ses conversations didactiques. Et de ses corrections, sévères mais justes, quand il était temps d'améliorer mon français écrit ou parlé.

Ce qui fait que c'est un christ de bon Jack, qu'il ait un demi siècle ou non.

Et je ne peux, franchement, que lui dédier cette chanson pour ses cinquante ans.

***

Et j'ajoute celle-ci, tiens.

vendredi 26 juin 2009

L'anti-guide touristique de Twois-Wivièwes

NDLR: Je débute ici un projet littéraire qui demande l'apport de la communauté internautique. Cela s'appelle, mettons, L'Anti-guide touristique de Twois-Wivièwes. C'est pour son 375e anniversaire de je ne sais pas trop quoi. Ce sera gratuit et accessible facilement sur le ouèbe. Personne ne sera payé. Cela ne me tente pas de faire du marketing. Juste de la littérature, pour le fun hostie. Je débute donc avec ce texte. Après on verra.

***
L'Anti-guide touristique de Twois-Wivièwes
Pour le 375e anniversaire d'une croix plantée quelque part où le monde était trop accueillant

Twois-Wivièwes, capitale de l'arthrite et des rhumatismes

Twois-Wivièwes est la capitale de l'arthrite et des rhumatismes. Parlez-en aux quelques rares médecins du patelin ainsi qu'aux gus de la météo. Ils vont vous confirmer tout ça. Twois-Wivièwes est entourée d'eau: le lac Makwa, le fleuve Magtogoek et la rivière Métabéroutin, les trois M qui, conjugués aux vents prédominants du suroît vous laisse avec la sensation de vivre sous des aisselles puantes. D'où nos hôpitaux qui débordent de patients qui souffrent d'arthrite et de rhumatismes.


Un parfum d'air pur?

L'odeur de pet qui flotte sur la ville provient des papetières. Quoique Twois-Wivièwes reçoit parfois ses effluves d'épandage de purin qui proviennent des champs environnants.

L'odeur de la marijuana flotte dans les vieux comme dans les ennuyants quartiers.

Une vie démocratique plate

La population locale ne vote presque jamais à toutes les élections et la ville est représentée par ce qui reste, au mépris de toutes les lois et conventions qui régissent une démocratie à peu près digne d'elle-même.

Bref, Twois-Wivièwes, au plan purement politique, ce n'est pas Vancouver, ni Toronto, ni Washington.

C'est un peu Montréal, un peu Québec, un peu n'importe quoi, broche à foin, monté tout croche, tout de travers et permettant tout, dont le fait de ne pas aller en consultation populaire quand le quorum des signataires est atteint selon la loi.

La loi? Les pétitions? Ici, on s'en torche. Deus nobiscum quis contra, si Dieu est avec nous qui peut être contre nous, devise de Twois-Wivièwes, pour des maires qui parlent d'eux-même à la troisième personne du singulier, comme s'ils vendaient des marques de savon.

La prière qui se poursuit au conseil de ville est la conséquence d'assemblées publiques paquetées de chevaliers teutoniques. Le Christ n'a rien à voir là-dedans, lui qui les aurait certainement traités de pharisiens et d'hypocrites. Ce qui fait qu'on y tord les bras des personnes qui osent protester sans que personne ne s'en indigne, sinon trois ou quatre personnes qui n'ont pas la télévision ou ne l'écoutent pas du tout. Plus un ramassis d'athées qui ne se déplacent pas pour aller voter aux élections.

La beauté de ses terrains vagues

Ce qu'il y a de plus beau à Twois-Wivièwes, c'est tous ces endroits où l'activité humaine se fait le moins sentir. Les terrains vagues sont magnifiques et fourmillants de vie. Tout le reste c'est du toc. Une façade de film de série Z.

Les Trifluviens sont généralement anarchistes mais tout l'univers médiatique appartient aux acteurs de films de série Z, style Louis de Funès.

WE SPEAK ENGLISH

Twois-Wivièwes est composée à 98% de francophones.

Les anglophones sont rares et sont tous professeurs d'anglais, interprètes ou missionnaires.

Alors, welcome to Twois-Wivièwes folks. We're nice people most of the time. And don't worry if it smells like hell sometimes. Business as usual, y'know? What d'you wanna drink or smoke dudes? We're funny people. We're gonna have fun. We'll celebrate anything you want. Fuck off and all that kind of crap. Welcome here, yeah, yeah. And let's play some good music, ah. Yes sir tabarnak!

***


«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

Retrouvez facilement votre chemin à Twois-Wivièwes

Vous voulez vous rendre sur la rue St-Paul mais vous ne savez pas où c'est parce que vous n'avez jamais mis les pieds ni les roues à Twois-Wivièwes. Accostez la première personne venue en y allant de cette manière pour ne pas passer pour un original:

-Salut coq (ou capitaine) c'est y'où c'que c'est la rue St-Paul?

-Ben c'est juste là coq! que le Trifluvien ou la Trifluvienne vous répondra sûrement.

-Marci coq! que vous devrez répondre, même si c'est une Trifluvienne.

Puis vous serez sur la rue St-Paul en un rien de temps.

***

Chanson-thème de Twois-Wivièwes pour les prochaines élections municipales.

jeudi 25 juin 2009

VIE ET MORT DE DIDJI KILL


Il était petit, teigneux, la tête rasée et portait un bandana sous une casquette de baseball dorée sur laquelle était imprimé un signe de piastre. Il s'appelait Didji Kill. C'était le surnom qu'on avait donné à ce triple abruti qui voulait faire ses classes dans le crime plus ou moins bien organisé.

Comme il commençait au bas de l'échelle, il se contentait pour le moment de minables vols par effraction en plus de faire chier le plus de gens possibles dans la journée en feignant de les écraser avec sa voiture ou bien en lâchant ses deux pitbulls dans les parcs publics, sans laisse.

Bref, c'était un tabarnak de trou d'cul qui méritait juste d'en manger une bonne su' 'a yeule pour qu'i' crisse la paix au monde.

Et c'est ce qui arriva ce jour-là.

Didji Kill s'était stationné en sens inverse dans la piste cyclable pour ramener l'un de ses potes à la maison. Comme l'autre sortait de l'automobile revampée, voilà qu'un cycliste s'engage sur la piste cyclable et s'avance vers le bolide de Didji Kill. Évidemment, Didji Kill accélère et fonce vers le cycliste qui lui bloque le chemin, juste pour le faire chier. Cependant, son bolide s'arrête d'un coup sec. Plus de jus. Rien. Et du coup le cycliste rattrape Didji Kill, ouvre la portière et lui rentre l'os du nez dans le cerveau.

Évidemment Didji Kill en est mort. Le cycliste était costaud en plus d'être en beau tabarnak. Un seul coup de poing a suffi pour renvoyer Didji Kill dans les limbes.

Personne ne l'a pleuré. Pas même ses pitbulls. Le quartier est redevenu tranquille et plus personne ne veut louer à des trous d'cul du genre Didji Kill.

C'est fou la vie des trous du cul. Ça se croit tout permis puis un jour, pouf, ils disparaissent.

mardi 23 juin 2009

Good 23rd of June!


Well, it's the 23rd of June and tonite there are some dudes who'll pitch themselves into «les feux de la Saint-Jean». It's always like that. At each fucking St-Jean-Baptiste. They drink. They smoke. They snif. And then, they don't feel the pain and they pitch themselves into the campfires until they burn or even die. What a bunch of idiots. Why are they so moron?

We've got our rednecks too in Quebec. We've got our bluenecks, that's right. And they drink and they pitch themselves into the fire, like everywhere else. And all that kind of crap.

I'm supposed to make a crime right now. I'm writing in English. Booo!!! How can I do that? Well, like I'm doing it right now. Most of the time I write up my texts in standard or colloquial French. As I recognize the knowledge of a foreign language as a plus, that'll be great to write up in English one day per year, like just right now. On a 23rd of June. Just before «la Fête Nationale du Québec». A way to say fuck off to our bluenecks ayatollahs. Inspite they won't understand anything about what I'm writing with the few English I've learned by drinking and working from coast to coast all across Canada.

Actually, I really prefer to write in French. But it could happen that I'd be so disgusted of living in Quebec that I wouldn't have choice to write regularly in English. I'm practicing, who knows what could happen. I might have to immigrate somewhere else, in Italia or France, where they also speak English I guess.

With my poor knowledge of English language, I fortunatly can go everywhere and share everything with the rest of the world, on the web, or wherever. And that's why I say to the youngsters: «Don't give up dudes! Learn your English! Even the sky is not a limit. Way to go, folks! Hey, hey, my, my, rock and roll will never die!»

***

I feel like a real Nowhere Man, sitting in a Nowhere's land, making of his nowhere plans for nobody.

Tabarnak...

lundi 22 juin 2009

BON 22 JUIN! / GOOD 22nd OF JUNE!


J'ai déjà détesté les Zanglais. C'était à l'époque où je n'en connaissais aucun. Les Zanglais, pour moi, c'était les vainqueurs, les impérialistes, les méchants qui voulaient faire de moi et mon peuple des porteurs d'eau, scieurs de bois, locataires et chômeurs dans notre propre pays. Ce que je fus, justement, à un moment ou l'autre de ma vie. Et vous savez quoi? Ce n'était pas la faute de Bill Smith. Bill Smith aussi était porteur d'eau, scieur de bois, locataire ou chômeur dans son propre pays.

Ce qui fait que je suis devenu ami avec Bill Smith. Je lui ai appris le français. Il m'a appris l'anglais. Et après deux ou trois bières, fuck off ou tabarnak, ça revenait pas mal au même. On naît Français ou Zanglais par pur hasard. On devient humains ensuite. On s'en crisse des fourmilières, moé pis Bill Smith. On s'en torche totalement. Les drapeaux? Il n'y avait pas de drapeaux sur l'Île de la Tortue, juste des oeuvres d'art, des totems. Et on prétend qu'ils n'étaient pas civilisés, les Sauvages?

Moé pis Bill Smith on est pas mal Sauvages. La mère de Bill Smith est une juive d'ascendance écossaise. Pis moé, ben, c'est ce que c'est. I am what I am cos' I am what I am. On est métis, comme tout le monde. Pis on s'assume comme tel. On n'appartient à rien ni à personne. We are the future. That's it.

Donc, moé pis Bill Smith on voudrait qu'il n'y ait pas de barrières sur l'Île de la Tortue. Que tout le monde puisse un jour y circuler librement et bénéficier des mêmes avantages et des mêmes sécurités. Que tout le monde se paie du bon temps, quoi, à sculpter des totems ou bien à chatter avec des hurluberlus. Librement. Comme dans «sans contraintes».

Bill Smith vit dans le coin de Sherbrooke. Les Smith du coin sont pas ben riches. Sont su' l'bs les trois quarts du temps. Comme quoi les Zanglais, comme i' disent, sont pas tous riches et n'ont pas tous le nez fourchu. Quoi? Y'a des Zanglais pauvres au Québec??? Ben oui, y'en a. Y'a même des juifs pauvres, imaginez-vous donc.

Je ne déteste plus les Zanglais. J'ai même appris à les aimer.

Je suis allé les visiter, d'un océan à l'autre. Et ils m'ont donné du travail, de l'amitié, de la musique et de la boisson, sans parler du reste.

Donc, les Zanglais, ça ne mord pas.

Et les conneries des ultranationalistes, c'est pareil. Ça ne mord plus.

Cos' the times they are a changin'.

Quand ta cause se résume à vouloir empêcher Paul McCartney de chanter à Québec City ou bien à ne pas vouloir entendre de chansons zanglaises à la Saint-Jean-Baptiste, ben man, laisse-nous te l'dire, man, moé pis Bill on pense que tu voles pas haut. Que t'es un hostie d'fêlé. Pis qu'c'est tant mieux si l'peuple suit pas des navets trop bouillis pis des têtes grises d'ayatollahs béni-oui-ouiesques.

Céline Dion parle la langue des Zanglais pis ça l'empêche pas de réussir. C'est pas une maladie, calice, parler l'angla!

Sur ce, bon 22 juin, Fête des chardonnerets et des nénuphars.

Pitchez-vous pas dans l'feu.

dimanche 21 juin 2009

CONTROVERSE AUTOUR DU NOM DU CONQUISTADOR QUI A FONDÉ TROIS-RIVIÈRES


Il y aurait une controverse autour du conquistador qui aurait fondé Trois-Rivières... Il va même y avoir un documentaire là-dessus. On en est encore à se demander si c'est Théodore Bochart Duplessis ou bien un obscur monsieur Laviolette qui a fondé la ville...

J'ai des petites nouvelles pour vous autres, les historiens...


Au lieu de jouer aux histrions avec l'argent public, retournez donc à vos livres d'histoire. Les sources sont là, facilement disponibles et souvent mal lues par des demies-portions intellectuelles qui se donnent des grands airs. N'importe quel autodidacte un tant soit peu passionné vous dépasse en trois lectures.

Le fait est que Trois-Rivières doit exister comme zone de peuplement humain depuis au moins, oh, je dirais huit milles ans...

Les visages pâles ne commencent à compter que lorsqu'ils plantent une croix: ce qui donne à Trois-Rivières trois cent soixante-quinze ans d'existence. Pour les autres, Trois-Rivières c'est un vieux promontoire aux pieds de sable fin, un lieu paisible sous la forêt de pins. On s'y rencontre entre tribus pour y faire du commerce. On y mange. On y dort. On s'y reproduit. Depuis des milliers d'années.

Quoi? Il n'y avait personne ici avant le 4 juillet 1634?

Il y avait des aborigènes dans la Vallée du Saint-Laurent depuis très longtemps. Même qu'il y avait des maisons, des élections, du travail pour tous. Et des médicaments. Et de l'eau courante. Et des enfants. Toutes sortes de trucs.

Fouillez dans les Relations des Jésuites et autres rapports des robes noires de l'époque. Et vous verrez que le fondateur de Trois-Rivières s'appelait peut-être Capitanal. C'était un grand chef algonquin. Il a demandé à Champlain d'envoyer certains de ses hommes au confluent de la rivière Métabéroutin et du fleuve Magtogoek, à l'emplacement actuel de Trois-Rivières, pour y bâtir un fort qui protégerait son peuple des attaques des Iroquois. «Vos fils marieront nos filles et nous formerons une nouvelle nation», qu'il a dit à Champlain, Capitanal. Pierre Boucher, premier gouverneur de Trois-Rivières, a d'ailleurs marié une des filles de Capitanal. C'est dans les Relations des Jésuites aussi. Ça se trouve facilement: pas d'excuses!

Cessons-donc cette mascarade de conquistadores du Régime français qui se promènent en bas-culottes et en talons hauts dans les rues de Trois-Rivières, pour célébrer je ne sais pas trop qui ou bien quoi. L'histoire de Trois-Rivières a bien plus à voir avec celle des Indiens de Mexico ou Lima qu'avec celle des bas bleus de Paris.

Ce n'est pas le Sieur de Laviolette ni Théodore Bochart Duplessis, le fondateur de Trois-Rivières, et je n'aurai pas besoin de tourner un documentaire là-dessus.

Trois-Rivières a été fondée par des Sauvages, il y a fort longtemps. Dont des Sauvages qui comptent parmi mes ancêtres puisque je suis moi-même un métis d'ascendance algonquine/anishnabé, un produit du rêve de Capitanal de former une nouvelle nation.

Il n'y a qu'à gratter un peu sous l'asphalte pour y retrouver la plage et les pointes de flèche des Premiers Trifluviens reniés par les manuels d'histoire officiels qui ne leur consacrent généralement qu'un ou deux paragraphes.

***

C'est aujourd'hui la Fête des Aborigènes (Aboriginal Day).

Kwey à tous les aborigènes, métis et membres honoraires de la grande communauté de l'Île de la Tortue.

La danse du soleil continuera jusqu'à très tard dans la nuit.

Dans nos pieds comme dans nos coeurs.

samedi 20 juin 2009

La fin du monde s'en vient


Cette histoire-là, je la tiens de Ti-Fern, un ami pas du tout achalant qui se prévaut d'un fabuleux talent de raconteux. Ce qui qui fait qu'on lui demande parfois de nous donner ses sources, pour l'étriver un peu.

Ti-Fern n'est pas bien gros, mais il a les nerfs solides. C'est un freak des années Frank Zappa et Captain Beefheart. Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît parce qu'il parle à tout le monde, qui que vous soyez. C'est dans sa nature, communiquer.

Ce qui ne m'empêche pas de malicieusement lui demander quelles sont ses sources quand l'anecdote me semble un peu trop grosse.

-Mes sources? Appelle mon frère Lucien à St-Célestin. I' vit dans l'rang du Pays-Brûlé. Y'est à maison mais étonne-toé pas si y'est saoul un peu. Y'est en train de r'faire le toit d'sa maison pis sont une couple de chums en train de s'saouler...

-Qu'est-cé? I' s'saoulent pendant qu'i' sont su' l'toit? demandé-je.

-Pendant, avant, après. Mais parle-lui z'en de c't'affaire-là. C'est pas des pipes que j'te conte. C'est vraiment arrivé, la fin du monde à La Gabelle. Vrai comme j'essuie là, me dit-il en essuyant une tache de café sur la table avec un vieux torchon sale.

Ok Ti-Fern. Tu m'as encore eu. Je ne téléphonerai pas chez ton frère Lucien, dans l'rang du Pays-Brûlé. J'vais juste la raconter comme tu me l'as racontée, cette histoire-là.

***

D'abord je parlais du barrage de La Gabelle, sur la rivière Métabéroutin, au Nord de Twois-Wivièwes. Je lui disais que c'était un site pas mal cool pour faire un pique-nique en famille. Quelque chose du genre.

Et voilà que Ti-Fern m'en raconte une capable.

-Savais-tu que c'est là, à La Gabelle, que la fin du monde est arrivée?

-Comment ça la fin du monde?

-Ben... Hum... fit-il pour s'éclaircir la voix et retrouver son fil narratif. Y'a une maison dans l'coin de La Gabelle. Ah! Y'en a pas douze pis quinze. I' doit y'en avoir trois ou quatre. Ben imagine-toé don' qu'le toit d'une de ces maisons-là a été défoncé par une roche d'à peu près vingt livres qui a été pitchée en bas d'un avion qui passait au-dessus. Pis sais-tu c'qui était écrit sur la roche? «LA FIN DU MONDE S'EN VIENT. LES NAZIS ARRIVENT» C'était une roche qui devait servir d'indice pour un rallye de scouts... L'hostie d'épais a emprunté un avion pis l'a crissée en bas. Sauf qu'en bas, y'avait une maison. Pis dans maison, ben y'avait une pauvre vieille de quatre-vingts ans qui s'est mise à capoter que l'saint-chrême quand qu'a vue la roche... «LA FIN DU MONDE S'EN VIENT. LES NAZIS ARRIVENT» Ha! Ha! Ha! La v'là qui s'met à téléphoner les pompiers, le maire, la radio, Le Nouvelliste... Elle, la pauvre vieille, est sûre qu'la fin du monde s'en vient pis qu'les nazis arrivent! Hostie, c'était un indice pour un rallye de scouts pitché d'un avion par un calice de maillet!

***

Je n'en sais pas plus et vous laisse faire tout le travail d'historien à ma place.

C'est à cause de paresseux comme moi et Ti-Fern que naissent de foutues légendes, je sais.

Bien sûr, vous pouvez allez voir dans les archives du quotidien Le Nouvelliste pour savoir si c'est vraiment arrivé.

Ça se serait passé à l'époque où Pagliaro chantait cette chanson-ci.

vendredi 19 juin 2009

La duplicité est partout

Il y a des mots qui sortent comme ça de la bouche sans que l'on sache vraiment d'où ça vient.

Prenons par exemple le mot duplicité. Au lieu de dire de quelqu'un qu'il joue constamment des double games, bref qu'il joue double jeu, eh bien j'ai préféré dire que cette personne fait preuve de duplicité. C'est hot, hein?

Qu'est-ce donc que la duplicité? Le dictionnaire Littré prétend que c'est, au figuratif, le «caractère d'une âme qui est double, qui présente une apparence trompeuse et contraire à ce qui est au fond». C'est dans ce sens-là que ça me met en beau tabarnak. Hostie de fucking double-faces que j'suis pas capable d'endurer. Faces d'anus, comme Janus, double-faces du calice!

Cette personne, que je ne nommerai pas, fait preuve de duplicité, caractère des âmes veules qui cherchent à s'approprier par des moyens mesquins ce que les gens droits acquièrent généralement par leurs vertus sinon par leur bonhomie.

La duplicité est l'art du mensonge gros comme le bras. Elle conduit à manipuler les sentiments de tout un chacun, avec de la bouette mentale, des expressions feintes, des propos convenus et des conventions en lesquelles on ne croit vraiment que si cela ne s'adresse qu'aux autres.

Elle est partout, la duplicité. Elle ne chôme jamais. Et pour s'en préserver, il faut parfois barrer les portes et les fenêtres, prendre le large et revenir sans trop se faire remarquer.

Ce qui fait de son antonyme, la simplicité, un caractère nettement plus fin et malheureusement plus recherché.




«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

COMBATTEZ LA CANICULE À PEU DE FRAIS

Votre vieux congélateur ne sert plus à rien depuis que les enfants ont quitté le nid. Il ne reste plus qu'un vieux steak de huit mois brûlé par le froid et un ice-pack. Vous vous dites qu'il ne faut pas virer fou avec l'outrestockage alimentaire. Et voilà que votre vieux congélateur prend la voie des ordures.

Pourtant, votre vieux congélateur pourrait retrouver une deuxième vie. Et vous protéger de la canicule cet été.

Sortez votre vieux congélateur dans la cour et placez-le sous un parasol. Branchez-le -en utilisant une extension si nécessaire. Versez quatre bonnes chaudièrées d'eau dans le congélateur et refermez-le pour la nuit.

Le lendemain, la banquise vous attend. Débranchez votre congélateur. Ouvrez le congélateur et assoyez-vous dedans, directement sur la glace, ou bien sur une couche ou deux de serviettes posées sur la glace. (Ce conseil convient aux peaux plus sensibles.)

Grâce à votre vieux congélateur, vous passerez un été au frais à peu de frais. Vos voisins vous envieront. Vous les regarderez de haut, sinon avec mépris, affichant la majesté d'un nouveau statut social, un type qui se la coule douce, bien assis dans son congélateur.

Le bonheur est facile à trouver. Il ne suffit que de ne pas jeter ses choux gras.

mercredi 17 juin 2009

POWER TO THE PEOPLE!


On ne peut pas toujours garder le pouvoir au bout du bâton ou bien de la baillonnette. Napoléon a dit quelque chose du genre. Je ne sais pas où ni quand. Ça traîne dans ma mémoire, quelque part.

C'est comme Veni, vidi, vici, tout le monde sait que c'est de Jules César et personne ne se souvient que c'est tiré de son histoire de la guerre des Gaules. Et qu'il parlait toujours de lui à la troisième personne du singulier. César a fait ceci. César a fait cela. Etc. Plein de politiciens ont développé cette manie. Du genre Lucien Ménard-Provencher est un gars qui... un homme de... Faut être siphonné en tabarnak pour parler de soi-même à la troisième personne du singulier, n'est-ce pas? César mon cul. Nous sommes tous et toutes des rois. Au diable tous les césars, tsars et kaisers. Il n'y a qu'une vie à vivre et ça ne se vivra pas en renifleur de pet de qui que ce soit.

***

Évidemment, le pouvoir se prend aussi avec le bâton et la baillonnette. Mais on n'y demeure pas longtemps si l'on a que du sang à verser. Ce n'est payant pour personne. Ses propres soldats peuvent se revirer contre soi-même. On leur dit d'aller abattre des manifestants, ils y trouvent des types sympas, et voilà qu'ils reviennent tous ensemble vers le palais pour se débarrasser du tyran.

Les joyeux lurons ne trouvent pas de soldats sur leur route: les soldats sont avec eux! Et les quelques zoufs qui restent, dans la garde royale, se sentent coincés comme des rats. Ils se cachent dans des fosses à purin et ils s'inquiètent du moindre bruit.

***

-Il y a tant de bruit dehors aujourd'hui! Quelle journée somme-nous?

-Le 14 juillet Votre Majesté.

-Tant de bruit dehors... Est-ce une révolte?

-Non sire. C'est une révolution.

-Et l'armée?

-Eh bien, justement. L'armée est avec eux...


***

Les hommes comme les peuples ont l'aspiration naturelle à la liberté. Je ne sais pas qui a dit ça. Jefferson? Mon père? Le voisin de mon oncle? Aucune idée.

Je crois, peut-être à tort, que l'être humain a été conçu pour la liberté, avec ses travers, mais aussi ses joies incommensurables. Enlever la liberté à un oiseau et il ne prendra même plus plaisir à manger ou chier dans sa cage. C'est fou comme c'est précieux, la liberté. Tout le monde l'envie. Ça traverserait l'océan à la nage pour vivre ici. Personne, ou à peu près personne, n'a songé à faire le chemin en sens inverse...

Je ne sais pas comment l'on peut être Persan. Je n'ai rien retenu de Montesquieu.

Cependant, je sais que l'on peut être libre. Et ce n'est pas qu'une vue de l'esprit. Ça se goûte. Ça se sent. Ça se respire. C'est ça, la liberté.

***

Le monde et les temps changent.

Ici ou ailleurs.

De Twois-Wivièwes à Téhéran.

mardi 16 juin 2009

C'est l'été et l'existence est douce...


C'est l'été et l'existence est douce.

Les poissons sautent et le coton est haut.

Ton père est riche pis ta mère paraît ben.

Essuie tes pleurs, p'tit bébé, arrête de brailler.

La traduction en anglais est ici.

lundi 15 juin 2009

POURVOU QUE ÇA DOURE!

Le bonheur, c'est con, mais personne ne sait vraiment en parler. Tous ceux et celles qui en parlent ont généralement l'air con. Et je ne parle même pas de ce qui s'écrit à son sujet, ce qui ne vaut guère mieux. Quand Sénèque et Marc-Aurèle traitent du bonheur, je manque d'épithètes pour me gausser de ces simulateurs d'Épictète.

Donc, je ne parlerai pas du bonheur.

Je ne vous dirai pas comment l'atteindre.

Comment faire.

Quoi faire.

Que faire.

Que dalle.

Je ne dirai rien du tout.

Un état d'âme, ça ne se décrit pas. Ça se joue sur une guitare. Ou bien ça se dessine. Mais ça se passe de descriptions et de définitions.

Donc, donc, doncques, c'est le bonheur.

«Pourvou que ça doure!», comme disait la chère maman de Napoleone Buonaparte, un type qui buvait du café corsé.


***
POST-SCRIPTUM

Un article sur Doum Laroche, un bassiste trifluvien qui fait son grand bonhomme de chemin. Ça m'a été transmis par mon pote bassiste, Benoît, le même qui joue sur cette chanson-ci.

vendredi 12 juin 2009

STRAWBERRY FIELDS FOREVER

Je n'ai jamais manqué une saison de fraises des champs jusqu'à ma vingtième année. Après cela, je me suis mis à trouver ça banal ou bien à me sentir paresseux. De sorte que je n'ai pas fait la cueillette des fraises des champs depuis très longtemps.

Je ne dis pas ça pour rien. J'ai beau ne pas les cueillir comme dans ma prime jeunesse que je ne les compte pas moins parmi ma liste de repères pour marquer les lunes qui me séparent de mon dernier souffle que je souhaite vivre le plus tard possible, en 2109, tiens. À moins que l'on n'ait trouvé les gènes de l'immortalité d'ici là. Ou bien le moyen de déjouer le continuum espace-temps.

Tout est possible. Même aller sur la lune. N'en déplaise à ceux qui croyaient que c'était impossible, dont ces savants bardés de diplômes qui se moquaient des travaux des frères Wright, prétendant que c'était impossible de faire voler une machine.

Ce sont donc deux simples marchands de vélo qui ont initié la conquête de l'espace. Pas des ingénieurs: juste deux frères qui réparaient des bicyclettes...

On est loin des fraises des champs, je sais.

Entre temps, on a aussi inventé la tondeuse à gazon qui fait des ravages au sein de l'écosystème.

Il ne serait jamais venu à un Indien l'idée de tuer l'âme des plantes pour rien, juste pour contempler l'hécatombe. Notre civilisation pourrie, connectée sur le pillage systématique de tout ce qui demande sa part de photons, se fout bien des plantes et par conséquent des fraises des champs, qui sont bien plus savoureuses que les fraises génétiquement modifiées et plus difficiles à récolter aussi.

Ce qui fait que les parterres et bouts de terrains verts de mon quartier ont été civilisationnément rasés. Les fraises des champs qui s'y trouvaient, personne ne semble les avoir vues. Personne ne s'en est soucié. Personne.

Donc, il nous reste des trottoirs de béton, de l'asphalte, et des gazons austères comme la philosophie de cons qui permet le massacre des plantes pour une raison qui m'échappe. On fait aux plantes ce qu'on faisait aux bisons. On s'en tabarnaque.

Et du coup, il n'y a plus de fraises des champs. Ni de fleurs.

Merci à ceux qui n'entretiennent pas leurs terrains vagues.

Leur paresse en font des bienfaiteurs de la nature.

Merci à vous qui n'avez pas de tondeuse et qui contemplez les herbes hautes, les pissenlits et les fraises des champs...



***

«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

Arrachez le système de son de votre automobile

Arrachez le système de son de votre automobile. Éteignez le moteur. Qu'entendez-vous? Le chant des oiseaux.

***

Musique.

jeudi 11 juin 2009

LE MYTHE DU BON SAUVAGE N'EST PAS UN MYTHE


Au fil de mes lectures, je me rends bien compte que le mythe du Bon Sauvage n'en était pas vraiment un.

Mes ancêtres aborigènes de l'Île de la Tortue ont fortement impressionné les auteurs européens du XVIIe et du XVIIIe siècle.

Et ce n'était pas pour rien.

Tandis que les Européens se débattaient avec des systèmes de castes pourris, des monarchies stupides et toute la servitude que cela suppose, la plupart des Algonquins ou bien des Hurons se considéraient chacun comme des rois et des reines en communion avec le grand cercle de la vie.

Les premiers Européens qui relatèrent leur rencontre avec les «Sauvages» rapportent tous ce fond de vérité: les «Sauvages» sont fiers, indépendants, libres et philosophent avec un certain aplomb.

Les légendes des «Sauvages» ne sont que des légendes, alors que celles des Européens doivent passer pour des vérités. Les «Sauvages» imaginent un dieu, des génies, des demis-dieux, rien de certain.

Les Européens croient en un Dieu, divisé en trois, et qui a tout mis sur papier jusqu'à la fin des temps...

Pas étonnant que les philosophes européens se soient tant délectés des récits des Paul Lejeune, Nicolas Perrot, La Hontan et tous les autres. Ils y trouvaient une philosophie à la mesure de l'homme, une philosophie de lumière pour préparer celle des Lumières.

Regardez autour de vous. Comme chez les Indiens, au Canada la femme décide avec qui elle veut bien s'accoupler et la communauté soutient ses choix et la protège des harceleurs. Ça n'a pas été inventé en 1926, mais il y a tout près de 10 000 ans, cette façon de voir les relations conjugales. Il en va ainsi pour tout le reste. Benjamin Franklin s'est inspiré de la Confédération des cinq nations iroquoises pour rédiger la constitution américaine. Le scepticisme des autochtones a conquis tous ceux qui sont venus s'établir ici, qui peu à peu se sont détachés des dogmes anciens de la religion du livre.

Dans la bouche de Voltaire ou Diderot, on y trouve toujours un brin de joyeux Huron qui semble dire tout ça n'est qu'une fable. Vous vous agitez pour rien. Vous avez tort, mais je vous tends tout de même le calumet de la paix.

Je pense sincèrement que les Sauvages prenaient en pitié les Européens. Et que le mythe du Bon Sauvage n'était pas un mythe.

Je constate que la philosophie des humains de l'Île de la Tortue est en train de conquérir peu à peu toute la planète. Être vert, en quelque sorte, c'est être Indien. C'est s'assumer pleinement en tant qu'homme. En tant que créature vivante qui participe de la Création, sans oublier la récréation, la vraie vie quoi, celle qui n'était que rêvée par les poètes.

***

Glooskap est revenu...

Chagon!

*Chagon= courage dans la langue des Mohawks

mercredi 10 juin 2009

COMME DES DÉTRITUS SUR LA PLAGE


La Sally est semblable à la plage où l'on trouve des tas d'épaves et de détritus.

D'abord, vous vous demandez sûrement c'est quoi, la Sally. Voyons! Tout le monde sait ça sur la squidrow, à Toronto. C'est le surnom que l'on donne au refuge de la Salvation Army, d'où la contraction Sally.

La Sally est sur Sherbourne Street. Juste en face de la Canada House Tavern. Au coin de Dunda's Street.

On y trouve des tas d'épaves et de détritus, dont des immigrés du Québec qui ne parlent pas un traître mot d'anglais.

Jack Tremblay s'y trouvait. Il était fauché. Et il attendait de recevoir son chèque d'aide sociale pour crisser son camp vers l'Ouest, histoire de ne plus être un chômeur de la côte Est.

Il était donc atterri là, comme un détritus sur la plage, sauf qu'il n'y avait pas de plage, juste la Sally, un vieil immeuble plutôt terne, avec des dortoirs et des types qui rient la nuit en disant «I'm gonna kill yo'» en un patois des mers du Sud ou bien en terreneuvien, sinon avec un fort accent français «ail am gôna to kil you!»

Il ne restait que deux jours avant de recevoir le fameux chèque d'assistance. Jack prenait donc son mal en patience. L'ambiance était sordide mais il n'était pas malade et tout le monde le craignait. Il survivrait à cela.

De jeunes punks de Montréal s'étaient acoquinés avec Jack. Ils attendaient leur chèque, eux aussi, et passaient leur journée à se geler de n'importe quoi, gobant des valiums ou buvant du sirop, n'importe quoi, pourvu qu'ils soient frostés. Ils volaient tout sur leur passage. Comme ils étaient trois, deux punks faisaient le guet pendant que l'autre chippait un sac de chips, des cigarettes, des biscuits au chocolat. Ils partageaient leur butin avec Jack qui, à prime abord, refusait les fruits du crime. Il finissait par faillir, à force de voir tout plein de riches sur les trottoirs de Toronto, riches et indifférents à la pauvreté, à la misère. Il finisssait donc par se faire une raison et mangeait des chips, fumait des cigarettes et savourait un bon biscuit au chocolat. À Rome, on fait comme chez les Romains. Et parmi les petits bandits, eh bien on fait pareil.

Les heures s'effritèrent. Puis ce fut le grand jour. Le jour du chèque.

Jack se présenta au bureau des Social Services sur Adelaide Street, tout près de la tour du CN. Il y avait là des tas de gens qui attendaient leur chèque, dont un gros Indien qui arracha un banc vissé au sol pour l'abattre plusieurs fois de toutes ses forces contre la vitre en plexiglass du guichet.

Évidemment, la distribution des chèques cessa sur-le-champ. L'Indien fut arraisonné par une dizaine de policiers qui semblaient avoir pris l'habitude de ce type de comportement au bureau des Social Services. Ce n'est pas pour rien que la vitre était en plexiglass...

Était. Parce que l'Indien avait réussi à la péter, la vitre en plexiglass.

Évidemment, tout le monde lui en voulait. La distribution des chèques avait été interrompue. De sorte que tout le monde devrait attendre quelques heures de plus avant de recevoir leur cash.

Finalement, Jack reçut son chèque. Il l'encaissa et se rendit immédiatement au terminus d'autobus de Toronto pour quitter cette ville de fous.

Il s'acheta un aller sans retour vers le village le plus près longeant l'autoroute transcanadienne d'où il pourrait poursuivre son périple sur le pouce.

Dans l'autobus qui l'extirpait de Toronto, Jack se sentait bien. Son âme était en paix. L'enfer était derrière lui. Le paradis s'ouvrait, tout devant. Et le paradis, eh bien, c'était l'Ouest, encore l'Ouest, toujours l'Ouest.

-I don't wanna live like a fuckin' worm... se disait-il en lui-même, pour pratiquer son anglais et améliorer sa condition sociale.

Quatre jours plus tard, Jack était quelque part sur l'île de Vancouver, à contempler les cèdres rouges, les salmonberries et l'Océan Pacifique. Il travaillait dans une petite fabrique de caissons de bois. Il s'était fait une blonde. Et il avait un beau petit logement avec poêle, lit et frigidaire. Il mangeait huit repas par jour. Fêtait un peu. Faisait de la musique. Faisait l'amour sur la plage.

Que demander de plus à la vie?

mardi 9 juin 2009

J'aime les gens bons


Je vais vous avouer quelque chose. J'aime les gens bons. Ceux et celles qui savent accueillir l'autre tel qu'il est, avec respect, fusse-t-il le dernier des mécréants, sans même chercher à le changer.

Je ne suis pas toujours à la hauteur de ce que j'aime, mais je vise cet idéal.

Rien ne me pue plus au nez que la dureté du coeur, source de mesquinerie et de médisance, tributaire d'un égoïsme abyssal.

Je ne fréquente que des gens bons et j'accueille tout un chacun avec curiosité et enthousiasme.

Je laisse toujours la chance au coureur, même s'il a un gros pustule dans le front.

Il ne faut pas se fier aux apparences.

Cet homme-tronc pourrait m'apprendre quelque chose d'important sur la vie que personne d'autre ne pourrait m'apprendre.

Ce bègue possède peut-être la pièce manquante d'un casse-tête jamais terminé.

Cette laideronne pourrait me sauver la vie, un jour, en appelant une ambulance pendant que je ferais un infarctus du myocarde -ce que je ne me souhaite pas, évidemment!

On ne sait pas quand on aura besoin des autres, ni qui seront ces personnes qui nous aideront.

Ce ne sera peut-être pas Kent ou Barbie.

Ce sera peut-être ceux-là.

On n'en sait rien.

Et ce n'est pas une question de loterie.

C'est comme ça et les hommes ne sont pas si méchants, somme toute.

Il faut seulement se méfier un peu des clubs, partis et autres troupeaux qui déshumanisent les individus pour n'en faire que de vils instruments pour s'emparer du pouvoir.

Les gens bons ne traînent jamais de ce côté-là, à mon humble avis.

***

Musique.

lundi 8 juin 2009

QUELQUES LECTURES POUR BIEN COMMENCER LA SEMAINE


C'est rare que j'en parle. C'est un peu comme pour l'amour. Quand on le vit intensément, on ne ressent pas le besoin d'en parler. On le vit. Et c'est très bien ainsi. Remarquez que les plus belles chansons d'amour ont sans doute été écrites par des gus qui venaient de perdre leur amour. C'est con comme ça, la vie.

Donc, je vais vous parler un brin de mes dernières lectures. Juste pour le fun. Sans trop me casser le cul.

D'abord, il y a Le désespéré, un roman de Léon Bloy, un extrémiste catho qui emploie tous les mots du dictionnaire dans ses romans et abonde en néologismes. Il invente de fameuses formules pour rouler tout ce qu'il déteste dans les auges à cochons et les excréments. Ses idées me répugnent un peu et ses anathèmes colportent un fond d'antisémitisme dont il se libérera un peu plus tard avec son livre Le salut par les Juifs.

Dans Le désespéré, Bloy présente sa propre vie de polémiste et pamphlétaire, sans un rond, qui se confronte à la bêtise des milieux littéraires tout en proférant des bêtises et parfois des vérités lourdes de sens. Caïn Marchenoir en arrache. Et il les empale tous, ces putes de la littérature, tout en crevant d'amour pour La Ventouse, sa compagne, une pute qui vit un trip mystique chrétien avec lui... L'histoire n'est pas banale et j'entame la suite, La femme pauvre, avec constance et enthousiasme, malgré ses défauts, ou peut-être à cause de ceux-là.

Beaucoup de ses textes sont disponibles en ligne. Dont L'Invendable, son journal, presque son blogue... Alors ne venez pas me dire que ça coûte cher de lire un brin. Sans sortir de chez-vous vous avez accès à une multitude de renseignements et de niaiseries sur YouTube. C'est-y pas funny, ça?

***

J'ai lu un certain Lu Xun, Tempête dans une tasse de thé, aux éditions Mille et une nuits, dans leur petite collection à 1 euro. Lu Xun, c'est un peu le Tchékov chinois. Dans Tempête dans une tasse de thé, il relate l'histoire d'un type qui s'est coupé la natte en pensant que l'empereur avait été défait. La rumeur court que l'empereur est toujours là et que les tenants de la république battent en retraite. Donc, le pauvre type s'est coupé la natte pour rien et s'est foutu dans le pétrin en croyant bien faire. Son opportunisme lui a nui. Sa femme est en colère après cet imbécile de mari. Quand on verra qu'il n'a plus de natte, on dira qu'il désobéit à l'empereur et on lui tranchera le cou...

Tout le comique et le stress de savoir qui sera le vainqueur...

Pour en savoir plus, il y a ce petit texte de l'encyclopédie L'Agora, tiens.

***

Finalement, je suis tombé sur Le bonheur des tristes de Luc Dietrich, le récit sobre d'un enfant abandonné à lui-même.

Je n'ai lu qu'une cinquantaine de pages. Mais c'est captivant, authentique, prenant.

Dietrich a trippé avec René Daumal, de qui l'on doit la revue Le Grand Jeu et ce récit hallucinant intitulé La grande beuverie, disponible chez Gallimard dans la collection Imaginaires.

Ils se frostaient pas mal l'un et l'autre. À l'instar de Rimbaud, peut-être, à la recherche de la mer en allée avec le soleil. Par-delà les portes de la perception, comme dirait l'autre.

***

Pour le reste, j'ai Einstein et l'univers de Lincoln Barrett que je vais commencer aujourd'hui. Un peu de physique quantique, ça dérouille le cerveau.

Et il y a La cantatrice chauve de Ionesco que je veux relire, juste pour voir si je ne faisais semblant que d'aimer ce livre la première fois que je l'ai lu, il y a vingt ans.

***

Les livres survivront-ils tous à nos relectures? Pas sûr. Certains qui nous étonnèrent nous sembleront ternes.

C'est la vie.

dimanche 7 juin 2009

À la plage!


Vous vous demandez pourquoi je n'avais encore rien écrit aujourd'hui, hein?

C'est bien simple, c'est parce que j'étais parti à la plage. Dans tous les sens du terme.

Quand j'en suis revenu, j'ai terminé cette toile de format deux pieds par trois pieds.

Elle s'intitule, tout simplement, À la plage!

***

Musique.

samedi 6 juin 2009

L'élément chauffant


Nous nous sommes levés tôt ce matin. Très tôt pour accueillir le vaillant p'tit gars qui revenait du boulot. Très tôt pour foutre un jambon au four. Et très tôt, eh bien c'est trois heures du matin.

Une fois le jambon mis au four, nous nous sommes tous mis au lit. Une heure plus tard, incapable de dormir, je me lève et me dirige spontanément vers une drôle de lueur qui provient de la cuisine. Le feu est pogné dans le four. Quelque chose a cramé après l'élément du bas et du coup, l'élément a perdu la vie. Donc, le jambon ne cuit plus.

-Fuck! Qu'est-cé qu'on va faire avec not' hostie d'jambon, hein? que je dis à ma blonde en me grattant la tête.

-On a juste à le faire mijoter sur le rond, qu'elle me répond en parfaite cuisinière professionnelle.

-Ouin ben va falloir changer l'élément...

-Y'où c'est qu'on trouve ça? qu'elle me demande.

-Ben... J'sais pas. Chez Canadian Tire, que je lui réponds, comme si tout se trouvait là. Je ne leur demande pas un rond, remarquez, pour cette pub gratuite. Mais chaque fois que ça va mal je pense à Canadian Tire, sinon à Jean Coutu.

Je regarde donc sur le site Internet de Canadian Tire pour voir s'il y a des éléments de four, sans savoir comment s'appelle vraiment cette maudite pièce d'appareil électroménager.

Je ne trouve rien. Et le dictionnaire visuel ne m'aide pas beaucoup. Appellons ça l'élément chauffant du bas du four, sacrement, et trouvons-en.

Bon, je tape dans Google pièces d'appareils électroménagers et Trois-Rivières. Je tombe sur Ameublement X. qui en vendent justement, des éléments chauffants de four, ceux d'en haut comme ceux d'en bas. Et ça se trouve en bas de chez ma mère, qui occupe un petit logement temporaire tandis qu'ils font réparer la toiture de la maison. Super. Je vais donc en profiter pour aller visiter m'man.

Évidemment, je dois attendre jusqu'à huit heures avant de lever les feutres et enfourcher mon vélo. À huit heures, mon jambon sera cuit. Je pourrai éteindre le serpentin. Et prendre la route à vive allure sur le chemin qui mène au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, où j'allais faire des pêches miraculeuses de brochets et de maskinongés quand j'étais jeune. Je me dis que ce serait pas mal de faire un détour par Canadian Tire pour m'acheter une canne à pêche et quelques trolls bicolores rouge et blanche, l'idéal pour le brochet.

Brochet, jambon, vous voyez bien que je ne pense qu'à manger!

Quoi qu'il en soit, il faut aussi que je parte du poulet au four cet après-midi. On fait du travail d'équipe à la maison. Et le samedi on prépare de la bouffe pour la semaine pour ne pas trop rusher quand on revient d'la job les jours de la semaine.

Et puisque j'ai besoin du four, j'ai besoin aussi d'un calice d'élément chauffant.

Une chance que je suis débrouillard. Il y en a qui paierait cent piastres pour faire réparer leur four. Des éléments chauffants, ça se trouve à rabais dans tous les bazars et cavernes d'Ali Baba de Trois-Rivières, capitale des marchés aux puces et autres dépotoirs. Et l'essentiel c'est que ça marche et que le poulet mijote au four.

Donc, une bonne partie de ma journée tournera autour de cet élément chauffant.

J'aurais bien voulu vous raconter plein d'anecdotes, dont la vraie et pathétique histoire d'un certain Laframboise, membre honoraire du club Mise sur toi. Je craignais cependant de perdre le fil narratif compte tenu de cet hostie d'élément chauffant qui occupe toutes mes pensées.

Ce sera donc pour une autre fois, l'histoire de Laframboise.

Hého! je ne peux pas tout faire en même temps. Raconter des niaiseries sur mon putain d'élément chauffant et vous rapporter l'histoire de Laframboise, sur laquelle nous sommes au moins quatre à travailler. De sorte qu'elle grossit tous les jours. Dans le fond, je vous garde ça pour plus tard. Ça va prendre de l'âge et ça goûtera meilleur, comme le bon vin.

Hostie de Laframboise! Ha! Ha! J'en ris rien que d'y penser!

vendredi 5 juin 2009

LEÇONS DE BONHEUR...


Le bonheur est la chose la plus recherchée au monde.

Il paraît qu'il faut que tu sois prêt à mettre le paquet pour le trouver. Autrement, toutes tes vies à venir seront pitoyables.

Le bonheur appartient donc à des gens qui font l'effort de «travailler» sur leur nombril ou sur leur moi-même. Le bonheur est pour ceux et celles qui n'hésitent pas à ouvrir leur portefeuille.

L'apprentissage en troupeau est nécessaire pour la plupart des gens. Les déprimés, dépressifs, régressifs, timides, orgueilleux, valétudinaires, hypocondriaques ou frostés de spiritualité-à-gogo doivent apprendre qu'ils ne connaissent rien du bonheur. Ils peuvent le trouver auprès de charlatans toujours disposés à leur siphonner du cash.

Le bonheur, ça coûte un bras. On dirait que c'est pour les riches, hostie, si l'on oublie ces imbéciles heureux qui n'ont jamais suivi de cours de regarde-toi-le-nombril-en-te-grattant-le-chakra.

Tu veux le bonheur? Tu vas voir le charlatan et l'hostie de crosseur te conseille de suivre une démarche «spirituelle» qui va te coûter 3500$. Évidemment, pour passer à l'étape suivante, tu devras aussi établir tes priorités dans la vie et débourser 7000$ afin de poursuivre ta quête sur l'Île de Pâques, à discuter avec les statues de pierre venus de la planète Krypton.

Il faut que tu sois riche pour être heureux, c'est connu. Les pauvres n'auront pas cette chance d'avoir l'esprit clair, le coeur rasséréné et les chakras bien équilibrés.

Et toi, ridicule ver de terre qui se sent las et vide de toute substance intellectuelle, eh bien il ne te reste qu'à rééquilibrer tes chakras ou à parler avec tes anges gardiens qui sortent du cul de la Vénus callipyge pour veiller sur toi à l'ère du Ver Sot.

***

Si seulement ils avaient l'air heureux après tout ça, les gagas qui se font siphonner du cash...

***

Invite à un party l'un de ces gagas qui passe tout son cash dans sa démarche de croissance personnelle avec Zamitoutou le magicien.

C'est celui qui a l'air le moins heureux.

Celui qui fait la morale à tout le monde alors qu'il est un con fini qui parle de ce qu'il connaît le moins: le bonheur.

Il connaît toutes les façons d'arriver à être heureux, puisque tout est dans le livre de Zamitoutou.

Et il fait chier son entourage avec des hosties de conneries de fucking crosseur.

Voit-il quelqu'un manifester son bonheur qu'il mettra tout en oeuvre pour le déprimer avec la marde de Zamitoutou.

Le bonheur est la chose la plus recherchée au monde.

Et c'est ce qui coûte le moins cher.

Zéro signe de piastre.

Le bonheur, c'est simple maudit calice.

***

«CONSEIL PRATIQUE» DE LA SEMAINE
Tous les vendredis matins, à heure fixe, question de finir la semaine en beauté.

RÉÉQUILIBREZ VOS CHAKRAS À PEU DE FRAIS !

Vos chakras sont un peu trop lousses. Vous n'avez plus une bonne digestion. Vous déféquez difficilement. Vous passez votre temps à vouloir rendre les gens heureux et les gens heureux vous trouvent déprimants. C'est le temps de rééquilibrer vos chakras.

-Rééquilibrez mes chakras? que vous vous dites. Ça va encore me coûter une beurrée!

Pas du tout. Il y a une manière très économique de se rééquilibrer les chakras à peu de frais.

Tout le monde connaît un voisin serviable. Allez le voir, présentez-lui votre postérieur et demandez-lui de vous donner un solide coup de pied au cul. S'il est gentil, il vous bottera le cul gratuitement, sans rien vous demander en retour. Vous épargnerez des mois de yoga qui coûtent la peau des fesses.

Il n'y a rien de mieux que de recevoir un coup de pied au cul pour rééquilibrer ses chakras. Cela peut se faire à peu de frais grâce à votre voisin serviable.

Le bonheur vous appartient.

jeudi 4 juin 2009

HONNEUR ET GLOIRE AUX MANIFESTANTS DE LA PLACE TIEN AN MEN


Le 4 juin 1989, il y a vingt ans, la dictature communiste chinoise envoyait l'armée sur la Place Tien An Men pour écraser les manifestants en faveur de la démocratie parlementaire et de la liberté d'expression. Du coup, l'étudiant de vingt ans que j'étais a vomi le marxisme et le fascisme rouge.

J'en veux aux loustics de nos collèges et universités qui souhaitaient abolir ici la démocratie parlementaire et la liberté d'expression. Ils n'étaient pas des révolutionnaires, mais des valets de l'Internationale du Parti Unique. Des lèche-bottes. Des lâches.

J'en veux aux caves diplômés qui visitaient la Roumanie, l'Albanie, la Chine et Cuba sur les bras des serfs de ces pays, au nom d'une quelconque «solidarité prolétarienne révolutionnaire marxiste-etc.»

Nos caves enseignent encore même si le mur de Berlin est tombé.

Et ils enseignent les mêmes conneries marxistes comme s'ils conduisaient des chars d'assaut fonçant sur des manifestants.

Honte à eux!

Honneur et gloire aux manifestants de la Place Tien An Men.

Ils ont gagné aux yeux de l'Histoire.

Les dictateurs et leurs partisans sont universellement souillés de boue, de pourriture et d'excréments. Le monde les regarde et crache de côté.

VIVE LA LIBERTÉ!

mercredi 3 juin 2009

Mon presque jumeau de fwèwe


Quand j'étais jeune, j'avais un presque jumeau, heureusement plus mince que moi et plus jeune d'un an aussi. Vous l'aurez deviné, c'était mon benjamin de frère qui, cette semaine, aura quarante ans.

Nous étions presque jumeaux dans le sens que nous étions toujours ensemble et partagions sensiblement les mêmes amis. Jusqu'à l'adolescence à tout le moins.

Quand nous jouions à la cachette dans la ruelle, il lui arrivait de mettre mes lunettes pour se faire passer pour moi. Ça pouvait tromper les autres tant qu'il n'allait pas plus loin que de se montrer la tête. J'avais pas mal plus de coffre pour ce qui était situé en bas du menton. D'où mon surnom de Gros Butch, pour me distinguer de lui qui était surnommé Petit Butch.

-J't'ai vu! C'est Guétan! disait le recherchiste.

-Non! Maillet! C'est Mario! répondait-il en enlevant mes lunettes.

***

Nous étions presque jumeaux pour d'autres raisons aussi. Quand l'un de nous deux pleurait, l'autre pleurait aussi et disait à l'autre «arrête de brailler tabarnak!»

On se battait et s'insultait souvent, comme un très vieux couple, puisque nous partagions aussi la même chambre. On était ensemble presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De quoi sauter les plombs de temps en temps. Ça nous arrivait. Et on finissait par se réconcilier, un tant soi peu. Ce qu'il fallait pour passer au travers.

Mon presque jumeau n'était pas très bon à l'école compte tenu de sa dyslexie. Norman McLuhan, l'auteur de La galaxie Gutenberg, aurait pu dire que son ascendance aborigène le rattachait plus facilement à une tradition orale de transmission du savoir. L'écriture, ça ne lui revenait pas du tout. De fait, il est devenu plutôt bon conteur, le gars qui se dévoue pour faire rire son entourage. Un trait que je partage avec lui pour une raison qui m'échappe. On doit retenir de notre père qui aimait bien raconter toutes sortes de trucs qui lui passaient par la tête, dont Frontenac et la bouche de ses canons, Louis Riel et la fameuse émeute qui survint suite à la suspension de Maurice Richard lors d'une finale de la Coupe Stanley.

***

Quoi qu'il en soit, c'était et c'est encore un sportif de haut niveau.

Il filait sur la glace comme le démon blanc.

C'était aussi un bon joueur de baseball.

Pour la natation, je le clenchais cent miles à l'heure.

Pour le football, je ne pourrais pas dire, parce que le club de la polyvalente Sainte-Ursule était tellement pauvre qu'il ne restait plus que trois paires d'épaulettes et deux casques. Ce qui fait qu'il n'y eut plus de football pendant les dix années qui suivirent. Le football, c'était pour les fils de bourgeois. Pour les pauvres, il y avait surtout le hockey-bottine dans la ruelle et la barre à clous pour tout le reste.

***

Maintenant père de trois enfants, mon presque jumeau de frère est devenu un homme. Un homme d'âge mûr: quarante ans, imaginez!

Il fait encore du sport, et pas seulement pour s'amuser. On vieillit, moi comme lui, et il faut que la machine s'active pour brûler les effets pernicieux d'une digestion plus lente et d'un plus large approvisionnement en gâteries de toutes sortes.

Quarante ans et déjà un vieux hostie de ragoût... Comme moé!

Bonne fête mon fwèwe!

mardi 2 juin 2009

Rêve


J'ai fait un rêve étrange. Il y avait un type de soixante-dix-huit livres devant une clôture. Le type semblait avoir trente-deux ans, sept mois et onze jours. Il avait un regard halluciné et le teint blême. Un cure-dent pendait au bout de ses lèvres. Et il maugréait contre Dieu sait quoi et le Diable s'en doute.

Tout à coup, une comète tomba derrière lui.

Il enleva son cure-dent de sa bouche. Puis, à toute vitesse, il se mit à piquer la clôture de bois avec son cure-dent, jusqu'à ce qu'elle s'évapore dans un nuage de bran de scie.

Il remit son cure-dent dans sa bouche, aussitôt que la clôture soit disparue suite à ses efforts, puis il courut à toutes jambes vers un quelconque point de fuite tandis que le feu de la comète embrasait tout le gazon environnant.

C'est là que je me suis réveillé.

J'avais un solide mal de tête.

lundi 1 juin 2009

L'HISTOIRE AUTHENTIQUE D'UN VIEUX MONSIEUR QUI N'ACHETAIT RIEN AU SUPERMARCHÉ

Il était une fois un vieux monsieur qui allait au supermarché tous les jours pour manger sa ration de petits fruits: une fraise, un bleuet, une mûre, une framboise, un raisin vert, un raisin rouge et un raisin globe ruby red. Ça lui faisait un fond d'estomac. Et ça l'aidait un peu à chier, selon ses dires. Évidemment, ça ne lui coûtait rien. Et il se réjouissait de sa combine qui lui donnait une bonne dose de vitamines gratuites.

Voilà, c'était toute l'histoire de ce vieux monsieur. Du moins tout ce que j'en sais.